La finance au détriment de la productivité

Un excès de finance nuirait-il à la croissance économique? La crise financière de 2008 en a été la démonstration, tout comme l’est aujourd’hui la crise de la dette publique en zone euro. Deux économistes, Stephen Cecchetti et Enisse Kharroubi, ont étudié la question dans un document de travail publié par la Banque des Règlements Internationaux (BRI). Continuer la lecture de « La finance au détriment de la productivité »

Kepler sur le point de racheter Cheuvreux

Info Les Echos. Kepler devrait être le courtier qui va racheter Cheuvreux. La cession du broker était évoquée depuis plusieurs semaines. Le papier ne mentionne pas la valorisation de Cheuvreux dans cette transaction mais précise que Crédit Agricole verserait une soulte en cash au repreneur… Cheuvreux a en effet perdu près de 54 millions d’euros en 2011 (pour un PNB de près de 120 millions d’euros, en baisse de 7,7% par rapport à 2010-base comptes sociaux). On sait une chose: les restructurations seront lourdes, à n’en pas douter (le journal parle de nombreux doublons compte tenu de l’organisation géographique et des métiers des deux entités). Ce n’est pas une bonne nouvelle. Mais cela peut se comprendre au regard du désintérêt accru des investisseurs institutionnels pour les actions, de la chute des volumes de transactions sur les marchés actions ces dernières années et du très grand nombre d’intervenants dans l’intermédiation actions. Cette opération de consolidation en appellera sans doute d’autres.

Entartage boursier pour Alcatel-Lucent et Soitec

Un profit warning ne suffisait pas. Eh bien la Bourse de Paris vous en offre deux aujourd’hui, en prime, dans le « même » secteur d’activité… Hier soir, Soitec a ouvert le bal en anticipant une perte opérationnelle de 60 millions d’euros sur le premier semestre, après avoir révélé une chute de 27% de ses facturations au cours du trimestre clos fin juin. Chapeau bas. Ce matin, c’est Alcatel-Lucent qui a rajouté une couche en retirant ses objectifs de rentabilité pour 2012 (pour rappel: une hausse de sa marge opérationnelle). Pour Alcatel-Lucent, cette dépêche de Bloomberg apporte des informations intéressantes. Je conseille aussi la lecture d’un article publié en janvier, qui reprenait les conclusions d’une étude plutôt fouillée de Natixis Securities. Concernant Soitec, je me permets d’orienter le lecteur vers ces deux notes publiées respectivement en octobre et en juin de l’année dernière.

Désendettement : il va falloir être patient

Source: McKinsey

Pour un cadre analytique plus général sur les crises bancaires, je propose deux lectures:

« Systemic Banking Crisis: A New Database« , de Luc Laeven et Fabian Valencia (FMI, novembre 2008).

« This Time It’s Different« , de Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart, 2009 (traduit en français).

Le cas de la crise bancaire suédoise, qui est une sorte de point de référence ici, a été analysé par Peter Englund dans l’Oxford Review of Economic Policy.

Enfin, pour l’analyse plus générale de la situation actuelle, je fais une nouvelle fois référence aux travaux de Richard Koo et à son ouvrage « The Holy Grail of Macroeconomics: Lessons from Japan’s Great Recession« ).

Prix de l’immobilier: la bulle n’a pas encore éclaté en France, aux Pays-Bas et en Belgique

Les économistes de Deutsche Bank ont publié fin juin une étude sur les prix de l’immobilier en Europe, d’où ils tirent cette conclusion: « l’ajustement de la période de surévaluation est loin d’être terminé dans la plupart des marchés ». Ils font au passage l’éloge du marché immobilier allemand, l’un des rares à ne pas être surévalué. Continuer la lecture de « Prix de l’immobilier: la bulle n’a pas encore éclaté en France, aux Pays-Bas et en Belgique »

Une leçon de patience de Mason Hawkins et Staley Cates – Longleaf Partners

Rien à ajouter – ils résument en quelques lignes une opinion que je partage sur l’état actuel des marchés financiers.

« Investors are avoiding volatility at an arguably high cost. They prefer U.S. or German bonds yielding less than 2% to corporate earnings yields at 6-9%, as measured by S&P 500, Russell 2000, and EAFE P/E estimates. They are paying large premiums for long-life stable income via owning toll roads or airports in private infrastructure funds. They have pushed stocks with high dividend yields and stable earnings to or through fair values and abandoned the margin of safety priced into competitively entrenched businesses with high returns on capital but with more cyclical earnings and/or any debt. As with all investment bubbles, while it lasts, participants are rewarded, but when it collapses, which is always unexpected but predictable, the capital losses can be tremendous. This may be particularly true when investors think they own safety. If bonds begin to migrate to their 50 year average yield-to-maturity of 6+%, the bond price devastation will be substantial. »

L’intégralité de la lettre est disponible sur le site de Longleaf Partners.

Le problème de l’Espagne: sa dette externe plutôt que sa dette publique

Source: Goldman Sachs

L’envolée des rendements obligataires espagnols trouve plus son origine dans l’explosion de l’endettement du pays vis-à-vis de l’extérieur que dans l’augmentation de la dette publique. Cette réflexion faite à l’Espagne peut être généralisée à l’ensemble des économies de la zone euro, comme illustré par le graphique précédent. Continuer la lecture de « Le problème de l’Espagne: sa dette externe plutôt que sa dette publique »

Peugeot : un échec familial

Depuis 10 ans, les difficultés récurrentes de l’entreprise PSA-Peugeot-Citroën ont coûté leur emploi à un nombre significatif de dirigeants et encore plus important de salariés (sans parler des effets indirects sur les sous-traitants). Pendant tout ce temps, on s’est rarement posé la question du rôle joué par la famille Peugeot dans la débâcle du deuxième constructeur automobile en Europe. Continuer la lecture de « Peugeot : un échec familial »

Les constructeurs automobiles doivent repartir de zéro

Plutôt que de chercher à créer de nouvelles gammes, les constructeurs automobiles devraient se focaliser sur la rationalisation de l’outil industriel et l’amélioration de leur profitabilité. Car 50% des modèles vendus en Europe le sont à perte. Ce sont quelques-unes des conclusions importantes tirées d’une étude publiée par Credit Suisse. Un point de vue aligné sur celui de certains constructeurs favorables à une réduction des coûts de production. Mais un point de vue qui la mérite d’éclairer certains des problèmes structurels des « généralistes » que sont PSA, Renault ou Fiat. A lire donc. Continuer la lecture de « Les constructeurs automobiles doivent repartir de zéro »

Rééquilibrage en cours dans la zone euro ?

Baisse du coût unitaire du travail dans la périphérie de la zone euro, inflation au centre (Allemagne). Les forces en mouvement provoquées par la crise financière et les politiques économiques mises en oeuvre (débat austérité/croissance) pourraient provoquer un rééquilibre des balances courantes de différents pays de la zone euro. Une bonne nouvelle, si l’on en croit Julian Callow, chez Barclays. Continuer la lecture de « Rééquilibrage en cours dans la zone euro ? »

Bilan et perspectives des marchés financiers – JPMorgan

Peu voire pas de croissance économique et une liquidité toujours abondante devraient se traduire par une nouvelle phase d’inflation du prix des actifs financiers, mais pas d’inflation du prix des biens et des services. L’allocation d’actifs pour les stratégistes de JPMorgan est simple: recherche du rendement vs détention du cash; jouer les devises émergentes vs l’euro; rester défensif dans la poche actions; être long en duration dans la dette émergente. Continuer la lecture de « Bilan et perspectives des marchés financiers – JPMorgan »

… et des choix de politique économique difficiles à faire

Suite du précédent papier. Comme l’explique Guillaume Menuet, économiste chez Citi, l’objectif d’un déficit public à 3% du PIB en 2013 sera ardu. Le gouvernement devrait privilégier l’augmentation de la charge fiscale. Or avec avec un niveau de prélèvements obligatoires déjà élevé, l’impact pourrait s’avérer néfaste sur la confiance des agents économiques. A l’inverse, réduire les dépenses dans la précipitation pourrait fragiliser le modèle social du pays. Citi met en avant l’importance de réformes structurelles, indispensables si l’on veut modifier la trajectoire de la dette publique. Continuer la lecture de « … et des choix de politique économique difficiles à faire »

France: des objectifs de déficit public difficiles à tenir

Les objectifs de déficit public de la France seront difficiles à tenir, selon Credit Suisse. A moins que l’Union européenne ne vienne au secours du gouvernement français en « relâchant » l’atteinte de l’objectif de déficit de 3%, compte tenu d’un environnement économique incertain (on peut toujours rêver). Continuer la lecture de « France: des objectifs de déficit public difficiles à tenir »