Revue des marchés

Performance hebdomadaire au 6 janvier 2012

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2012: quelques idées d’investissement

Après un plongeon de 17% en 2011, la Bourse de Paris a été prise en sandwich entre la crise de la dette qui a fait souffrir le secteur financier (poids lourds du CAC) et les craintes de récession économique, lesquelles ont pénalisé les valeurs cycliques. Quelques titres défensifs ou exposés à la croissance plus pérenne des marchés émergents ont tiré leur épingle du jeu. Et si l’on regarde en dehors du CAC, de belles valeurs de qualité ont affiché des performances plus qu’honorables (cf tableau suivant). 2012 pourrait être du même acabit: les titres de qualité devraient résister (ils offrent une visibilité que les investisseurs recherchent par-dessus tout), mais les marchés resteront volatiles (tant qu’ils seront aux mains des politiques et que ceux-ci mettront du temps à s’accorder sur une résolution de la crise actuelle). Continue reading

Le bilan de 2011 en une image

Bonne année 2012 à tous mes lecteurs… Pour ce 2è papier de l’année, je vais faire un rapide récapitulatif de 2011. Pas grand chose à dire si ce n’est que ce fut une année maudite pour les stock pickers et que ceux qui ont cherché à anticiper le marché ont sans doute perdu beaucoup d’argent… Continue reading

Revue des marchés

Performance hebdomadaire (16 Décembre 2011)

Prudence et perte de repères – Amundi

La finance mondiale, bouleversée par des changements structurels lourds, est à la recherche de nouveaux repères. Pour les responsables de la gestion chez Amundi, cette situation obligera en 2012, comme cette année, à construire des portefeuilles prudents.  Continue reading

Pessimisme ou réalisme?


Source: Jeremy Grantham, GMO Quarterly Letter, December 2011

« Scary! » non? Voici l’illustration des dernières réflexions de Jeremy Grantham, l’un des grands gérants d’actifs aux Etats-Unis, souvent cité sur ce blog (pour mémoire, il écrivait le 10 mars 2009 qu’il repassait massivement à l’achat sur les actions – un jour après le dernier « creux » des Bourses mondiales). Le papier date d’hier (h/t InvestmentNews). Pour ceux qui veulent lire tout le texte, il est ici. ET IL VAUT LE DETOUR. Continue reading

Cheuvreux croit encore au rally de fin d’année

5% de hausse pour les actions dans le monde, voire plus en Europe, c’est ce qu’espèrent les stratégistes de Cheuvreux dans une note publiée aujourd’hui (nota: le Stoxx affiche déjà un gain de 5.6% en 5 jours).  Continue reading

Citi voit le DJ Stoxx 600 à 285 pts fin 2012 (+18%)

Enfin un courtier qui voit les marchés actions en hausse l’an prochain: Citi voit le DJ Stoxx à 285 points en décembre 2012 (contre 240.73 points vendredi en clôture). Mais cette hausse des actions européennes se ferait surtout par une expansion des multiples de valorisation, laquelle contrebalancerait une contraction de 10-15% des profits l’an prochain. Un pari pour le moins hardi alors que bon nombre d’inconnues (crise de la dette, récession en Europe) laissent plutôt présager d’une année boursière 2012 au moins aussi volatile qu’en 2011, et toujours dominée par la macro-économie. Continue reading

Revue des marchés

Performance hebdomadaire (2 Décembre 2011)

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2012: Bank of America Merrill Lynch nous dit tout en une slide

Voici une vue globale des 3 scénarios envisagés par les experts de Bank of America Merrill Lynch et leur impact sur toutes les classes d’actifs… Difficile de faire plus synthétique!  Continue reading

Goldman Sachs voit encore 16% de baisse des marchés européens à 3 mois

Les stratégistes Europe de Goldman Sachs ont publié leurs prévisions pour 2012. L’année devrait plutôt mal commencer puisque leur objectif à 3 mois pour le Stoxx 600 est de 195 points, soit 16% en-dessous du niveau actuel (18% en fait si l’on prend un Stoxx 600 à 240 points mardi soir en clôture). Un point bas devrait toutefois être atteint dans le courant du premier semestre 2012. Continue reading

Revue des marchés

Performance hebdomadaire (25 Nov 2011)

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Revue des marchés

Performance hebdomadaire (18 Nov 2011)

Actionaria: ce que l’on a dit de 2012

Premiere seance de live blogging au salon Actionaria pour voir et écouter ce que Mr Le Marché pense de 2012… Entre autres…

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Les Bourses ont besoin d’un plan crédible à long terme

Dans leur dernier commentaire trimestriel (Q3), les gérants de la firme Tweedy, Browne Company LLC estiment, comme d’autres investisseurs, que le principal problème des Bourses est l’absence de plan crédible à long terme pour sortir des problèmes de dette (en Europe, aux Etats-Unis). Tant que persistera une incertitude, les marchés resteront volatils. Continue reading

Stratégie 2012 de Pictet: crédit, or, volatilité, et politique

Zerohedge a publié la stratégie d’investissement 2012 de Pictet, la comparant au « grand tout » permettant de comprendre l’univers financier actuel… A raison sans doute… Selon son stratégiste Christophe Donay, 2012 ressemblera beaucoup à 2011 (même sentiment chez UBS). Tout sera politique. Et le degré de corrélation entre classes d’actifs restera sans doute élevé. Dans ce contexte, la stratégie d’investissement de la banque suisse est construite autour de 3 classes d’actifs considérées comme défensives: l’or, le crédit et les actions peu volatiles.  Continue reading

Les gérants pessimistes, selon la dernière enquête Bank of America-Merrill Lynch

La dernière enquête « mondiale » de Bank of America-Merrill Lynch montre que les gérants actifs sont toujours très « bearish »: nombreux sont ceux qui attendent une correction violente des Bourses avant la fin de l’année, provoquée par un choc externe (cf graphique plus bas). Les gérants sont donc très défensifs et seule une remontée des prévisions de croissance économique dans le monde les fera modifier leur allocation. La majorité des gérants anticipe un récession en Europe, les craintes de déflation refont leur apparition, conduisant de nombreux gérants à anticiper une baisse des taux courts au cours des 12 prochains mois. Un défaut de la Grèce (38% des personnes sondées) est prévu d’ici le 1er trimestre 2012. 36% anticipent une nouvelle dégradation de la note des Etats-Unis. En termes d’allocation des portefeuilles,

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Les leçons de Warren Buffett

Quand tout le monde doute, Warren Buffett investit. Le troisième trimestre 2011 a confirmé ce que l’on avait commencé à observer cet été. « Avoir peur quand tout le monde est avide; être avide quand tout le monde à peur ». Cet aphorisme tiré d’un des enseignements de Benjamin Graham a été appliqué à la lettre. Buffett est-il en train d’anticiper un changement de paradigme ? Depuis l’éclatement de la bulle Internet, ses investissements en actions n’ont cessé d’augmenter… Et le coeur de son portefeuille actions est exposé aux grandes capitalisations boursières américaines… (certes, il y a la poche « obligataire », mais celle-ci est minoritaire). Sans tirer de conclusions hâtives, on peut déjà s’inspirer de la manière dont son argent est géré aujourd’hui. Continue reading

4 raisons pour sous-pondérer les actions – Morgan Stanley

L’équipe stratégie Europe de Morgan Stanley (Graham Secker, Ronan Carr, Matthew Garman et Hanyl Lim) a dégradé sa recommandation sur les actions à « sous-pondérer » après le rebond d’octobre, estimant que celui-ci ne serait qu’un feu de paille en raison de problèmes beaucoup plus structurels, dont l’incapacité de l’Europe à trouver une solution crédible à la crise de la dette, l’affaiblissement de la croissance économique, le risque de baisse des marges (à cela, s’ajoutent quelques indicateurs techniques moins favorables). Continue reading

Buffett augmente sensiblement ses investissements en actions

Au cours du troisième trimestre, soit pendant la dernière phase de krach sur les marchés financiers (août-septembre), Warren Buffett, fidèle à sa philosophie d’investisseur value, a fortement accru ses investissements en actions, portant son portefeuille de titres à 68 milliards de dollars, contre 61 milliards fin 2010, d’après les comptes du 3è trimestre de sa holding Berkshire Hathaway. Continue reading

Revue des marchés

Weekly performance (4 Nov 2011)

Marche arrière toute: moins d’une semaine après un accord sur le sauvetage de la Grèce (qui avait laissé de nombreux observateurs indécis), les marchés financiers ont retrouvé leur lot de stress provoqué par la situation toujours incertaine de la zone euro. Cette-fois, l’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro a été clairement évoquée après la décision surprise, lundi soir, du premier ministre grec d’appeler à un référendum en janvier 2012 sur une question alors inconnue. La tragédie grecque, après avoir occupé une partie d’un G20 qui devait traiter des questions de croissance économique mondiale et de l’évolution du système financier international, a tourné court. Mais c’est l’Italie, deuxième économie la plus endettée de la zone, qui a pris le relais, acceptant finalement de passer sous les fourches caudines des « experts » du FMI. Au final, le G20 de Cannes, dont on attendait beaucoup, n’a servi à rien. La porte ouverte à une nouvelle phase de volatilité sur les marchés a sans aucun doute été ouverte.

Cette situation s’est traduite mécaniquement par une chute des Bourses mondiales (les marchés émergents ayant toutefois mieux) et des rendements obligataires, une pression sur les matières premières et une légère remontée de l’or. L’euro a cédé 2.5% face au dollar.

Au sein des actions américaines, en dehors de l’envolée de Groupon pour son premier jour de cotation vendredi (+37%), l’indice S&P 500 a terminé la semaine sur un repli de 2.5%, entraîné par les valeurs financières – Jefferies a plongé de 18% sur des craintes de difficultés financières après la faillite du courtier MF Global. Les grandes banques américaines comme Bank of America, JPMorgan ont perdu respectivement 12% et 7%. Le secteur de la consommation a été pénalisé par le plongeon de 24% d’Abercrombie & Fitch, dont les ventes européennes sont mal orientées. La réunion de la Fed (2 novembre) a ouvert la porte à de nouvelles interventions pour soutenir l’économie, où les créations d’emplois sont toujours peu dynamiques.

En Europe, les valeurs bancaires ont été lourdement affectées: Lloyds Banking Group -19%, Société Générale -23% BNP Paribas -15%, pesant sur l’indice Stoxx 600 (-3.7%). L’annonce « surprise » d’une baisse de 25 points de base du taux directeur de la BCE, jeudi 3, a provoqué un bref sursaut des marchés, sans suites. Il faut dire qu’une des motivations de la banque centrale européenne et de son nouveau patron, Mario Draghi, est l’anticipation d’une récession « modérée » d’ici la fin de l’année. Certains gérants estiment même que la récession sera au programme de 2012 en Europe.

En Asie, l’indice MSCI Asia Pacific a lui aussi cédé 3.6%, entraîné par les valeurs minières – BHP Billiton a cédé près de 2%, tandis que certaines valeurs bancaires australiennes ont cédé du terrain après l’annonce d’une baisse des taux et d’une révision en baisse des perspectives de croissance du pays.

A noter le mouvement à contresens des actions émergentes (MSCI Emerging Markets +1.6%). Ces marchés ont attiré d’importants flux de capitaux récemment (3.5 milliards de dollars selon Citi), ce qui s’explique notamment par la sous-évaluation des Bourses émergentes par rapport aux Bourses développées et par une situation économique moins dramatique qu’en Europe et aux Etats-Unis (même si les difficultés de ces derniers pèsent sur la croissance des économies émergentes).

 

Le haut rendement plus fort que les actions

Indiscutable graphique illustrant la performance des actions mondiales et des titres de crédit à haut rendement des entreprises.

« Le high yield est peut-être l’une des plus belles classes d’actifs dans un environnement de marché compliqué »

Cette citation est d’Etienne Gorgeon, patron de la gestion taux et crédit d’Edmond de Rothschild Investment Managers. Dans un environnement de marché volatil et complexe, marqué par une croissance économique durablement atone dans les pays développés, le plus important pour les investisseurs est la protection du capital et la recherche d’un rendement raisonnable. Continue reading

Le désamour vis-à-vis des actions est désormais mondial-Citi

Dans leur quête éperdue pour générer des commissions de courtage, les stratégistes de Citigroup ont ressorti un thème qui leur est cher: ce qu’ils appellent la « de-equitisation » (terme inventé en 2003), en français, la restitution de capital aux actionnaires (sous forme de rachats d’actions, de hausses de dividendes ou d’opérations de fusions-acquisitions), prendrait aujourd’hui une dimension mondiale. Continue reading

Prix, valeur: deux repères pour investir

L’évolution erratique de la Bourse peut décourager tout investisseur. Pourquoi acheter aujourd’hui une action qui peut voir son cours de Bourse fluctuer de 20-30% en l’espace de quelques semaines ou mois, quand ce ne sont pas des jours ?

Pour naviguer dans cet univers complexe et imprévisible, tout investisseur doit être en mesure de faire la différence entre le prix et la valeur d’un titre. Continue reading

Mois d’octobre record pour les actions

Un mois d’octobre record, du jamais vu depuis de nombreuses années, si l’on en croit de nombreux articles de presse ce matin. Aux Etats-Unis, le Dow Jones Industrial Average affiche un gain de 9.5%, sa plus forte hausse mensuelle depuis octobre 2002, souligne le Wall Street Journal. L’indice S&P 500 a gagné 11%, soit sa meilleure performance depuis 1991. Bloomberg nous explique que les actions ont battu les autres grandes classes d’actifs – obligations, matières premières, dollar. L’indice MSCI All-Country World Index a bondi de 11%, ajoutant 4.500 milliards de dollars de capitalisation boursière.  En Europe, l’indice Stoxx 600 en euro a progressé de 7.8% à 243.86 points. Le CAC 40 a gagné 8.7%. L’indice MSCI Asia Pacific affiche une hausse de 7.6% sur le mois.

Bien sûr, il est difficile de considérer une telle performance au regard de l’ensemble de l’année 2011, où les actions enregistrent encore de lourdes pertes, en particulier en Europe. La difficulté des Européens à résoudre de manière coordonnée les problèmes de dette, à travers un processus lisible et compréhensible (pas comme la décision de la Grèce hier soir) s’est traduite par un regain de volatilité qui profite avant tout aux investisseurs ayant un horizon d’investissement très court. Cette situation, si elle persiste, pourrait sans doute casser la dynamique du rebond débuté en octobre au moment où les investisseurs s’interrogent sur la dynamique de croissance de l’économie mondiale (du mieux aux Etats-Unis, du moins bon en Europe et un point d’interrogation en Asie).

C’est dans ce contexte que s’ouvre un G20 où les Européens vont d’abord devoir expliquer à leurs partenaires pourquoi la Grèce décide d’ouvrir une nouvelle boîte de Pandore, alors que les détails du plan de sauvetage décidé la semaine dernière ne sont pas tous connus… Encore une fois, la macro-économie et la psychologie vont prendre le dessus sur les considérations plus micro-économiques. Regarder la valorisation des actions ne servira à rien, tant que les politiques n’offriront pas une vision de long terme consistante et raisonnable sur laquelle les investisseurs de long terme pourront prendre appui.

Revue des marchés

Weekly performance (28 Oct 2011)

Deux bonnes nouvelles sur la semaine auront permis aux marchés financiers d’enregistrer un mois d’octobre record. L’annonce en l’espace de quelques jours d’un accord des gouvernements de la zone euro sur un nouveau sauvetage de la Grèce et des chiffres de croissance moins mauvais que prévu aux Etats-Unis ont suffi pour pousser les investisseurs vers les actifs risqués. Le S&P 500 a bondi de 3.8%, le Stoxx 600 de 4.2% et le MSCI Asia Pacific de 7.5%.

En Europe, les valeurs bancaires ont mené la hausse (+9.1% pour le Stoxx 600 Bank Index). Crédit Agricole a bondi de 27%, Deutsche Bank de 19%, Barclays de 11%. Les valeurs minières ont également été recherchées profitant de statistiques d’exportation encourageantes au Japon. Kazakhmys a bondi de 19%, SSAB (aciériste suédois) de 28%.

Aux Etats-Unis, l’annonce d’un rythme de croissance le plus rapide depuis un an a boosté les valeurs cycliques – des titres comme GoodyearIngersoll-Rand ou Caterpillar ont gagné respectivement 14%, 16% et 11%. Boeing a progressé de 5.5%. Dans le secteur de la technologie, AMD et Akamai ont avancé de 26% et 19%. Avec de tels rebonds, la Bourse américaine affiche son plus fort rebond mensuel depuis… 1974.

En Asie, Esprit Holdings s’est envolé de 19%, tandis que Mitsubishi a gagné 12%. Dans le transport ferroviaire, des titres comme CSR ou China Railway Group ont pris 59% et 44% respectivement. Les valeurs financières ont également été à la fête – ICBC, plus grande banque chinoise en matière de prêts, a bondi de 21%.

L’enthousiasme du marché à l’égard de l’accord obtenu au sommet de Bruxelles (texte de l’accord ici) sera-t-il durable ? L’impression d’ensemble qui est ressortie de l’accord est que les Européens ont cherché à gagner du temps. Les investisseurs seront-ils de cet avis ? Pas sûr, si l’on lit ces articles publiés par Bloomberg ou le WSJ.

Pour que la hausse des marchés puisse tenir, au moment où la croissance économique en zone euro donne des signes d’affaiblissement, il faudrait que les Européens donnent des signaux clairs qu’ils sont tous engagés dans un projet commun. Les grandes lignes du plan sont connues vont dans le bon sens. Il reste maintenant à en dévoiler les détails, ce qui passera certainement par de nouvelles annonces (en espérant qu’elles ne seront pas dissonantes comme cela a été souvent le cas dans le passé).

 

Préférer les actions au crédit

Au moment où de nombreux investisseurs pointent leur préférence pour le crédit d’entreprise par rapport aux actions, les stratégistes de Credit Suisse ont une thèse quelque peu originale. Ils observent que depuis la mi-août, les actions affichent une performance positive de 8% alors que les spreads de crédit se sont écartés.

La raison serait une valorisation relative très attrayante pour les actions (rendement bénéficiaire ou « earnings yield » par rapport au rendement du high yield ou du crédit corporate). La prime de risque des actions se situerait à 7,2% alors que d’après la lecteur de données macro-économiques de type ISM ou spreads de crédit, elle devrait plutôt se situer à 6,2%.

Ce qui joue en faveur des actions:

  • une valorisation relativement attrayante en termes de rendement bénéficiaire;
  • une surperformances des actions en phase de retournement de cycle;
  • les actions évoluent favorablement lorsque le taux d’inflation remonte vers 3-4%…

Ce qui joue en défaveur des actions:

  • la bonne santé des entreprises (peu de dette, niveau de cash élevé) suggère que la seniorité des dettes par rapport aux actions devrait rendre le crédit des entreprises relativement moins risqué que les actions;
  • les marges des entreprises sont de nouveau à un plus haut;
  • la volatilité du crédit est sensiblement inférieure à celle des actions.

Les marchés restent dominés par la macro

La corrélation entre actions (« stock-to-stock correlation ») a fortement augmenté ces dernières années, atteignant des niveaux que l’on n’avait pas vu depuis le début des années 1990 (graphique ci-après).

Cette hausse de la corrélation entre titres s’observe sur toutes les places boursières dans le monde.

La conclusion (contrariante pour tout analyste fondamental) est que les analyses de type « bottom-up » sont devenues moins importantes. Mais cela peut aussi s’expliquer par l’importance croissante des acteurs ultra court-termistes (trading à haute fréquence et consors…).

Revue des marchés

Weekly Performance (21 Oct 2011)

  • S&P 500 +1.1% 1,238.25
  • Stoxx 600  +0.2% 238.93
  • MSCI Asia Pacific -0.7% 115.97 ($)
  • EUR-USD +0.1% 1.390 $
  • 2Y US 0.267%
  • 10Y US 2.219% -3ppt
  • 30Y US 3.264% +3ppt
  • 10Y Bund 2.106% -9ppt
  • Gold -2.4% 1,642$/once
  • RJ/CRB Commodity -1.9% 311.08

L’indécision des dirigeants politiques européens et le ralentissement de la croissance en Chine ont provoqué des évolutions divergentes des grandes places boursières dans le monde. Le Stoxx 600 n’a progressé que de 0.2%, tandis que l’indice MSCI Asia Pacific a cédé 0.7%. La Bourse de Hong Kong a reculé de 2.6% sur la semaine, la Chine ayant affiché son rythme de croissance économique le plus faible depuis 2009 (+9.1%). En Europe, les titres de nombreuses valeurs cycliques ont été chahutées en pleine démarrage de la saison des publications de résultats. Safran a plongé de 13% après la publication de ses ventes du 3è trimestre. Aixtron, Alcatel-Lucent ont perdu respectivement 16% et 11% après des dégradations de brokers. A l’opposé SGL Carbon a bondi de 19% sur les rumeurs de montée au capital de BMW et Volkswagen. Lundin Petroleum a pris 14% après le relèvement par Statoil de l’estimation des réserves d’un champ découvert en mer du Nord. G4S a chuté de 14% en indiquant son intention de racheter ISS pour 5.2 milliards de livres sterling.

Dans cet environnement plutôt incertain, la  Bourse américaine s’est distinguée, malgré une plus grande prudence de la Fed (Beige Book) et des consommateurs sur l’évolution future de l’économie. L’indice S&P 500 a gagné 1.1%, boosté par la spéculation d’une résolution de la crise européenne, même si de nombreux observateurs et plusieurs dirigeants européens (allemands notamment) ont tenté de tempérer tout excès d’enthousiasme. Les banques américaines Bank of America et Goldman Sachs ont progressé de plus de 4% malgré l’annonce de résultats peu encourageants. Morgan Stanley a battu le consensus et a vu son titre bondir de 12%. Dans le secteur de l’énergie, El Paso Corp a bondi de 28% après l’annonce de son rachat par son compatriote Kinder Morgan. McDonald’s a fait mieux que prévu avec une hausse de 8.6% de ses résultats trimestriels, boostant son cours de Bourse de 2.7%.

Ce que les investisseurs achètent lorsqu’ils sont moins averses au risque

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on vit une période de grande fébrilité des investisseurs, qui se traduit par une alternance de phase de forte hausse puis de forte baisse de l’aversion au risque – que les anglosaxons qualifient de « RORO » (« Risk On Risk Off »). Avec la dernière phase de hausse des marchés, les investisseurs ont privilégié 3 classes d’actifs : le haut rendement (« high yield »), les actions émergents et la dette émergente. La part de cash dans les portefeuilles des gérants reste élevée. La prudence règne donc malgré tout, comme l’a montré la dernière enquête de Bank of America Merrill Lynch auprès des investisseurs.

Concernant le sommet européen, les stratégistes de Merrill Lynch résument bien les attentes du marché, ce qui sera bien perçu et ce qui pourrait provoquer une rechute des indices boursiers:

« Bull & Bear European Headlines
Bullish headlines would be: >1 trillion Euros for EFSF; >100 billion Euros for bank recapitalization; >50% haircut for private holders of Greek debt; buy-in from Sovereign Wealth Funds. Bearish headlines: <1 trillion Euros for the EFSF; <100 billion Euros for bank recapitalization; <50% haircut for private holders of Greek debt; no global buy-in from SWFs. Lower Italian bond yields (-100bps on 5y) & higher European bank credit prices (EB00 Index > 220) needed to cause sustained “risk-on”.
US Driver = Macro
“If next GDP revision is up, go long stocks, if next GDP revision is down, go short stocks”; US GDP revisions and US bond yields have been correlated this year and both edging higher. »

A la recherche du rendement perdu

L’environnement actuel, marqué par une incertitude sur l’évolution de l’économie (crise de la dette, croissance molle ou récession, inflation forte ou déflation…), s’est traduit par une hausse importante de la volatilité sur les marchés financiers. A un point tel qu’aujourd’hui, de nombreux investisseurs de long terme préfèrent trouver des solutions pour éviter toute perte en capital plutôt que tenter de capter un rendement qu’ils jugent incertain. Continue reading

Revue des marchés

Weekly Performance (14 Oct 2011)

Principaux événements
Les marchés ont connu une semaine de rebond, alimenté par un regain de spéculation sur la résolution de la crise de la dette en zone euro et la publication de statistiques américaines encourageantes sur les ventes au détail au mois de septembre (+1,1%). Le S&P 500 s’est rapproché du plus haut atteint avant la dégradation de la note de crédit des Etats-Unis, le 5 août dernier.
Malgré un rebond plus significatif sur la semaine, les actions européennes perdent toujours 18% par rapport au plus haut du 17 février, plombées par les incertitudes liées à un probable défaut de la Grèce. Les séances en Europe ont été mouvementées entre le démantèlement de la banque franco-belge Dexia; la nouvelle la plus importante a été l’accord entre Merkel et Sarkozy (ou « Merkozy ») sur une vision « commune » pour résoudre la crise de la dette. Cette perspective a en tout cas profité à l’euro, qui a continué son mouvement de hausse face au dollar.
L’indice MSCI Asie-Pacifique a affiché l’un des rebonds les plus significatifs, aidé par les nouvelles en provenance d’Europe et des Etats-Unis et par l’annonce que l’Etat chinois était en train d’acheter des actions des principales banques du pays. Les derniers chiffres de l’inflation en Chine sont restés à un niveau élevé (+6,1%) tandis que la croissance du crédit a sensiblement ralentit.
Les investisseurs sont donc revenus en mode « risk-on », comme le montre l’évolution des indices de volatilité. ce qui a profité non seulement aux actions, mais également aux matières premières. Le baril de pétrole a retrouvé un plus haut de 3 semaines (86.80$ pour le WTI coté à New-York; 114.68$ pour le Brent coté à Londres). Depuis le début du mois, le pétrole affiche la plus meilleure performance au sein des matières premières, devançant les produits agricoles (« softs » et « grains »), les métaux industriels et les métaux précieux.
La baisse de l’aversion au risque s’est également traduite par une remontée des rendements des obligations: +22 points pour le 30 ans US, +17 points pour le 10 ans. Derrière cette hausse, l’espoir d’une résolution plus rapide de la crise de la dette et des statistiques américaines supérieures aux attentes (ventes de détail, emploi). La publication des minutes de la Fed, le 12 octobre, a par ailleurs montré d’intenses débats au sein du comité de politique monétaire pour soutenir l’économie américaine.
Principales questions
Une question domine: cette hausse est-elle durable ? Le marché est-t-il vraiment engagé dans un rally haussier depuis le point bas du 4 octobre comme le soulignent certains observateurs ? Le rebond prend des proportions impressionnantes, sans qu’aucune véritable nouvelle fondamentale ne soit apparue (en dehors de quelques statistiques un peu plus encourageantes et des premières publications de résultats trimestriels aux Etats-Unis). Ceci devrait inciter à une certaine prudence. Si les packages d’aide à la Grèce, les moyens et modalités d’intervention du FESF sont jugés incomplets, ou si telle ou telle statistique montre de nouveau un affaiblissement de la croissance économique et relance le débat sur le risque de retour en récession dans les pays développés, les marchés pourraient corriger de plus belle.
La saison des publications des résultats du 3è trimestre vient tout juste de commencer. Aux Etats-Unis, sur les 37 sociétés du S&P 500 ayant publié leurs résultats, 70% ont dépassé les attentes du marché, selon ThomsonReuters. Au cours de la prochaine semaine, 96 sociétés publieront leurs comptes du 3è trimestre, parmi lesquelles Southwest AirlinesTextronHalliburtonCitigroupBank of AmericaAppleYahoo!Coca-Cola,MicrosoftGeneral ElectricMcDonaldsAT&TAutonationHarley-DavidsonMorgan StanleyGoldman Sachs ou Noble Corp. En l’état, le consensus du marché prévoit une hausse de 12,4% des bénéfices au 3è trimestre (les analystes tablaient sur une hausse de 17% sur ce trimestre au 1er juillet-le principal facteur de la baisse ayant joué dans le secteur bancaire). Au cours actuel, l’indice S&P 500 se traite sur la base d’un multiple de bénéfice de 11,3x (12 months forward), ce qui ne traduit pas de surévaluation ni de sous-évaluation du marché actions américain.

Actions européennes: point sur les performances

Depuis le début de l’année, les actions européennes cotées au sein de l’indice Stoxx 600 (4.705 milliards d’euros de capitalisation boursière) ont enregistré une baisse de 12% (arrêté au 11 octobre). Sur un mois écoulé, elles ont regagné 5%, sachant qu’au sein de cet univers c’est le segment Largecap qui a superformé (+6%), les small et midcaps enregistrant une quasi stagnation de leur performance (+1% et 0% respectivement). Sur un mois, l’assurance (+14%), les utilities (+12%) et les banques (+10%) sont en tête. Depuis le début de l’année, seul le secteur de la santé enregistre une performance positive (+5%).

Revue des marchés

  • S&P 500 +1.2% 1,155.46 (perf hebdo)
  • Stoxx 600 +2.6% 231.99
  • MSCI Asia Pacific -0.2% 112.95
  • €/$ +0.1% $1.3433
  • 2Y 0.29%
  • 10Y +9bp 2.08%
  • 30Y 2.69%

Principaux événements

Les marchés se sont offerts une semaine de reprise, soutenus par l’annonce de nouvelles mesures de la part de la Banque d’Angleterre et de la BCE et malgré de nouvelles dégradations de l’Italie et de l’Espagne. La première a relevé le plafond d’achat d’obligations de 200 à 275 milliards de livres sterling. La BCE n’a pas bougé ses taux (attendu) mais a annoncé un programme de rachat de covered bonds ainsi que la réintroduction de prêts à un an à l’attention des banques. Les discussions entre la France et l’Allemagne sur un plan de recapitalisation des banques européennes ont bien avancé durant le week-end. Continue reading

Valorisation des actions européennes: toujours plus bas

Deux tableaux pour illustrer la situation des marchés européens: les niveaux de valorisation: P/E 2012 de 8,5x pour le Stoxx 600 et 9,2x hors financières, pour une croissance bénéficiaire de 11% (8% hors financières) et un rendement du dividende de 5% (4,8% hors financières). Clairement, il y a des anomalies de valorisation, mais, comme c’est le cas depuis plusieurs mois maintenant, cela a peu d’importance. Les investisseurs attendent des signaux plus encourageants sur le traitement de la dette publique en zone euro (notamment) et des statistiques macro un peu meilleures pour revenir sur les actifs risqués. Pour l’heure, rien ne les incite à le faire. Les détails par secteurs sont également intéressants… Continue reading

Prime de risque record sur les actions allemandes, japonaises et singapouriennes

Les primes de risque actions sont reparties à la hausse et se rapprochent des précédents records observés lors du krach de 2008-2009: logique, au vu des craintes des investisseurs au regard du risque de récession économique, de mauvaise gestion de la dette publique dans les pays développés et du ralentissement de la croissance dans les pays émergents. Aux Etats-Unis, on se situe actuellement à 6,1%; en Europe à 6,4% et au Japon à 5,1%. Continue reading

Croissance, stagnation, récession: ce que « price » le marché

One way to understand what the market is pricing in is to compare the European 12m forward P/E to year-on-year US GDP. The chart below suggests that current multiples partially price in a c.50% probability of recession. Indeed, if we were to give a probability to our above scenarios (50% central scenario, 30% mild recession and 20% depression), we would obtain a DJ Stoxx very close to the current level.

Croissance, stagnation, récession: scénarios pour les actions européennes

SG a publié il y a 2 jours une étude assez fouillée de test de résistance sur les actions européennes. Si le scénario central prévoit une croissance des bénéfices en 2012 comprise entre 5% (top-down) et 11% (bottom-up), 2 scénarios alternatifs ont été étudiés: une récession « modérée » (croissance du PIB mondial de 2% l’an prochain) et une dépression (PIB mondial +0% en 2012). Résultats: les bénéfices des entreprises chuteraient de 25% à 40% en 2012 (par rapport à 2011). Si le scénario central de SG table sur un rebond de 27% de l’indice DJ Stoxx 600 l’an prochain, les scénarios alternatifs se traduiraient par une baisse comprise entre 15% et 30% (scénario également envisagé par l’économiste en chef d’UBS WM). Continue reading

Un monde sans croissance, aux mains des politiques…

La situation de l’économie mondiale n’est pas vraiment réjouissante lorsqu’on écoute l’analyse qu’en fait Andreas Hoefert, économiste en chef d’UBS Wealth Management. Mais elle a au moins le mérite de bien cerner les problèmes et défis que les dirigeants politiques vont devoir affronter dans les prochaines années.

En gros, le monde est coupé en deux. La moitié « développée » de l’économie mondiale est en quasi-récession. Elle doit gérer un long processus de désendettement qui a démarré avec la crise de 2007 et devrait durer au moins jusqu’en 2015.

L’économie américaine est enfermée dans une trappe à liquidités et devrait connaître une croissance molle pendant de nombreuses années – un scénario du « new normal » confirmé dans le dernier commentaire macro de PIMCO. Les efforts désespérés de la Fed pour réamorcer la pompe sont inefficaces. Les plans de relance se succèdent mais ne permettent pas à l’économie de retrouver une trajectoire de croissance plus rapide (1% au premier semestre). Dans ce contexte, la probabilité de récession est aujourd’hui remontée vers 30-40%. Cette situation perdurera tant que les ménages américains n’auront pas assaini leur bilan et que les banques n’auront pas retrouvé des marges de manoeuvre financières. De ce point de vue, ce qui se passe en Europe est autant préoccupant pour les banques européennes qu’américaines, ce qui explique que la situation européenne est suivie de très près outre-Atlantique.

En Europe, la perspective d’un défaut grec se confirme jour après jour (Hoefert l’appréhende d’ici mars 2012). Une dépréciation de l’ordre de 65%-75% des titres de dette grecque est à envisager. La question est de savoir si l’onde de choc de ce défaut sera maîtrisé (pas de contagion aux dettes espagnole, italienne, voire française ou belge). La seule solution crédible pour l’heure est que la BCE continue d’acheter des titres d’emprunt d’Etat pour maintenir les taux bas et éviter un effet boule de neige sur la dette.

Le problème est que la répartition de la dette grecque est une source de problème: une grande partie réside dans les bilans des banques grecques, qui devront être recapitalisées en cas de défaut; l’autre partie est détenue par des intervenants de court terme qui pourraient être pris de panique. Enfin, l’exposition des CDS à la Grèce et autres pays souverains à risque est peu connue et pourrait être un mécanisme de propagation d’une crise systémique plus large si la crise est mal gérée par les politiques. Car c’est bien eux qui tiennent la clef du problème et il n’est pas sûr qu’ils agissent en ayant bien conscience de leur rôle.

Pour A. Hoefert, le plan allemand et l’annonce d’une nécessaire recapitalisation de 200 milliards d’euros (selon le FMI) des banques européennes pourraient redonner un peu d’espoir. Encore faut-il que Mme Merkel dispose de soutiens politiques dans son pays.

Une dislocation de la zone euro ne semble pas envisageable. En revanche, une plus grande coordination des politiques fiscales est plus que nécessaire.

Reste l’autre moitié de l’économie mondiale. Les pays dits « émergents » ont une situation financière saine et sont en train de régler leurs problèmes d’inflation. L’inconnue porte sur la capacité à gérer la transition d’un modèle de développement à un autre (cas de la Chine, que cette dernière est en train de gérer en annonçant une convertibilité plus flexible du yuan d’ici 2015).

Bref, si le temps des marchés n’est pas celui de la politique, les gouvernants ont aujourd’hui une sérieuse responsabilité dans la gestion de la crise actuelle.

En termes d’allocation, UBS WM est sous-exposé aux dettes souveraines (US, Europe), aux devises telles que le dollar US, l’euro, le franc suisse (encore surévalué à 1,20 quand son prix d’équilibre est plutôt à 1,40).

L’allocation est prudente donc exposée au crédit d’entreprise, au crédit à haut rendement, aux actions non cycliques, à l’or et aux devises comme le dollar canadien, les devises scandinaves, et de certaines devises du sud-est asiatique.