Publications de chiffre d’affaires/résultats – 9 février 2012

Akka TechnologiesChiffre d’affaires 2011

AST Groupe: Chiffre d’affaires 2011

Casino: communiqué sur la stratégie de Mercialys

Dassault SystèmesRésultats 2011

GDF SuezRésultats 2011 (comptes annuels)

Hermès: Chiffre d’affaires 2011

Legrand: Résultats 2011 (comptes annuels)

Maisons France Confort: Chiffre d’affaires 2011

Mercialys: Résultats 2011

PublicisRésultats 2011

Rubis: Chiffre d’affaires 2011

Sabeton: Chiffre d’affaires 2011

Store Electronics Systems: Chiffre d’affaires 2011

Systran: Résultats 2011

Japon: étonnant silence des groupes français

Voilà 3 jours qu’un tremblement de terre et un tsunami ont ravagé les côtes pacifiques du Japon, notamment la préfecture de Miyagi. Les médias japonais, notamment NHK World (version anglaise de la chaîne japonaise), font été de besoins importants en eau, nourriture et couvertures dans une région où il fait particulièrement froid en cette période de l’année. Bizarrement, cela soulève peu de marques de solidatiré des groupes français, à commencer par les marques de luxe (LVMH, PPR, Hermès), qui réalisent une part encore importante de leur chiffre d’affaires (9% pour LVMH; 6% pour PPR). A moins que le Japon ne soit plus la vache à lait qu’il a été pendant de longues années… On attend une réaction, messieurs Arnault, Pinault et consorts… On notera le même silence de la part d’autres groupes ayant une longue présence historique, comme Air Liquide. Les sites Internet de ces entreprises sont désespérément vides de réactions à la situation du Japon. C’est bien triste.

LVMH a gagné 1 milliard grâce à Hermès

Le communiqué de presse des résultats 2010 de LVMH ne comportait pas vraiment de surprise: les résultats sont bons, voire meilleurs que prévu. Le plus intéressant, ce sont les comptes du groupe de luxe, qui dans les annexes, donnent la « version des faits » sur la montée au capital d’Hermès, opération qui a rapporté 1 milliard d’euros au groupe de Bernard Arnault (résultat comptable, précisons). Continuer la lecture de « LVMH a gagné 1 milliard grâce à Hermès »

Profil d’entreprise: Hermès International (RMS)

En bref

Hermès International est un groupe de luxe indépendant. Fondé en 1837, l’entreprise a décliné sa marque autour de 14 familles de produits (sellerie, soie, maroquinerie, agendas, prêt-à-porter, parfums, horlogerie…). Hermès a également fait le choix d’être totalement intégré, de la production à la vente via à un réseau de magasins détenus en propre.

Marché et concurrents

Avec un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros, Hermès pèse peu dans un marché mondial évalué à 153 milliards d’euros (source : Bain & Company). Malgré plusieurs vagues de consolidation, l’industrie du luxe reste atomisée. Dominent quelques grands acteurs multimarques – LVMH, Richemont, Swatch, Gucci Group (filiale de PPR).

Les produits de luxe sont majoritairement distribués par des grossistes (grands magasins, duty free…). La crise a fait la preuve que ce secteur d’activité, dont les produits sont réservés à une clientèle fortunée, n’échappe pas aux récessions.

Alors que l’économie mondiale s’est contractée de 2,2% l’an dernier, les ventes mondiales du secteur ont diminué de 8%, selon le cabinet de conseil Bain & Co. Les ventes d’Hermès ont, elles, fait bien mieux, avec une hausse de 8,5% (4,1% à changes constants). L’année a notamment été sauvée par les fêtes de fin d’année.

Stratégie

Hermès ne définit pas de stratégie à proprement parler (Cf document de référence 2009) . Jean-Louis Dumas, ancien PDG du groupe, définissait le luxe comme « la conscience du rare et l’amour du  beau ». En matière de stratégie, son credo était plutôt la discrétion : « ma politique c’est le silence », affirmait-il (Les Echos, mars 1998).

Son successeur, Patrick Thomas, premier dirigeant non-membre d’une des familles actionnaires du groupe, n’est guère plus prolixe en matière de stratégie (on peut lire son portrait dans Enjeux-Les Echos).

L’axe de développement du groupe est néanmoins de maîtriser de bout en bout la fabrication et la distribution des produits, de préserver un niveau de qualité très élevé et de maîtriser la croissance de l’offre (à un rythme inférieur à la demande). Hermès se développe en préservant la rareté de ses produits.

En retard sur ses concurrents en matière de distribution contrôlée en direct, Hermès a rattrapé ses concurrents au cours des années 2000. Le groupe a intensifié son effort d’investissement dans les périodes de crises. Estimé en moyenne à 7,5% des ventes entre 1994 et 2009, il a fluctué selon les périodes entre 3,4% et 10,3%.

Histoire récente

L’histoire récente d’Hermès n’est pas un long fleuve tranquille. En 2006, Jean-Louis Dumas, gérant de la société, choisit Patrick Thomas comme successeur, après une tentative infructueuse de recruter hors du groupe quelques années plus tôt. La succession s’est passée sur fond de rumeurs de vente de la maison de luxe, démenties à de nombreuses reprises.

Longtemps porté par les soiries, le développement d’Hermès a surtout reposé sur le succès des articles de maroquinerie. Ces derniers ont représenté 49% des ventes en 2009, contre 13% en 1989 (source: Merrill Lynch).

Résultats et objectifs financiers

En 2010, Hermès table sur une progression des ventes d’environ 5% à taux de change constants, après des gains de parts de marché en 2009. Bain & Company prévoit une croissance de 4% du marché mondial cette année.

Sur le plan financier, le groupe n’a cessé d’améliorer son niveau de profitabilité et le cash généré par l’activité tout au long des annéés 1990.

Les années 2000 marquent une évolution plus erratique des marges, voire un certain plafonnement (en dehors des effets de change, le groupe fournit assez peu d’explication dans son document de référence).

Compte tenu du niveau élevé de marge dégagé et de besoins financiers plutôt limités, Hermès autofinance son développement. Le groupe a réalisé peu d’appels au marché et peu d’opérations de croissance externe (John Lobb), principalement sous forme de prises de participation minoritaires (Jean-Paul Gautier). Certaines ont été des échecs (Leica).

Le groupe a un statut de SCA et s’est mis à l’abri de toute prise de contrôle hostile. Il reste une entreprise familiale, qui pourrait très bien vivre en dehors de la Bourse.

Cours de Bourse

Valorisation

© weeko

LVMH n’a plus de potentiel de hausse selon Credit Suisse

Credit Suisse déclasse LVMH de surperformance à neutre, avec un objectif de cours revu de 85 à 89 euros. « Les nouvelles favorables du secteur sont largement intégrées dans le cours et nous voyons peu de potentiel de révision en hausse du consensus », écrit l’analyste.

Pour 2010, le courtier estime que les ventes du groupe de luxe devraient progresser de 6% à périmètre et taux de change constants. Le résultat opérationnel devrait croître de 11%, en ligne avec le consensus.

A 20,5 fois le bénéfice attendu pour 2010, l’action LVMH se traite sur des niveaux supérieurs à sa moyenne historique et à des comparables comme Hermès. Dans le secteur du luxe, Credit Suisse préfère des valeurs comme Swatch ou Richemont. Ces titres devraient bénéficier d’un meilleur mix géographique, d’un effet de levier opérationnel plus significatif (que LVMH), d’une trésorerie importante et d’une valorisation relativement meilleur marché.