Accor: une éviction mal venue – Oddo

Selon la presse, Dennis Hennequin pourrait être évincé de la direction d’Accor, suite à des désaccords stratégiques avec les actionnaires de référence du groupe hôtelier – Eurazeo et Colony Capital. Oddo estime pourtant que la stratégie du PDG est la bonne et que cette nouvelle, si elle se confirmait, pourrait remettre en cause les décisions prises jusqu’ici. Un sentiment partagé par d’autres brokers. Lire la suite

Lagardère: la société s’appauvrit, son dirigeant s’enrichit (toujours)

Lagardère vient de publier son document de référence 2012: ses actionnaires seront « heureux » d’apprendre que leur groupe de médias, par ailleurs actionnaires de référence d’EADS, s’est appauvri l’an dernier. Mais son dirigeant, Arnaud Lagardère, a vu sa rémunération augmenter, pour atteindre un montant comparable à celle de George Plassat, patron de Carrefour. Lire la suite

Pourquoi PagesJaunes cartonne en Bourse

Au-delà des arguments techniques avancés sur certains sites, l’envolée boursière de PagesJaunes (qui part de niveaux particulièrement bas) s’explique pour bonne partie par la refonte de l’actionnariat. Selon Natixis, le rebond pourrait perdurer si PagesJaunes rassure sur l’évolution de ses résultats et démontre une capacité à maîtriser la transformation de son modèle économique. Lire la suite

Départ de Vigneron de Thales: un problème de forme plus que de fond

Un éclairage intéressant du départ de Luc Vigneron de la direction de Thales, remplacé par un novice du secteur de la défense – Jean-Bernard Lévy (ex-Vivendi), publié ce matin par Harald Liberge-Dondoux, chez CM-CIC Securities. Pour cet analyste, le départ de Luc Vigneron serait plus un problème de forme que de fond. Lire la suite

Un livre blanc pour promouvoir l’actionnariat individuel en France

Havas et Infopro, organisateur du salon Actionaria, dévoilent aujourd’hui un livre blanc visant à développer l’actionnariat individuel en France, à travers 5 propositions:

  • Créer un Plan d’Epargne Investissement: il serait un substitut du PEA, avec une durée de détention minimale de 12 ans et des avantages fiscaux renforcés.
  • Faire de l’actionnaire individuel un partenaire de long terme, à travers différents types d’actions: inciter fiscalement la détention d’actions sur le long terme, réduire la fiscalité sur les placements risqués (notion non définie dans le communiqué) ou encore encourager la détention d’actions au nominatif.
  • Développer la pédagogie de l’investissement (développement de la culture entrepreneuriale, développer l’enseignement de l’économie et de la finance au secondaire, les clubs d’investissements à l’université et dans les grandes écoles, accroître le suivi des PME par la presse et les analystes financiers…).
  • Développer la démocratie actionnariale (accroître les occasions de rencontres entre actionnaires et sociétés cotées, développer les instances de représentation des actionnaires individuels).
  • Stabiliser la fiscalité.

Communiqué de presse Actionaria – Hav…ionariat individuel et salarié

 

 

Christian Dior: LVMH avec une décote ?

Il y a quelques jours, Société Générale a publié une étude recommandant fortement l’achat de Christian Dior, la holding de contrôle cotée de LVMH, estimant que le changement possible de couleur politique au sommet de l’Etat en mai prochain pourrait se traduire par une accélération du calendrier de simplification des structures de l’empire de Bernard Arnault (rachat des minoritaires). Lire la suite

Zinzins activistes

Aux Etats-Unis, deux investisseurs institutionnels de premier plan ont engagé un bras de fer avec le groupe pétrolier Occidental Petroleum au sujet de la rémunération de son PDG et des conditions de sa succession, écrit le Wall Street Journal. Détenant environ 1% du capital, Relational Investors LLC et California State Teacher’s Retirement System (« Calsters ») ont écrit une lettre annonçant leur intention de remplacer 4 des 13 administrateurs de l’entreprise, et de demander à être nommés au conseil d’administration.

Ray Irani, PDG d’Occidental Petroleum, fait partie des dirigeants les mieux rémunérés aux cours des dix dernières années (il a touché 52,2 millions de dollars de rémunération l’an dernier). Occidental Petroleum affiche une capitalisation boursière de 65,1 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires annuel de 15,5 milliards de dollars et un bénéfice net de 2,9 milliards.

Dans leur lettre aux administrateurs, Relational et Calsters soulignent des « insuffisances majeures en matière de gouvernement d’entreprise », à commencer par la fin de non recevoir à leur demande d’audition par le board d’Occidental Petroleum. Parmi les griefs faits à la compagnie pétrolière, les deux zinzins mettent en avant l’incapacité du board à encadrer proprement la rémunération du directeur général, à lui imposer un âge de départ à la retraite (Irani est âgé de 75 ans et a fait passer une dérogation lui permettant de continuer à exercer au-delà de cette limite), et à voter un plan de succession.

La lettre va plus loin puisqu’elle remet en cause la compétence générale du conseil d’administration de l’entreprise à défendre convenablement les intérêts de l’ensemble des actionnaires, ce qui est sa mission principale.

« Tout semble indiquer que le conseil d’administration est dominé par le PDG et quelques administrateurs présents de longue date », explique l’un des responsables de Relational au Journal. Sur les 13 membres du conseil, 8 ont plus de 10 ans d’ancienneté en tant qu’administrateur. L’ancienneté moyenne est de 14 ans, y compris pour le comité des rémunérations, où siègent Spencer Abraham (nommé en 2005, Président du comité), John Chalsty (1996), Edward Djerejian (1996), Avedick Poladian (2008), Rosemary Tomich (1980).

Le cas d’Occidental n’est pas unique. Il existe des centaines d’entreprises, aux Etats-Unis comme en France, où le PDG donne l’impression d’être intouchable et où le reste des administrateurs n’est là que par sa seule volonté. Difficile d’imaginer que ces administrateurs puissent dans ces conditions exercer sereinement et en toute indépendance leur rôle de représentation de l’ensemble des actionnaires. Ce type de défaillance en matière de gouvernement d’entreprise est trop rarement remis en question par les investisseurs institutionnels. Dommage.

Lagardère: les actionnaires se tirent une balle dans le pied

Pas de surprise ni de coup de théâtre. Les actionnaires de Lagardère ont rejeté les deux résolutions proposées par l’investisseur activiste Guy Wyser-Pratte. Ce dernier a indiqué qu’il continuera de défendre son projet.

Le marché ne semble pas apprécier ce rejet de la majorité des actionnaires, qui semblent se tirer une balle dans le pied. L’action perd plus de 3%.

Carrefour ou du mauvais usage des rachats d’actions

Les rachats d’actions, c’est une façon pour une entreprise cotée de rémunérer ses actionnaires (par un mécanisme de relution des résultats). Encore faut-il que cela soit fait à un moment opportun, par exemple quand l’action est sous-évaluée.

Carrefour ne se munit pas d’autant de précautions. Le groupe de distribution a annoncé son intention de racheter 6% de son capital, alors que le cours de son action a gagné 16% depuis le début de l’année et 30% sur un an. Les analystes d’Oddo Securities pensent savoir ce qui motive le groupe de distribution:

« Même si Carrefour a réitéré son objectif de conserver une notation de qualité (A-) notre recherche [actions] estime que ce programme de rachat d’actions répond principalement à l’intérêt financier à court terme des actionnaires de référence de Carrefour (Colony Capital et Groupe Arnault), qui consiste notamment à retrouver au plus vite leur cours moyen d’entrée (estimation Oddo : environ 43 euros, hors coût de financement de leur investissement). On peut en effet s’interroger sur l’opportunité pour Carrefour de lancer un programme de rachat d’actions, alors que le titre se traite à son plus haut niveau depuis août 2008 et que Carrefour est actuellement valorisé avec une prime d’environ 10% par rapport à la moyenne du secteur européen de la distribution alimentaire sur la base d’un PE 2010 (15.3x) ou 2011 (13.4x). Par ailleurs, la politique d’investissements du groupe est particulièrement prudente depuis environ 2 ans, notamment par rapport à ses concurrents dans certains pays (cf. Wal Mart et Pao de Acucar au Brésil), au risque de susciter des interrogations sur ses perspectives de croissance à terme. Enfin, Carrefour fait actuellement face à un conflit social en Belgique et est engagé dans un vaste plan de réduction de coûts qui concerne directement ses salariés. »

Carrefour a d’autres chats à fouetter, notamment s’assurer qu’il est capable de reprendre durablement des parts de marché à des concurrents agressifs (Leclerc…) ou plus innovants (Tesco). L’histoire récente montre que les baisses de prix ne suffisent pas. Et les innovations récents (caisses express, nouveautés en matière de promotion…) sont encore loin d’avoir fait leurs preuves. Malheureusement, ces défis à relever ne semblent pas actuellement la priorité des deux actionnaires de référence du groupe de distribution.

Lagardère, forteresse bien protégée

Un papier intéressant de Reuters sur la prise d’assaut de Lagardère par Guy Wyser-Pratte. Interrogeant des investisseurs activistes, un avocat d’affaires, des représentants de minoritaires (ADAM), les journalistes de l’agence soulignent combien l’entreprise de l’investisseur franco-américain est risquée et délicate, mais aussi que les choses ne seront plus comme avant pour le groupe de médias. Le papier met également en exergue la différence culturelle fondamentale entre l’activisme à l’anglo-saxonne et les manières (soit disant) plus policées du capitalisme à la française.

L’Assemblée générale de Lagardère aura lieu le 27 avril prochain. Selon l’agence Bloomberg, Wyser-Pratte aurait obtenu gain de cause devant la justice pour faire voter ses deux résolutions (une pour être nommée au conseil de surveillance; l’autre pour modifier les statuts du groupe) lors de cette AG.

Ce matin, UBS a publié une note sur Lagardère. La banque note que le titre est peu cher (7X EBITDA 2010, PE de 10X hors Canal+ et EADS), mais conserve une opinion neutre et un objectif de cours de 31 euros, estimant que l’évolution des résultats manque de souffle.

Pour ceux que le dossier intéresse, j’ai publié récemment un papier sur la stratégie du groupe, qui comprend également les commentaires les plus récents disponibles de courtiers sur la valeur.

L’activiste Guy Wyser-Pratte s’intéresse au cas Lagardère

L’investisseur activiste Guy Wyser-Pratte s’attaque aux statuts de Lagardère et demande que le groupe se transforme en société anonyme, selon le quotidien Les Echos. Il souhaite également faire modifier les statuts du groupe pour une meilleure représentation des minoritaires, dont il fait partie.

Comme le rappelle le quotidien, ce statut de SCA permet à Arnaud Lagardère de contrôler le groupe avec seulement 9,6% du capital. Selon le journal, Wyser-Pratte, qui détient 0,53% du capital de Lagardère à travers sa société, estime entre 40 et 50 euros la valeur intrinsèque du groupe de médias.

L’assemblée générale ordinaire de Lagardère est prévue pour le 27 avril à 10 heures. L’avis de convocation a été déposée au Bulletin des annonces légales obligatoires.

Deux résolutions ont été déposées par Wyser-Pratte :

La première résolution déposée par Guy Wyser-Pratte vise à le nommer au conseil de surveillance, ce qui nécessite l’obtention d’une majorité simple. La seconde, plus technique, vise à modifier certains articles des statuts du groupe, pour éviter que soit nécessaire l’accord préalable des commandités, en l’occurrence Arnaud Lagardère, pour certaines résolutions soumises à l’assemblée générale (Les Echos).

Le quotidien estime toutefois que cette tentative a de bonnes chances d’échouer, car l’acceptation des résolutions dépend du bon vouloir d’Arnaud Lagardère et des commandités… Reste à savoir quelle sera la réponse du groupe, qui préfère se taire pour l’instant.