« Champions du monde »: un thème toujours attrayant – Citi

Le thème des « champions du monde » développé par Citi (et quelques autres brokers, mais sous des noms différents et via des méthodologies plus ou moins complexes) reste d’actualité: le rythme de croissance de l’économie mondiale demeure faible (2,5% en 2012 et 2013 selon les économistes de JPMorgan), la divergence entre pays émergents et pays développés est marquée, tout comme la situation bilantielle des agents économiques. Autant d’éléments qui rendent toujours attrayant la recherche d’entreprises de qualité capables d’afficher une croissance bénéficiaire durablement supérieure à celle de l’économie. Continuer la lecture de « « Champions du monde »: un thème toujours attrayant – Citi »

Citi voit le DJ Stoxx 600 à 285 pts fin 2012 (+18%)

Enfin un courtier qui voit les marchés actions en hausse l’an prochain: Citi voit le DJ Stoxx à 285 points en décembre 2012 (contre 240.73 points vendredi en clôture). Mais cette hausse des actions européennes se ferait surtout par une expansion des multiples de valorisation, laquelle contrebalancerait une contraction de 10-15% des profits l’an prochain. Un pari pour le moins hardi alors que bon nombre d’inconnues (crise de la dette, récession en Europe) laissent plutôt présager d’une année boursière 2012 au moins aussi volatile qu’en 2011, et toujours dominée par la macro-économie. Continuer la lecture de « Citi voit le DJ Stoxx 600 à 285 pts fin 2012 (+18%) »

Premiumisation sans fin pour Pernod

Le marché redevient très généreux avec Pernod Ricard. Au cours actuel de 61,25 euros, le marché anticipe que Pernod Ricard va continuer d’améliorer continuellement sa rentabilité, et qu’a priori, le groupe sera immunisé du cycle économique.

Pernod affiche actuellement une capitalisation boursière de 16,2 milliards d’euros. Si l’on y ajoute la dette nette au 30 juin (10,6 milliards), la valeur d’entreprise du groupe de vins et spiritueux atteint 26,8 milliards d’euros. Une telle valorisation signifie que le marché anticipe une amélioration de 200 points de base du niveau de rentabilité du groupe au cours des prochaines années. C’est ce que l’on retrouve dans les prévisions des analystes: le consensus table sur une marge opérationnelle courante de 27,2% en 2012-13, contre 25,4% au cours de l’exercice clos le 30 juin dernier – un niveau jamais réalisé par le groupe dans le passé.

Dit autrement, Pernod Ricard devra dégager un flux de trésorerie disponible (free cash flow) moyen de près de 1,62 milliard d’euros au cours des prochaines années pour justifier son cours actuel (sur la base d’un coût du capital de 8% et d’un taux de croissance de 2%). L’an dernier, il a dégagé un free cash flow de 1,11 milliard d’euros.

Certes, le groupe dirigé par Pierre Pringuet poursuit sa politique de « premiumisation » ou de montée en gamme. Le groupe dispose déjà de 14 marques phares (Chivas Regal, Absolut, Beefeater, Havana Club, Ballantine’s…), qui tirent les volumes et assurent une meilleure couverture des frais fixes (son réseau de distribution principalement). Mais malgré leur statut, ces marques enregistrent  des résultats commerciaux modestes (croissance organique de 4% l’an dernier), qui reflètent un environnement économique incertain. Ce n’est pas le seul défi du groupe.

La dernière récession de l’économie mondiale a montré que Pernod-Ricard n’est pas plus « défensif » qu’un fabricant de matériel électrique, contrairement à ce qui s’était passé au début des années 2000. Comme de nombreuses entreprises, le groupe a même été contraint de faire appel au marché à travers une augmentation de capital, de refinancer sa dette et de couper son dividende et ses investissements pour traverser la crise.

Dans ce contexte de crise, Pernod a été obligé de relever encore son effort d’investissement publi-promotionnel pour soutenir les ventes. Ces dépenses vont d’ailleurs se maintenir à un niveau élevé ont averti les dirigeants du groupe. Mais de tels investissements pèsent inévitablement sur la rentabilité de l’entreprise, allant à l’encontre (au moins à court terme) des attentes des investisseurs.

Le retour à un rythme de croissance interne plus élevé semble donc l’élément décisif pour permettre au groupe d’améliorer durablement sa rentabilité et justifier un cours de Bourse relativement élevé. Mais cette reprise des volumes dépend pour bonne partie de la reprise de la consommation dans les bars, les restaurants et à domicile. L’absence de prévision en la matière dans le communiqué de presse du groupe (présentée comme une « tradition », mais à contre courant dans des marchés volatils où les investisseurs ont besoin de plus de repères que d’habitude) constitue de ce point de vue une déception.

La grande consommation innove en période de crise

Aux Pays-Bas, une nouvelle boisson, « Jillz », faite de cidre, d’orge et d’eau fruitée, a été lancée l’an dernier, avec pour cible première les femmes de 18 à 35 ans. Avec ce nouveau produit, Heineken espère convaincre les femmes qui goutteraient peu à ses bières. De son côté, Henkel a mis sur le marché une ligne de produits coiffants enrichis de phéromones, destinés à… attirer le regard des femmes. L’efficacité n’a pas été démontrée, mais ces nouveautés montrent qu’en période de crise, les groupes de grande consommation maintienne leur effort d’innovation pour ne pas perdre leurs clients et se faire distancer par les concurrents.

L’année 2009 a vu les ventes des 50 plus grands groupes mondiaux du secteur progresser de 0,6%, après un bond de 13,3% en 2008. Preuve de leur résistance ? Pas tout à fait. Leur marge opérationnelle médiane a stagné à 14,6% du chiffre d’affaire, selon la 9ème édition du baromètre annuel du secteur réalisé par le cabinet de conseil OC&C Strategy Consultants, alors que l’année 2009 a été marquée par une baisse du prix des matières premières. Baisse qui a été en grande partie « rendue » aux consommateurs et aux distributeurs. Compte tenu d’un environnement économique incertain, l’année 2010 sera peut-être meilleure en termes de ventes, mais plus difficile sur le plan des profits. « Le mouvement de glissement vers les marques de distributeur (MDD) et les premiers prix dans les grandes marques est un mouvement de fond », estime Jean-Daniel Pick, associé chez OC&C.

A court terme, les groupes ont tous engagé des restructurations lourdes. Elles ont atteint 4,1% des ventes, soit plus que leurs investissements dans la création de nouvelles capacités de production ou dans la modernisation des unités existantes. A plus long terme, l’innovation reste le maître mot pour rester compétitif. Innover, cela veut dire coller au plus près aux attentes des clients, avec une offre plus large (premiers prix, produits premium) et une segmentation plus fine: par sexes, par thèmes (bien-être ou naturel, côté fonctionnel ou pratique des produits).

La crise n’a pas « paupérisé » la consommation. Mais elle a rendu les consommateurs plus malins, capables d’arbitrages entre les produits et les marques. Une tendance qu’il est désormais important pour elles de savoir capter en étant plus réactives. Une enquête présentée par OC&C, réalisée par Datamonitor, montre qu’à la question: « Je renonce à certaines de mes marques préférées pour économiser », 45% des personnes interrogées dans le monde répondent par l’affirmative (peu ou totalement d’accord), avec des taux de réponse élevés dans les pays d’Europe occidentale, aux Etats-Unis, mais également dans certains pays émergents comme l’Inde (43%), ou la Chine (38%).

Cet environnement est donc favorable aux marques de distributeurs. Face à ce mouvement de fond, « les marques n’ont d’autre alternative que d’investir pour se différencier », explique Jean-Daniel Pick. Leurs efforts de R&D sont maintenus, tout comme les dépenses publi-promotionnelles. Les restructurations viennent en complément pour être en mesure d’absorber l’évolution du prix des matières premières (en baisse l’an dernier, mais cela ne devrait pas durer).

Pourrait-il y avoir des rapprochements entre grands groupes de consommation et MDD ? Un sujet « tabou » dans l’industrie, souligne le consultant, qui note toutefois l’existence de quelques groupes qui n’hésitent pas à attaquer leur marché en étant présent sur tous les créneaux, comme dans les produits laitiers par exemple.

Hiérarchie

L’étude d’OC&C montre également que la hiérarchie mondiale des groupes de consommation a été peu bousculée par la crise. Le leader mondial reste Nestlé, suivi de Procter & Gamble, Unilever, PepsiCo, Kraft Foods et AB Inbev. Le premier groupe français est L’Oréal (11è), devant Danone (13è), Pernod Ricard (36è), LVMH (43è).

En matière de croissance, Danone a perdu l’an dernier son titre de champion mondial avec une progression moyenne des ventes de 7,6% entre 2004 et 2009, au profit de Reckitt Benckiser (8,5%).

Dans le domaine des fusions-acquisitions, seules 5 opérations ont dépassé le milliard de dollars en termes de valeur d’entreprise. La plus grosse opération a été le rachat de Cadbury par Kraft (VE de 21,4 milliards de dollars), suivi de l’opération de reprise de PepsiCo sur ses embouteilleurs nord-américains (VE de 10,3 milliards de dollars).

Les bonnes idées de HSBC

Cela ressemble au nom d’une équipe sportive. HSBC l’appelle sa liste « Europe Super Ten », mais il s’agit seulement d’idées d’investissement qui font l’unanimité entre stratégistes et analystes de la banque.

Dans son étude publiée aujourd’hui, HSBC commence par planter un décor plutôt rassurant.

« Ce ‘bull market’ déjà âgé d’un an ressemble de plus en plus à une reprise cyclique classique. La croissance économique et les résultats continuent de surprendre positivement, les taux d’intérêt commencent à remonter, et les investisseurs sont un peu plus enclins à prendre du risque. »

HSBC table sur un gain de 10% sur les marchés d’actions européens. La banque a retenu des titres ayant à la fois une exposition aux Etats-Unis et aux marchés émergents (logique: ce sont les deux régions qui connaîtrons une croissance plus rapide qu’en Europe).

Les autres thèmes joués par HSBC incluent: des surprises sur la croissance du chiffre d’affaires, un fort levier opérationnel, les sociétés sorties renforcées de la récession et les titres délaissés et sous-évalués.

Malgré la crise de dette souveraine dans la zone euro, la banque conseille 3 financières (Barclays, Crédit Agricole et Legal & General), ainsi que des titres cycliques (Aker Solutions, Deutsche Post, Ericsson, Holcim, WPP). Parmi les titres au profil plutôt défensifs, on retrouve Kingfisher et Pernod Ricard.

Sur le segment des valeurs petites et moyennes, HSBC publie également aujourd’hui sa liste de valeurs recommandées en Europe pour la période du 2è au 3è trimestre 2010.

CAC40: le cash avant tout

Comme on pouvait s’y attendre, les entreprises du CAC 40 ont été lourdement affectées par la crise internationale déclenchée outre Atlantique. Mais si elles affichent des bénéfices nets en baisse (-27% selon Les Echos, -20% selon mes calculs qui excluent les 2 entreprises à exercice décalé que sont Alstom et Pernod Ricard), leur priorité de 2009 a été la préservation du cash et du bilan. Continuer la lecture de « CAC40: le cash avant tout »