Quality Street

Au regard d’un environnement économique plus qu’incertain, la qualité est un point de repère toujours utile pour les investisseurs en actions, selon les stratégistes de Citi. « Europe SA n’est pas le PIB européen », affirment-ils dans une étude datée du 9 août. Continuer la lecture de « Quality Street »

Air Liquide déclassé à « neutre » par Merrill Lynch

Bank of America Merrill Lynch a abaissé son avis sur Air Liquide de « achat » à « neutre », avec un objectif de cours de 107 euros (obtenu par DCF avec un WACC/CMPC de 7,8%). Motif: surperformance de 12% par rapport au Stoxx 600 depuis 12 mois, et un titre qui se rapproche de l’objectif de valorisation (P/E de 18.5x).

Ce que price le marché… Mise à jour

On a déjà fait à plusieurs reprises un point sur ce qu’escompte le marché quant à l’évolution future des profits des sociétés cotées en Europe. Dans sa note de stratégie pour les actions européennes en 2012, Bank of America Merrill Lynch évoque non seulement les anticipations actuelles, mais les compare aux 5 dernières récessions. Instructif, mais pas forcément une source d’optimisme… Continuer la lecture de « Ce que price le marché… Mise à jour »

Actions: SG prévoit le pire avant le meilleur

Les marchés actions devront sans doute vivre une nouvelle phase de stress importante avant que la BCE ne décide d’utiliser plus massivement des outils d’intervention non conventionnels (comprenez un « QE » massif) et que cela ne calme les investisseurs. Dans ce contexte, les stratégistes actions de la Société Générale anticipent pour 2012 une contraction de 10% des profits en Europe (contre +8,3% pour le consensus) et de 5% aux Etats-Unis (consensus +11,3%), ce qui se traduirait par une baisse de 7% pour l’indice Stoxx 600 (objectif 210 points), de 3% pour le CAC 40 (objectif 2.800 points) et de 2% pour le DAX (objectif 5.500 points).  Continuer la lecture de « Actions: SG prévoit le pire avant le meilleur »

Solvay: OPA amicale de 31,60 euros/action Rhodia

Solvay a annoncé ce matin un projet de rachat à 31,60 euros par action (hors dividende de 0,5 euro/action) sur le français Rhodia, valorisé 3,4 milliards d’euros. En attendant de creuser cette annonce, voici quelques premiers indicateurs de valorisation de Rhodia sur la base du prix offert. La prime offerte est élevée, mais on peut se demander si elle valorise pleinement le potentiel de Rhodia. Nous reviendrons sur ce point prochainement. Continuer la lecture de « Solvay: OPA amicale de 31,60 euros/action Rhodia »

Japon: une analyse un peu fouillée par secteurs d’activité – Nomura

Nomura a publié hier une étude assez fouillée par secteurs d’activité, que nous reproduisons ci-après. L’idée d’ensemble est au niveau macro-économique de rappeler que la zone touchée par le tremblement de terre de vendredi représente environ 6,8% de la production industrielle nippone. Les industries concernées sont surtout liées aux technologies de l’information. En termes de tendances de production, le référentiel reste Kobe (même si la situation n’est pas totalement comparable), où le séisme avait entraîné une chute de 2,6% en rythme annualisé de la production industrielle en janvier 1995, suivie par un rebond en février et mars. Il faut toutefois rester prudent sur les analogies avec le passé…

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Japon: étonnant silence des groupes français

Voilà 3 jours qu’un tremblement de terre et un tsunami ont ravagé les côtes pacifiques du Japon, notamment la préfecture de Miyagi. Les médias japonais, notamment NHK World (version anglaise de la chaîne japonaise), font été de besoins importants en eau, nourriture et couvertures dans une région où il fait particulièrement froid en cette période de l’année. Bizarrement, cela soulève peu de marques de solidatiré des groupes français, à commencer par les marques de luxe (LVMH, PPR, Hermès), qui réalisent une part encore importante de leur chiffre d’affaires (9% pour LVMH; 6% pour PPR). A moins que le Japon ne soit plus la vache à lait qu’il a été pendant de longues années… On attend une réaction, messieurs Arnault, Pinault et consorts… On notera le même silence de la part d’autres groupes ayant une longue présence historique, comme Air Liquide. Les sites Internet de ces entreprises sont désespérément vides de réactions à la situation du Japon. C’est bien triste.

Le DAX pour se protéger d’une baisse de l’euro

Face aux risques de contagion sur les marchés liés aux problématiques de dette souveraine (après la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie…), les stratégistes de la Société Générale recommandent de se protéger d’une baisse de l’euro contre le dollar en investissant sur le DAX, indice phare de la Bourse allemande. Pourquoi le DAX ? Parce que l’Allemagne est une économie solide, peu endettée et bien exposée à la reprise économique mondiale; parce que certains groupes allemands ont une forte exposition au marché américain et ont un profil plus cyclique, donc plus sensible à la reprise.

« Comme l’Allemagne représente 32,7% des exportations européennes vers les Etats-Unis et un tiers des entreprises composant le DAX réalisent plus de 15% de leurs ventes outre-Atlantique, les actions allemandes semblent offrir la meilleure visibilité dans une situation d’incertitude liée à l’évolution de la dette publique dans la zone euro. »

Parmi les valeurs favorites de la banque figurent des titres comme Fresenius Medical Care, SAP, Daimler ou BASF. Le tableau liste les valeurs ayant réalisé plus de 15% de leurs ventes aux US en 2008 (source: SG, Factset).

L’étude de SG conseille par ailleurs de rester neutre sur le secteur bancaire, qui reste en première ligne du risque souverain. Ce dernier pousse à la hausse les spreads de crédit et et pèse sur la performance du secteur.

UBS préfère SocGen

UBS a intégré Société Générale dans sa liste de valeurs préférées en Europe. « Traitant avec une décote de valorisation de 15% par rapport au secteur pour ce qui continue à être une franchise de qualité, nous pensons que Société Générale est très significativement sous-évaluée », écrit la banque.

« A 1,16 fois la valeur d’actif tangible (TNAV), nous estimons que SG est attrayante dans la perspective d’une rentabilité des fonds propres estimée à 17% en 2011, contre 15% pour le secteur », précise l’analyste d’UBS, Omar Fall.

La liste des valeurs préférées d’UBS en Europe comprend: Air Liquide, ArcelorMittal, AstraZeneca, Centrica, KPN, Lloyds, MAN, Nestlé, Novartis, Peugeot, Reed Elsevier, SG, Swatch, TNT et Xstrata.

Profil d’entreprise: Air Liquide (AI)

En bref

Air Liquide est le premier fabricant de gaz industriels au monde, mais joue au coude à coude avec l’allemand Linde pour cette « pole position ». Né en 1902 grâce à une technique innovante de production d’oxygène, Air Liquide a étendu son expertise à d’autres gaz et dans d’autres pays. En 2009, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de près de 12 milliards d’euros.

Marché et concurrents

Le marché mondial des gaz industriels est concentré, 4 acteurs (Air Liquide, Linde, Air Products, Praxair) représentant 72% du marché. Après le rachat du britannique BOC, l’allemand Linde s’est rapproché d’Air Liquide en tête des principaux fabricants de gaz dans le monde. Air Liquide est leader en termes de chiffre d’affaires et de capitalisation boursière, pas en terme de profitabilité (tableau).

Stratégie

La stratégie d’Air Liquide repose sur un triptyque: 1) améliorer son efficacité opérationnelle, 2) capter de nouvelles sources de croissance dans les pays émergents et 3) en étendant son offre de produits et services, en l’axant sur des thématiques porteuses (environnement, efficacité énergétique, énergies renouvelables…). S’ajoute le renforcement des positions concurrentielles dans les marchés où le groupe est déjà présent (santé, électronique).

Air Liquide ne réalise que 16% de ses ventes dans les marchés émergents, et affiche un certain retard sur ses concurrents qu’il doit combler par un surcroît d’investissement. Le groupe a également tardé à investir sur le marché de l’hydrogène, un secteur de forte croissance lié notamment au développement des capacités de l’industrie du gaz et du pétrole.

Histoire récente

Début 2007, le groupe a présenté un plan de développement visant à accélérer la croissance de ses résultats au cours des prochaines années. Ce plan repose sur un programme d’investissement de 10 milliards d’euros entre 2007 et 2011. Entre 2007 et 2009, Air Liquide a investi 4,6 milliards d’euros.

Début 2010, le carnet d’opportunités se montait à 3,7 milliards d’euros (+12%). La crise a pesé sur les résultats et a conduit au report de certains projets. Air Liquide estime néanmoins compenser les projets perdus en rachetant des sites existants, avec une perspective de retour sur investissement plus rapide que pour les projets nouveaux. Les contrats nouveaux toujours en portefeuille se situent à 80% dans les pays émergents et 50% concernent le secteur de l’énergie.

37 unités devraient démarrer en 2010-2011 (dont 20 en 2010). L’ensemble des projets démarrés depuis 2007 apportera près de 900 millions de chiffre d’affaires additionnel en 2011, indique le groupe dans son rapport annuel.

Résultats financiers

Croissance en période d’expansion économique, résilience en phase de crise. Voilà comment caractériser les résultats du fabricant de gaz sur longue période (graphique).

Air Liquide a réussi à maintenir son résultat net et sa capacité de distribution de bénéfice à ses actionnaires lors des deux phases de récession des années 2000 (2001-2002 et 2008-2009).

Si le groupe n’échappe pas à la récession avec une baisse parfois sensible de ses ventes, les efforts de rationalisation lui ont néanmoins permis de préserver ses marges.

Valorisation boursière

La « résilience » des résultats d’Air Liquide a une conséquence. L’action du groupe se traite sur des ratios de valorisation plutôt généreux (tableau).

Le niveau élevé de sa marge d’exploitation (16,1% entre 1997 et 2009) assure au groupe une importante génération de cash (ratio CAF/EBIT de 125% entre 1997 et 2009).

Pour entretenir la croissance de ses résultats, Air Liquide est contraint de continuer à investir à un rythme soutenu, en moyenne 12,4% des ventes entre 1997 et 2009. Dans les années de lourds investissements (1997-1999, 2008 par exemple), la génération de cash flow libre est alors insuffisante pour couvrir le versement d’un dividende.

Du coup, les opérations de croissance externe et les rachats d’actions ont été financés pour l’essentiel par l’excédent de trésorerie générée et en complément par endettement.

source: rapports annuels, données en millions d’euros

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