29 institutions financières systémiques, dont une seule « émergente »

Dans le cadre du G20 de Cannes, le Financial Stability Board a publié une liste des 29 institutions financières systémiques à l’échelle de la planète – baptisées « Global Systematically Important Financial Institutions » (G-SIFI). Bizarrement, une seule institution « émergente » (Bank of China) en fait partie. Continuer la lecture de « 29 institutions financières systémiques, dont une seule « émergente » »

WikiLeaks, Mervyn King et le sauvetage des banques

Les câbles diplomatiques américains révélés par WikiLeaks apportent un éclairage intéressant sur la gestion de la crise financière, à l’instar de cet échange entre les diplomates américains et Mervyn King, gouverneur de la Banque d’Angleterre. Dans un télégramme du 17 mars 2008, King « a suggéré que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse et peut-être le Japon forment un groupe temporaire pour rassembler des fonds et participer à la recapitalisation de toutes les grandes banques. » Continuer la lecture de « WikiLeaks, Mervyn King et le sauvetage des banques »

Interviews de David Einhorn

Le blog Deal Journal, du Wall Street Journal, a publié un entretien avec David Einhorn, fondateur et président de Greenlight Capital, avec ce titre: « Is David Einhorn the Conscience of Wall Street ?« . L’entretien porte sur la réédition de son livre, Fooling Some of the People All the Time, qui raconte les manquements des autorités de régulation et des principales institutions financières en matière de protection de l’épargne publique. Continuer la lecture de « Interviews de David Einhorn »

Aides de la Fed: la version de Goldman, et la réalité

C’était quelques mois avant l’affaire Abacus. Un article de Vanity Fair raconte longuement comment Goldman Sachs a traversé la crise financière de 2008. La journaliste, Bethany McLean, demande aux dirigeants de la banque, Lloyd Blankfein (PDG), Gary Cohn (DG adjoint) et David Viniar (directeur financier) si face à la tempête financière qui a suivi la faillite de Lehman Brothers, Goldman Sachs aurait pu survivre. « Goldman aurait survécu sans toutes les forme d’intervention du gouvernement ». Et Cohn ajoute: « Je pense que nous n’aurions pas failli. Nous avions du cash ». Continuer la lecture de « Aides de la Fed: la version de Goldman, et la réalité »

Remember Lehman ?

Pendant que tout le monde se demande si l’économie américaine connaîtra une reprise molle, plus vigoureuse, ou rechutera, la commission d’enquête sur la crise financière poursuit ses investigations. Mercredi, elle auditionnait Richard Fuld, ancien PDG de Lehman Brothers, ainsi que d’autres responsables de la banque et d’autres établissements (JPMorgan entre autres). Les comptes-rendus et vidéso des auditions sont disponible en ligne.

La ligne de défense de Fuld n’a guère changé (« live » de son audition en ligne ici). La faillite de Lehman relève du choix du gouvernement de ne pas l’aider, alors qu’il avait secouru les autres institutions de Wall Street. La décision du gouvernement a été prise sur la base d’informations incomplètes et erronées, alimentées par une vague de spéculation ayant contribué à précipiter la faillite de la banque. D’après Fuld, Lehman était suffisamment capitalisée pour résister à la crise financière et aurait pû survivre.

Le problème, c’est que la chute de Lehman a été provoquée parce que la banque n’avait plus accès à la moindre liquidité sur les marchés (crise de confiance), et non parce qu’elle n’était pas suffisamment capitalisée. Certaines de ses contreparties (notamment JPMorgan) lui demandait encore des collatéraux très significatifs l’avant-veille de sa mise en faillite, comme l’a raconté un ancien salarié de la banque. Fuld évoque à l’oral (non par écrit) certaines erreurs stratégiques commises par lui-même (comme les acquisitions dispendieuses dans l’immobilier au pic du marché). Il ne parle pas non plus (on le comprend) du fait qu’il était totalement déconnecté du reste du personnel de la banque, en dehors de quelques dirigeants. Car en interne, certains s’inquiétait dès 2005 des orientations et des risques pris par l’établissement.

Fuld (en photo ici devant la commission d’enquête) se pose donc en victime de la crise plus qu’en acteur. Une posture difficile à défendre avec le recul. Deux ans après la faillite de « sa » banque, le licenciement de milliers d’employés et la plus grave crise financière depuis les années 1930, l’ancien PDG de Lehman semble pourtant n’avoir guère eu le temps de prendre du recul…

La commission d’enquête, composée de 6 Démocrates et de 4 Républicains, doit rendre son rapport d’ici la fin de l’année. Mais selon le Wall Street Journal, l’analyse et l’interprétation de la crise font l’objet d’âpres débats en interne.

1,8 milliard pour bons et loyaux services

La rémunération des dirigeants reste un sujet sensible, sur lequel les entreprises font preuve de réelle transparence depuis peu. Au moment où l’on souligne l’importance de lier la rémunération des dirigeants à la performance sur le long terme d’une entreprise et sur la nécessite d’aligner les intérêts des dirigeants et des actionnaires, le Wall Street Journal a analysé les 25 plus fortes rémunérations au cours des dix dernières années aux Etats-Unis.

Le « vainqueur » de ce palmarès est Larry Ellison, fondateur et PDG de l’éditeur de logiciels Oracle, qui a perçu en 10 ans (1999-2009) 1,84 milliard de dollars. Il précède Barry Diller, patron d’IAC/Interactive et de la société Expedia.com, Ray Irani (Occidental Petroleum), Steve Jobs (Apple), Richard Fairbank (Capital One Financial).

Sur les 25 dirigeants, 4 viennent de l’industrie financière, dont 2 sont d’anciens patrons déchus de Wall Street: Richard Fuld (Lehman Brothers) et Sandy Weill (Citigroup). La liste inclut, outre M. Fairbank, Angelo Mozillo, ancien dirigeant de Countrywide Financial, un intermédiaire dans la réalisation de prêts hypothécaire qui a fait faillite avec l’effondrement du marché immobilier.

L’une des conclusions de l’étude est que seulement quelques-uns des dirigeants les mieux payés ont également enrichi leurs actionnaires. Dans d’autres cas, les actionnaires ont souvent perdu beaucoup. Le quotidien fait référence à Dell, Cendant, Capital One, IAC/Interactive ou Countrywide.

Le quotidien observe par ailleurs que les dirigeants les plus riches ne sont pas les mieux payés. C’est le cas de Warren Buffett (Berkshire Hathaway) et Bill Gates (Microsoft).

La réforme de la régulation financière votée sous la présidence de Barack Obama impose une revue périodique par les actionnaires d’une entreprise de la rémunération des dirigeants. Elle impose en outre aux entreprises de divulguer la disparité des rémunérations entre le PDG et les autres salariés de l’entreprise.

En France, le cabinet Proxinvest analyse chaque année la rémunération des dirigeants des entreprises du SBF120, qui atteignent souvent des niveaux astronomiques. Il notait récemment que plusieurs entreprises, parmi lesquelles Total, Sanofi-Aventis, Capgemini, refusent toujours de faire voter la rémunération du président non-exécutif par les actionnaires réunis en assemblée générale. Un sujet d’autant plus préoccupants que les présidents de conseil d’administration français sont généralement bien mieux lotis que leurs confrères en Europe.

Dans son dernier rapport, Proxinvest soulignait avec justesse qu’en « pleine année de crise, la question des rémunérations abusives creuse encore l’écart entre l’entreprise et l’opinion. Les recommandations de modération et d’auto-régulation du patronat n’ont pas mis fin aux affaires… ». Le cabinet faisait référence aux conditions de rémunérations de certains dirigeants de banques (Daniel Bouton à la Société Générale), du patron d’EDF (Henri Proglio qui cumule les postes de président du conseil chez EDF et Veolia) ou du scandale créé par l’indemnité de départ de l’ancien patron de Valeo, Thierry Morin.

En 2008, la rémunération moyenne des patrons du CAC 40 était de 3,6 millions d’euros, en baisse de 20%. L’indice CAC 40 a chuté cette année-là de 42%.