Facebide

Le fiasco n’a pu être évité. Les débuts de l’introduction en Bourse de Facebook sont en train de virer en débâcle boursière. La vedette des réseaux sociaux est victime de l’avidité, de la cupidité et de l’incapacité des médias et des investisseurs à garder la tête froide. Elle est aussi victime d’une stratégie d’entreprise qui a du mal à convaincre et mettra sans doute du temps à faire ses preuves. Continue reading

L’Europe vue des Etats-Unis 1/2

Credit Suisse a publié le compte-rendu d’une manifestation organisée à New-York avec des investisseurs américains. Résultats des débats: le politique restera le principal moteur d’évolution des marchés dans les mois à venir. 29% des intervenants pensent que la Grèce va sortir de la zone euro et 42% (de ces 29%) pensent que cela entraînera un éclatement de la zone euro… Malgré cela, 88% des personnes ayant accepté d’être sondées durant cette conférence considèrent que les actions constituent le meilleur placement à un horizon de 10 ans. Vu le niveau encore élevé des primes de risque, on peut les comprendre. Continue reading

Un économiste français prend la défense d’Angela Merkel

Bruno Cavalier, économiste chez Oddo Securities, a publié ce matin une note « en défense de Mme Merkel » visant à « remettre les pendules à l’heure ». A l’attention de ceux qui auraient tendance à blâmer l’Allemagne pour la situation actuelle de la zone euro… A lire. Continue reading

Déjà vu – la suite

Source: Société Générale

Autre graphique intéressant de la note de stratégie « Equity Prism » de SG publiée aujourd’hui: la comparaison entre l’historique de performance annuelle du Nikkei (depuis 1992) et celle du Stoxx (actions européennes) depuis 2008, faisant apparaître une série de « mini-cycles » volatils.

Je renvoie toutefois à cette étude des gérants de Grey Owl Capital Management, publiée il y a un peu moins de deux ans. Elle montrait comment au Japon il était possible de gagner de l’argent dans des marchés volatils: « Entre mars 1990 et mars 2007, acheter le 1er quintile d’actions les moins chères rapportait ainsi 6% par an en moyenne ».

Pour réussir dans des marchés volatils, le principal facteur, répété à maintes reprises par les gérants value, c’est le prix payé pour un actif.

Exane relève son scénario de croissance pour 2012-2013

Après les stratégistes, les économistes d’Exane BNP Paribas ont relevé très légèrement leurs prévisions de croissance pour l’économie mondiale et anticipent +3,4% en 2012 et +3,6% en 2013. Les raisons: une activité qui fait preuve de résistance malgré tout aux Etats-Unis et dans les émergents et les tentatives de l’Europe de contrecarrer la crise de la dette. Continue reading

Quand Nassim Taleb évoque JPMorgan, cela donne ceci

Plutôt que de se contenter de financer l’économie, les banquiers jouent avec l’argent de leurs clients et font n’importe quoi, car ils n’ont pas les bons outils de mesures des risques… Et lorsque ces mêmes banquiers savent que quoi qu’il arrive, ils seront sauvés par l’argent public (aléa moral), on arrive à des accidents industriels de la taille de celui qu’a reconnu JPMorgan. On peut lire dans le détail ce qui s’est passé dans ce papier du WSJ. Nassim Taleb, spécialiste de la gestion des risques et auteur d’ouvrages de référence sur le sujet, revient sur le cas JPMorgan.

Facebook: le point de vue d’un investisseur value

Sans surprise, un investisseur value aura du mal à justifier la valorisation de Facebook pour son introduction en Bourse. Voici les arguments de Vitaliy Katsenelson, auteur de l’excellent ouvrage Active Value Investing (Wiley, 2007). Continue reading

Facebook: les bonnes questions à se poser… et quelques éléments de réponse

Demain, c’est le jour de l’introduction en Bourse de Facebook. Avec elle, une tornade médiatique est en train de monter en puissance. Quelques brokers l’accompagnent, comme ETX Capital, en annonçant qu’il sera possible de traiter les actions Facebook avant la mise en Bourse officielle (savoir comment cela est possible reste un mystère). Mais plutôt que de participer à l’excitation générale, Barry Ritholtz (Big Picture) a répondu à quelques questions du Washington Post sur cette IPO (la plus grosse levée de fonds d’une société Internet). Une session de Questions-Réponses qui permet de prendre un peu de recul. En voici une version en français… Continue reading

David Einhorn (Greenlight Capital) « shorte » la France

Lors de la conférence Ira Sohn qui s’est déroulée hier à New York, David Einhorn a indiqué qu’il shortait la France, selon le site Marketfolly. Les raisons? L’exposition à l’Italie et à l’Espagne. Et la possibilité que la France fasse défaut sur sa dette et qu’elle retourne au franc…  Continue reading

Vallourec: le marché attend de la clarté

Le fabricant de tubes sans soudure Vallourec a vu son cours de Bourse plonger après un nouvel avertissement sur résultat. A 34-35 euros, l’action mérite toutefois que l’on s’y arrête, et pourrait présenter une opportunité d’investissement si les dirigeants prennent conscience que leur communication est défaillante. Continue reading

Crise, panique et opportunités d’investissement

A n’en pas douter, les craintes de contagion liées à la crise de la Grèce peuvent continuer à peser fortement sur les marchés actions. Mais comme le disent les investisseurs intelligents (Graham, Buffett & co), c’est lorsque tout le monde panique que les bonnes opportunités d’investissement apparaissent. Continue reading

La crise financière et le mandat des banques centrales

Le mandat de la BCE doit-il évoluer au regard de la crise financière ? La mission des banques centrales ne doit-elle pas être avant tout la stabilité financière au sens large plutôt que le suivi d’un indicateur (l’inflation) ? Les lourdes pertes subies par les activités de trading de la banque américaine JPMorgan ont relancé un vif débat outre-Atlantique sur le danger des banques « trop grandes pour faire faillite » (« too big to fail ») et le risque systémique. En France, les pertes du Crédit Agricole liées à son exposition à la Grèce sont une illustration des effets de contagion sur le système bancaire d’un pays par le biais des marchés de capitaux.

Pour prendre un peu de recul sur ces débats, je conseille la lecture de cet ouvrage assez court mais très complet de Xavier Ragot, publié par le CEPREMAP, intitulé: « Les banques centrales dans la tempête – Pour un nouveau mandat de stabilité financière« .

Organisé en quatre chapitres, ce document pose la question de la nécessaire évolution du mandat et du rôle des banques centrales après la crise financière. Pour Xavier Ragot, les banques centrales ont un rôle central dans le maintien de la stabilité financière (notion qui déborde largement celle de stabilité des prix).

Mais pour tenir ce rôle, leur mandat et les outils qu’elles mettent en oeuvre doivent évoluer. Parmi ces outils, le renforcement de leur capacité à appréhender le fonctionnement complexe des marchés financiers est mis en avant.

L’ouvrage prévoit une vague de re-réglementation financière dans les années à venir (déjà démarrée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ainsi qu’en Europe avec la réglementation Bâle III). Xavier Ragot propose plusieurs pistes de réflexion sur l’évolution du mandat de la BCE (en matière d’analyse financière des marchés, de communication, de coordination institutionnelle…).

Bref, son ouvrage est un document très utile à la fois pour prendre du recul sur les évènements contemporains et pour comprendre quelle est la nature des débats qui va opposer les régulateurs à l’industrie financière. L’affaire JPMorgan ne fait qu’illustrer une fois de plus le fait que les banques ont conservé une grande liberté de manoeuvre et que celle-ci, si elle n’est pas correctement régulée, peut à nouveau déstabiliser les marchés financiers avec des conséquences désastreuses pour l’économie réelle.

François Hollande élu… Premiers commentaires de brokers

On commence par cette note d’Exane BNP Paribas: Continue reading

Dette publique: un problème? Non, la solution!

Un point de vue toujours intéressant des économistes d’Exane sur l’éternel débat autour de la dette publique, dont on a finalement trop peu entendu parler pendant la campagne électorale. Soyons certains qu’après le 7 mai, ce sera de nouveau un sujet de discussion pour tout le monde… Continue reading

Quand les analystes se regardent (un peu) le nombril

Les analystes des départements sell-side des grandes banques n’ont généralement pas beaucoup le temps de réfléchir à l’intérêt ou à l’utilité de leur métier. Pour les banques, l’utilité de départements de recherche (analystes+vendeurs) est avant tout de générer des commissions de courtage, donc indirectement d’amplifier les mouvements de hausses ou de baisses de marché participant ainsi aux comportements moutonniers largement observés par le passé (et rarement en avertissant correctement des retournements de tendances). Continue reading

« Au contraire, value works! »

Malgré des performances décevantes en 2011 et début 2012, la gestion value reste l’une des meilleures stratégies d’investissement sur longue période, selon les stratégistes de Barclays. Une (re)découverte qui permet de remettre à l’honneur les travaux de Graham & Dodd, et des autres chercheurs qui leur ont succédé.  Continue reading

Actions US: les valeurs « domestiques » font mieux

« Buy American ». Les actions d’entreprises américaines fortement exposées à leur marché domestique présentent un meilleur profil de croissance de leurs ventes et de leurs résultats en 2012, selon une étude publiée par Goldman Sachs. L’analyse porte sur les entreprises composant l’indice S&P 500, soit un chiffre d’affaires cumulé de 9.954 milliards de dollars l’an dernier (nota: le chiffre d’affaires n’est PAS le PIB). Elle montre un renversement de tendance lié au différentiel de performance entre l’économie américaine et le reste du monde, notamment la zone euro, qui reste le premier partenaire commercial des entreprises analysées. Continue reading

Des portefeuilles plus défensifs… mais l’optimisme est toujours là

La semaine écoulée a permis aux marchés de reprendre une orientation un peu plus positive après une vague de flottement. Pour les experts de JPMorgan, le message est clair: les gérants de portefeuilles ont préféré couvrir leurs positions offensives, conservant une vue toujours favorable sur les classes d’actifs dites risquées (actions, crédit).

Les sujets d’inquiétude sont toujours les mêmes: incertitudes sur la croissance américaine, la résurgence des débats fiscaux avant la fin 2012, les tensions au Moyen-Orient, le manque de visibilité sur l’économie chinoise, et bien sûr, l’Europe. Continue reading

Quelques questions de fond

Les stratégistes de JPMorgan ont profité d’une semaine sans événements notables pour passer en revue une série de questions de fond sur différentes classes d’actifs. Intéressant…

« Why has neither Greece nor Germany left EMU, yet? Or even, why did they ever get in? The crisis has revealed the cost of giving up one’s currency. Resolution requires massive deflation in the periphery and massive funding from the core. The reason countries joined into EMU and have not (yet) left is that monetary union was planned as the first step towards a political union –– a US of E. The cost of abandoning EMU is not merely related to capital flight and creation of a new currency, but is paramount to ditching European integration, and moving back to the bad old days of a divided and quarrelsome Europe. EMU members will likely do everything they can to keep the union together, even as they will need more crises to push them that way.

Why has the euro not collapsed, yet, given a recession and EMU break-up risk? The EMU periphery cannot devalue against the core, but would greatly benefit from a drop in the euro. The answer is likely that currencies are relative prices, and the fiscal situation in the US, UK, and Japan is as bad as in the Euro area, even as the latter has problems with internal funding. Each of these four currencies has fallen dramatically against the smaller G10 countries that are in better shape (CAD, CHF, AUD, NOK). The Euro area also has no external deficit, and funding problems may have led to capital repatriation, supporting the euro.

Why are US HG credit spreads still near recession levels? US HG remains about 200bp above USTs, a spread level that before Lehman was only seen risk elevated.

Who do some many investors pile into safe assets that offer no real return after taxes and inflation? The average yield on all global bonds now stands at 2.4%. Managers tell us that the end investors care most about capital preservation. If so, they are forgetting about taxes and inflation –– global headline CPI was +3.8% oya in 2011. Two explanations come to mind. Institutional investors are steered away from equities, as regulators are forcing them to judge the risk on equities, which are long-term investments, on the basis of short-term volatility (1-year), despite equities being long term assets. G4 insurers and pension funds have been buying $6 of bonds for every $1 of equity over the past 6 years. The puzzle is greater for unregulated end investors, in particular retail. YTD, funds and ETFs have seen the same 6-for-1 bonds to equity inflows. Widespread fear and persistent uncertainty are likely behind this puzzle.

Why no deflation, given global slack, nor rise in inflation expectations given debt demonetization? Simple output gap models would indeed have suggested a dramatic drop in global inflation, if not outright deflation. We did not get this, showing there is clear downward rigidity to nominal wages, and also less useable slack than we thought. These give this puzzle a name but are not an explanation. A better explanation could be ultra easy monetary policy that killed deflation fears. But why have these not turned into inflation fears? Part of the explanation is that central bankers have done a tremendously good job in convincing us they are only combating deflation and will react decisively when inflation emerges. And the world wants them to be right.

Why are commodities up 65% since the recession, while the world economy is growing below capacity? The answer is likely an application of the hog cycle. During the recession, commodity prices cratered and project financing evaporated. Commodity producers cancelled investment projects, greatly restraining future supply growth. Demand growth since the recession has outstripped weak supply growth, pushing up commodity prices. But with much higher commodity prices and easier funding, producers are investing and capacity is increasing. The hog cycle is not dead.

Why do Japanese investors keep buying their own public sector debt, which is racing to 250% of GDP by 2015, twice the level that got Greece in trouble? Part of the explanation is what we call financial repression, where the government puts pressure on domestic institutional investors, frequently through regulations. But much of the explanation is likely deflation, which creates acceptable real return to bonds, that are not taxed. The eventual JGB crisis must await 2015 or later, when demographics drive the country into an external balance that requires foreign borrowing, something that will not be possible at current yields. »

A suivre sur twitter: #RadioLondres

Un vent de fraîcheur sur les réseaux sociaux. Ca fait du bien après une campagne électorale qui a gentillement esquissé les vrais enjeux et n’a permis de tracer aucune perspective pour le pays pour les 10-20 prochaines années (l’imagination a déserté le pouvoir).

J’en profite pour recommander chaudement la lecture du Télérama de cette semaine (n°3249). Le premier, signé Fanny Capel, relate les profondes inquiétudes du corps enseignant sur l’avenir de l’éducation dans le pays (« on ne dégraisse plus le mammouth, on attaque l’os », commente une des personnes interviewées). Effarant.

Le second, dans la rubrique « idées » et signé Olivier Pascal-Moussellard, suggère un « nouveau contrat social ». Il trace un intéressant historique parallèle avec le XVIIIè siècle et montre toute l’actualité de la pensée de Jean-Jacques Rousseau. Avec cette remarque intéressante de Pierre Crétois, enseignant de philosophie, citant Rousseau: « Plus on est riche, plus on est redevable à la société, parce que c’est elle qui garantit la protection de vos biens ». Au moment où l’on sent un réel affaiblissement de la cohésion sociale, voilà un papier qui fait du bien. En espérant qu’il sera lu par tous les candidats à la présidentielle. En espérant surtout qu’il sera compris (on peut se le demander après une campagne lamentable qui a gentillement évité tous les sujets qui fâchent)…

Excellente analyse de Berkshire Hathaway

Whitney Tilson, dirigeant de la société de gestion T2 Partners LLC, a récemment une présentation assez générale lors du Stern Hedge Fund Association Summit. Le très bon blog Market Folly nous livre sa présentation, dont la partie la plus intéressante de mon point de vue est leur analyse de Berkshire Hathaway, la société de Warren Buffett. Continue reading

Warren Buffett version quant

Les stratégistes de Credit Suisse ont publié une série de paniers de titres répondant à différents critères d’investissement. Et l’un de ces paniers s’inspire de leur analyse des techniques d’investissement de Warren Buffett… Appliqué en Europe, leur méthode rapporterait un surcroît de rendement de 6,6%, mais leur approche ne fonctionne pas tout le temps… Continue reading