David Einhorn suggère à Verizon de racheter Vodafone

Beaucoup d’idées d’investissement évoquées dans la dernière lettre de Greenlight Capital. David Einhorn revient tout d’abord sur des performances décevantes (-4,9% net au 4è trimestre) et un rendement net total de 7,9% en 2012. Le gérant évoque les cas de General Motors et développe une longue thèse sur l’intérêt d’un rachat de Vodafone par Verizon, en espérant qu’un banquier d’affaires « qui a du temps libre » lira cette lettre. Lire la suite

Arkema : la spéculation fait long feu

« Notre volonté est de rester indépendant ». Par ces quelques mots, Thierry le Hénaff, PDG d’Arkema, a mis fin à la poussée de spéculation qui entourait son titre la semaine dernière. L’envolée du titre a néanmoins permis de montrer que le marché appréciait sans doute mal la valeur intrinsèque du groupe chimique. Lire la suite

Le marché ne comprend pas Apple – Greenlight Capital

« Il y a une grande différence entre savoir et comprendre: vous pouvez savoir beaucoup de choses, mais ne pas vraiment les comprendre ». C’est sur cet aphorisme de l’américain Charles F. Kettering que se conclut la lettre aux investisseurs de Greenlight Capital, la société de gestion de David Einhorn. Cette lettre comprend notamment un long développement sur le cas Apple, que Greenlight détient en portefeuille tout en estimant que les investisseurs en général n’ont pas compris la valeur de cette entreprise. Lire la suite

David Einhorn (Greenlight Capital) « shorte » la France

Lors de la conférence Ira Sohn qui s’est déroulée hier à New York, David Einhorn a indiqué qu’il shortait la France, selon le site Marketfolly. Les raisons? L’exposition à l’Italie et à l’Espagne. Et la possibilité que la France fasse défaut sur sa dette et qu’elle retourne au franc…  Lire la suite

Interviews de David Einhorn

Le blog Deal Journal, du Wall Street Journal, a publié un entretien avec David Einhorn, fondateur et président de Greenlight Capital, avec ce titre: « Is David Einhorn the Conscience of Wall Street ?« . L’entretien porte sur la réédition de son livre, Fooling Some of the People All the Time, qui raconte les manquements des autorités de régulation et des principales institutions financières en matière de protection de l’épargne publique. Lire la suite

Dette publique = subprime

A première vue, la comparaison entre dette publique et subprime peut sembler osée. Et pourtant… Rappelez-vous: les subprimes, ces prêts immobiliers accordés à des foyers ayant un risque de crédit élevé et une faible capacité de remboursement. Des produits réemballés par les banques d’affaires et revendus à des investisseurs du monde entier sous forme de produits structurés (CDO) notés triple-A.

Quelle différence avec des titres d’emprunts étatiques, notés eux aussi triple-A ? Du point de vue des marchés financiers, aucune, lorsque la capacité de remboursement de ces Etats est faible ou ne repose pas sur une économie suffisamment solide ou compétitive.

Cette comparaison audacieuse a été présentée la semaine dernière par David Einhorn, fondateur du fonds spéculatif Greenlight Capital, lors de l’édition 2010 de la conférence Ira Sohn à New York. [Pour ceux qui ne le connaissent pas, Einhorn s’est notamment illustré pour avoir vendu à découvert l’action Lehman Brothers au printemps 2008, peu de temps avant la faillite de la firme, mais ce n’est pas son seul « fait d’arme ».]

Faisant cette comparaison devant l’un des conseillers économiques du Président Obama, Einhorn s’est vu rétorquer que la différence entre un crédit subprime ou une institution financière et un Etat est que ce dernier peut imprimer la monnaie. Une réponse qui « n’inspire pas confiance », souligne le gérant de fonds.

Selon Einhorn, le problème est que les dirigeants politiques sont tellement focalisés sur le court terme qu’ils ne se préoccupent pas du long terme, d’où l’idée répandue que les problèmes de déficits et de dettes publics aujourd’hui pèseront surtout sur les épaules des générations futures… Il n’y croit pas trop. Après avoir exposé la dérive de l’emploi public aux Etats-Unis, Einhorn écrit:

« La question que l’on peut se poser est la suivante : combien de temps peut-on continuer à vivre ainsi sans changer de direction et provoquer une crise? La réponse est de deux ordres : primo, combien de temps les marchés financiers vont-ils continuer à financer des emprunts gouvernementaux qui peuvent être refinancés mais jamais remboursés dans des conditions raisonnables et secundo, combien de temps des obligations qui ne sont pas financées par des moyens fiscaux traditionnels le sont-elles par la monétisation des dettes publiques par les banques centrales – c’est-à-dire en imprimant de la monnaie. »

Dit autrement : « il apparaît que la réponse à la faillite de Lehman est d’utiliser tous les moyens nécessaires pour éviter un autre événement de type Lehman. » Une politique qui « transfère le risque du faible au fort – ou au moins au moins faible – créant les conditions d’une contagion des Etats « trop petits pour faire faillite » comme la Grèce aux « trop gros pour être sauvés » comme les pays membres du G7″.

Imprimer de la monnaie crée le risque d’une inflation galopante. Problème: aux Etats-Unis, la mesure de l’inflation a changé plusieurs fois en 35 ans et il n’est pas sûr que l’on mesure correctement aujourd’hui l’évolution réelle des prix. Ainsi, l’inflation serait aujourd’hui de 9% si l’on utilisait la méthode de calcul antérieure à 1980.

Une inflation faible justifie des taux d’intérêt faibles, et pousse les épargnants à investir dans des actifs risqués, alimentant des bulles d’actifs tout en créant l’illusion d’un effet de richesse. Les actions et l’immobilier en ont été l’illustration au court des 10 dernières années. Cette politique de faibles taux d’intérêt a un effet pervers : elle incite les banques à gagner facilement leur vie en jouant sur la pente de la courbe des taux, au détriment du financement de l’économie réelle. Elle donne également aux Etats l’illusion de pouvoir s’endetter à faible taux, avec le risque d’un mauvaise allocation de l’argent public dans des projets peu rentables.

Cette politique provoque un cycle vicieux : création de bulle, éclatement de la bulle, sauvetage du système financier par recours aux prêteurs en dernier ressort (Etats, banques centrales). La situation ne semble pas prête de changer. La crise de la dette grecque n’est peut-être que le signe de « l’éclatement de la bulle de dette publique », estime Einhorn. Face à ce risque l’investisseur maintient ses investissements dans l’or physique et dans quelques entreprises aurifères, comme African Barrick Gold.

Le discours de David Einhorn baptisé « Bonne nouvelle pour nos petits enfants » est disponible ici. Einhorn a également publié une tribune dans le New York Times, une tribune critiquée par certains, car allant dans le sens de ses positions prises en tant qu’investisseur.

Les comptes-rendus et autres présentations faites lors de la conférence Ira Sohn sont disponibles sur les blogs Market Folly et The Investment Linebacker. Merci à The Manual of Ideas pour avoir attiré notre attention sur ces sujets.