Au-delà de possibles enjeux de pouvoir, relevés par un courtier ce matin, quels autres motifs peuvent avoir poussé Etam Développement à lancer une offre publique de rachat d’actions portant sur 26,5% de son capital ?
En France, ce type d’opération est assez rare. En 2007, le chercheur Yosra Mellouli, de l’Université de Créteil, a présenté une étude sur le sujet, intitulée « Les Offres publiques de rachats d’actions en France », portant sur la période 1996-2005.
Une OPRA est une opération relativement coûteuse pour une entreprise, car pour réussir elle doit se faire avec une prime de valorisation.
Elle a néanmoins plusieurs types de justifications, selon ce papier de recherche: dépasser les limites des programmes de rachats d’actions (10% du capital), faire ressortir la sous-évaluation d’un titre, préparer un retrait de la cote, se protéger des prises de contrôle hostiles ou « réduire les conflits d’agence au sein de l’organisation ».
L’étude a cherché à estimer l’impact de ces opérations sur le cours de Bourse. Sa conclusion est claire:
« Les résultats des études d’événement montrent que ces annonces sont accueillies par une réaction très favorable des cours. »
L’effet positif sur le cours au moment de l’annonce est en moyenne de 13,38%, selon l’étude, une ampleur comparable à celle observée sur le marché américain. « La réaction positive persiste également après l’annonce: +13,55% durant la période », souligne Yosra Mellouli.
Le montant de la prime offerte dépend de facteurs comme la liquidité, la taille de l’entreprise ou la part du capital racheté.
« L’explication des déterminants de la prime offerte lors de l’offre fait l’objet de la dernière section. Les résultats des régressions linéaires montrent que la faiblesse de la liquidité et de la performance des titres durant la période qui précède l’OPRA semble pousser les entreprises à payer des primes importantes. Il ressort aussi de ces régressions que les entreprises les plus petites, acceptant la sursouscription et visant une fraction de capital importante lors de l’offre sont également incitées à offrir des primes élevées. »
J’ajouterai que la performance du titre post OPRA dépend aussi de l’environnement de marché. Je pense notamment au cas du groupe de restauration collective Sodexo, qui avait annoncé en avril 2008 une offre publique d’achat simplifiée portant sur 7,8% du capital, à 42,5 euros par action. L’opération était alors motivée par la forte génération de cash flow libre et par la volonté d’optimiser la structure financière de la société.
Le jour de l’annonce, le titre s’envola, mais compte tenu de la crise, il évolua par la suite dans une bande comprise entre 32 et 48 euros (graphique).

DISCLAIMER: L’auteur du post détient des titres Etam Développement et Sodexo.