SG aime bien GS

Société Générale a publié une étude sur la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, dont elle recommande d’acheter les titres, avec un objectif de cours de 190 dollars (objectif à 12 mois).

L’argumentaire d’investissement vaut le détour (traduction libre):

« Goldman Sachs a été l’un des principaux bénéficiaires de la dislocation du marché causée par la crise financière et en sort avec des positions de marché renforcées dans la plupart de ses métiers. Si une normalisation de l’environnement risque de menacer les positions de la banque dans les produits de taux (fixed income), Goldman est bien positionné pour faire mieux que la concurrence grâce à la fois à sa franchise de premier plan dans la banque d’affaires et l’effet de levier qu’il peut retirer dans les métiers liés aux actions à travers une plus grande prise de risque. »

SG estime que la banque américaine peut dégager une rentabilité des fonds propres proche de 15% jusqu’en 2012.La banque a également publié une étude sur Morgan Stanley (Conserver, objectif de 32 dollars).

Carrefour sanctionné

L’action Carrefour trébuche de près de 2% à la mi-journée. La raison ? L’analyste de Credit Suisse a publié une note, ce vendredi, abaissant son opinion sur la valeur de « neutre » à « sous-performance », avec un objectif de cours de 30 euros (le titre cote actuellement 36,31).

Carrefour va devoir investir davantage qu’annoncé en baisses de prix (400 millions selon Credit Suisse, 230 millions selon le groupe) pour atteindre ses objectifs de gains de part de marché et de trafic. En prenant en compte de tels investissements, les prévisions de bénéfice par action de Credit Suisse se retrouvent environ 9% en-deçà du consensus pour 2010-2011.

« Notre dégradation n’a rien à voir avec l’échec ou la réussite du Plan de transformation, écrit l’analyste de Credit Suisse. Ni avec un débat sur la valorisation patrimoniale du groupe ou si la profitabilité dans le non-alimentaire en France se redressera. Ces sujets sont pour 2011 et au-delà. D’ici là (en 2010), nous pensons que le consensus va revoir à la baisse ses estimations – de la souffrance avant le moindre gain. »

Veolia fait le ménage

Veolia Environnement repart de l’avant. C’est en tout cas ce que pensent les analystes du courtier Raymond James Euro Equities, qui viennent de relever leur opinion sur la valeur, de « fair value » à « achat », avec un objectif de cours revu de 22 à 29 euros, reflétant le relèvement de leurs estimations de résultat.

Le groupe de services aux collectivités s’est engagé sur plusieurs points, expliquent-ils dans une note: la réduction de l’endettement, le fait que le groupe ne devrait pas avoir à faire appel au marché, le redressement des comptes de l’activité propreté.

Les arguments de valorisation pèsent également, selon le courtier, qui écrit:

« Veolia est aujourd’hui plus attractif que Suez Environnement: retour total actionnaire estimé à environ 30% (vs. 15%) y compris rendement sur dividende >5%, VE/EBITDA <7x (vs. >8x), sous-performance de plus de 30% vs. Suez Environnement depuis début 2009. »

Vendredi, Veolia a gagné 1,7% à 24,3 euros. A ce cours, le titre se traite sur un PER 2010 de 17,4, ce qui est plutôt généreux et montre que le marché attend déjà une belle progression des résultats dès cette année.

Areva soutenu par Cheuvreux

Après avoir annoncé un repli de 6% de son bénéfice net en 2009, et en attendant en avril les décisions du pouvoir politique sur la filière nucléaire, l’action du groupe nucléaire Areva frémit en Bourse. Le courtier Crédit Agricole Cheuvreux a relevé son opinion sur la valeur, à « surperformance », avec un objectif de cours de 460 euros.

Les analystes du courtier estiment que l’action Areva (qui traite sous la forme de certificats d’investissement) est redevenue bon marché. La plupart des problèmes auxquels le groupe est confronté – notamment les retards de l’EPR qui ont lourdement plombé ses comptes en 2008 – sont « pris en compte » par le marché.

La vente de T&D – décriée par les salariés du groupe, mais imposée par l’Elysée – s’est faite à un « bon prix » et après les cessions d’actifs et l’arrivée de nouveaux investisseurs, Areva devrait désormais être en situation de générer plus de liquidités, d’autant que les projets d’EPR (20 dans le monde) offrent des perspectives solides au carnet de commandes et à l’activité du groupe.

A noter, en 2009, le carnet de commandes nucléaire et renouvelables a augmenté de 1,8% à 43,3 milliards d’euros, représentant un peu plus de 5 années d’activité.

Vendredi, le titre a pris 3,2% à 382,95 euros. Depuis le 1er janvier, il gagne environ 10%.

Record d’emprunt pour les gouvernements européens

S&P vient de publier une étude estimant que le montant des emprunts à moyen et long terme des gouvernements européens atteindra 1.446 milliards d’euros en 2010, battant le précédent record de 2009 (1.394 milliards d’euros).

« Les recettes fiscales sont toujours déprimées, alors que les dépenses publiques restent élevées, à cause d’un taux de chômage élevé et la poursuite des efforts de relance », explique S&P.

S&P estime que la « vulnérabilité financière » sur le plan de la dette, en particulier de la zone euro, s’est accrue. L’arrêt des mesures de « quantitative easing » (expliquées ici) risque en outre de faire exploser le coût de la dette pour des pays déjà fragiles, comme la Grèce, le Portugal, l’Italie et le Royaume-Uni. De quoi relancer la spéculation…

La dette souveraine de l’Europe atteindrait 8.100 milliards d’euros fin 2010, contre 7.400 milliards en 2009. Depuis 2003, elle a bondi de 54%. Le PIB de l’Europe était d’environ 14.000 milliards d’euros en 2009 (avec un taux de change moyen de 1,37).

CAC40: le cash avant tout

Comme on pouvait s’y attendre, les entreprises du CAC 40 ont été lourdement affectées par la crise internationale déclenchée outre Atlantique. Mais si elles affichent des bénéfices nets en baisse (-27% selon Les Echos, -20% selon mes calculs qui excluent les 2 entreprises à exercice décalé que sont Alstom et Pernod Ricard), leur priorité de 2009 a été la préservation du cash et du bilan. Continuer la lecture de « CAC40: le cash avant tout »

Volkswagen vise la pole position

Le 3 février 2010 à Londres, le Royal Opera House fut le théâtre d’une représentation inhabituelle. En tête d’affiche: les dirigeants de Volkswagen. Baptisé Strategy 2018, leur show voulait montrer comment Volkswagen entend détrôner avant la fin de la décennie l’acteur leader mondial, Toyota, en proie à de sérieux problèmes de fiabilité de ses voitures qui ternissent son image de marque dans le monde entier. Continuer la lecture de « Volkswagen vise la pole position »

« No One Would Listen »

Harry Markopolos a été l’une des rares personnes à avoir alerté, en vain, les autorités boursières américaines du système frauduleux monté par Bernard Madoff… Il vient de publier un ouvrage et a partagé lundi soir ses critiques de la Securities Exchange Commission, le gendarme de la Bourse américaine, avec Jon Stewart, du Daily Show.

The Daily Show With Jon Stewart Mon – Thurs 11p / 10c
Harry Markopolos
www.thedailyshow.com

Daily Show
Full Episodes
Political Humor Health Care Reform

(Tristes) Anniversaires

Le 9 mars 2009, les places financières du monde atteignaient leur point bas, au terme d’une correction débutée à l’été 2007. Un an plus tard, la panique a été (largement) effacée, mais de nombreuses questions demeurent, notamment sur l’endettement public astronomique créé pour sauver les banques – lesquelles participent directement ou indirectement à faire s’écrouler aujourd’hui des monnaies…

Il y a 10 ans, la Bourse américaine était au plus haut de la Bulle Internet… Depuis, nous avons connu 1 autre bulle (immobilière), une crise financière qui a ébranlé le système bancaire des pays développés, provoqué beaucoup d’agitation politique, des promesses de régulation… Mais un an plus tard, tout semble oublié et l’industrie financière repart « comme en 40″…

L'indice CAC40 depuis 1987

Terminons sur cette citation de Benjamin Graham, dans L’investisseur intelligent (Valor Editions, 1991, traduction Antoine Dublan):

« Il n’existe à ce jour aucune technique, aucune approche unanimement acceptée qui permette au marché d’amener à la barre des accusés le management des entreprises défaillantes. Au contraire, les dirigeants n’ont cessé d’affirmer qu’ils n’ont aucune responsabilité sur l’évolution des cours des sociétés dont ils ont la charge. Et il est vrai qu’on ne peut leur demander des comptes sur ces fluctuations qui (…) ne reflètent pas leurs valeurs réelles, ni les conditions économiques du moment. Ceci étant, c’est seul le manque de vigilance et d’intelligence des actionnaires qui permet à cette immunité bien utile de couvrir l’ensemble des défaillances boursières, y compris celles de titres aux cours dépréciés en permanence. Les bons cours de Bourse sont à mettre au crédit des bons dirigeants et les cours anormalement dépréciés seront imputables aux mauvais dirigeants. »

Eurotunnel bien assuré

L’année 2009 aura été exceptionnelle à tous points de vue pour Eurotunnel. Un incendie qui a rendu inexploitable le tunnel sous la Manche pendant preque 6 mois, la crise économique, la chute du transport de camions sur rail, ont lourdement pesé sur l’activité de la société. L’opérateur du tunnel sous la Manche est néanmoins parvenu à afficher un bénéfice de 1 million d’euros sur l’année. Mais ce bénéfice n’est dû qu’à un « artifice » comptable (légal), qui a permis au groupe  de comptabiliser par anticipation des indemnités à recevoir des assureurs. Continuer la lecture de « Eurotunnel bien assuré »

L’entreprise toujours pas « women friendly »

La place des femmes dans les entreprises revient (brièvement ?) sur le devant de la scène, avec une série d’articles publiés dans de grands quotidiens économiques – citons Les Echos, ou le Wall Street Journal. Rappelons que dans ce domaine – notamment la présence des femmes dans les conseils d’administration – certains travaux de recherche ont montré que la diversité des sexes était une source de plus grande efficacité dans les prises de décisions… Continuer la lecture de « L’entreprise toujours pas « women friendly » »

Jeux maudits

L’industrie du jeu vidéo traverse une période délicate. En attendant l’arrivée de nouvelles consoles de jeux vidéo, les éditeurs doivent relever plusieurs défis, parmi lesquels les baisses de prix imposées par les distributeurs, le développement du marché des jeux d’occasion, et, bien sûr, l’essoufflement des ventes de consoles. Continuer la lecture de « Jeux maudits »

La presse, nouveau « facteur de risque » pour Goldman Sachs

C’est écrit noir sur blanc (page 34) dans le rapport 2009 de Goldman Sachs, publié le 26 février dernier. Une mention qui n’apparaissait pas dans le rapport 2008 de la banque… en pleine tourmente financière. Verbatim:

« The financial crisis and the current political and public sentiment regarding financial institutions has resulted in a significant amount of adverse press coverage, as well as adverse statements or charges by regulators or elected officials. Press coverage and other public statements that assert some form of wrongdoing, regardless of the factual basis for the assertions being made, often results in some type of investigation by regulators, legislators and law enforcement officials or in lawsuits. Responding to these investigations and lawsuits, regardless of the ultimate outcome of the proceeding, is time consuming and expensive and can divert the time and effort of our senior management from our business.  . . . . . Adverse publicity, governmental scrutiny and legal and enforcement proceedings can also have a negative impact on our reputation and on the morale and performance of our employees, which could adversely affect our businesses and results of operations. »

Hat tip Curious capitalist et Business Insider.

Parmi les articles les plus virulents qui ont décrié les pratiques de la banque (accusations réfutées par cette dernière), citons l’article du magazine Rolling Stone, ou la couverture de certains bloggeurs, notamment Zero Hedge, qui cherchent à comprendre comment un établissement financier aussi puissant et connecté que GS fonctionne.

PagesJaunes et le mur de la dette

Depuis le paiement fin 2006 d’un dividende exceptionnel de 9 euros par action, financé par endettement, le titre PagesJaunes a un parcours moribond. Les investisseurs ont placé le titre de l’éditeur d’annuaires sur liste rouge, estimant que la transition de ses services du papier vers Internet ne va pas assez vite, mais également que la dette destinée à les amadouer, remboursable in fine (en 2013), représente  une perspective peu réjouissante pour les finances du groupe. Continuer la lecture de « PagesJaunes et le mur de la dette »

Les leçons de Warren B.

Les lettres aux investisseurs publiées annuellement par Warren Buffett, en même temps que les résultats de sa holding Berkshire Hathaway, sont souvent l’occasion pour l’oracle d’Omaha de deviser librement sur le sort de l’économie, des investissements de son groupe et de l’attitude d’un investisseur intelligent. Ces lettres devraient être largement diffusées aux investisseurs français. Continuer la lecture de « Les leçons de Warren B. »