USD insensitive (so far) to Fed’s possible rate hike

According to UBS’strategists:

« Since our last FX Atlas in early July, market pricing for a December hike has risen from near zero to more than 50%, and US 10-year yields have risen nearly 30bp. Yet neither has been much help to the dollar, which remains locked in an extremely narrow range, and on a trade-weighted basis, is actually a bit weaker during this time. »

Later they write:

« We continue to see the dollar as having peaked on a trade-weighted basis versus DM currencies, the euro in particular. Fair value models indicate that the euro remains cheap, and with the growth gap between the US and Euro area shrinking, we continue to forecast a grind higher to our year-end target of 1.16. »

Greece: Time to Worry a Little or to Rejoy ?

Well, the markets are heading into panic mode, again. Brace yourself ! Lots of opportunities will probably arise, but wait a little, that dust settles down before chasing quality stocks at discounted prices, because right now, the market is still expensive and most quality stocks trade at a premium…

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New Tactical Navigator Tool from Nomura Says: « De-Risk »

Nomura recently issued a new tool called « Tactical Navigator » to help investor decide how much risk they should put in/redraw from their allocation. Currently, the message is: go hide yourself. Incidently, recent moves in financial markets says the same thing. YTD (only 10 days) performance for various asset classes show: MSCI World down 0.9%, 10Y Treasuries yield -24bp to 1.95% (!), gold up 2.7% to 1,216$/ounce and € down 2.1% against US$. Lire la suite

La BCE bientôt dans les pas de la Fed et de la BoJ ?

Source: Exane BNP Paribas

Source: Exane BNP Paribas

[cleeng_content id= »742030898″ description= »Plus d\’analyses et de commentaires à découvrir…  » price= »0.19″ t= »article » referral= »0.05″]Les économistes d’Exane BNP Paribas publient une note intéressante ce matin sur les effets de la politique de baisse du yen engagée par la Banque du Japon: l’expansion du bilan de la Banque du Japon a été efficace sur la parité du yen (-20% face à l’euro depuis le début de l’année – nota: cela explique aussi pourquoi certains pays européens, dont la France, peuvent emprunter à des taux si bas). Mais cela ne résoudra sans doute pas les problèmes de compétitivité sur le long terme (ces derniers relèvent plus de la qualité, de l’innovation et des savoir-faire, brefs de facteurs hors-coûts qui sont cruciaux pour permettre à une économie d’exporter davantage). Lire la suite

Eurozone: Chypre et l’Italie nous rappellent que la crise est loin d’être terminée – HSBC

HSBC a publié hier son étude trimestrielle sur la zone euro, sous la houlette de Janet Henry. La thèse de l’étude est d’expliquer que les problèmes de fond au plan macro-économique de la zone euro sont toujours bien présentés, comme l’ont rappelé les événements de Chypre et les élections italiennes (qui n’a toujours pas de gouvernement). Lire la suite

Le cycle infernal de la crise de la dette en zone euro

Source: Morgan Stanley

Source: Morgan Stanley

Les économistes et stratégistes de Morgan Stanley ont publié un document intéressant résumant leurs vues sur les perspectives pour les différentes classes d’actifs et l’économie européenne après les élections italiennes de la semaine dernière. La situation d’incertitude politique en Italie n’est pas un phénomène nouveau et s’inscrit dans le cycle décrit graphiquement ci-dessus (baptisé « CRIC »). La meilleure stratégie à adopter dans ce contexte porte sur la recherche d’asymmétries dans le marché.

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Plongeon des Bourses européennes: c’est la faute aux électeurs!

Certains observateurs n’y vont pas par quatre chemins (ou n’ont pas peur du ridicule) en mettant en cause les électeurs dans la correction observée sur les marchés financiers depuis quelques heures. Illustration avec le stratégiste devise de Citi, Steven Englander (passages en gras surlignés par moi – h/t Zerohedge): Lire la suite

Actionaria: ce que l’on a dit de 2013

Pour ceux qui n’auront pu venir sur le salon Actionaria, un petit compte-rendu de la conférence sur les perspectives des marchés financiers en 2013, avec les mêmes intervenant que l’an dernier. Lire la suite

Un plaza pour l’euro ou la dévaluation, seule sortie de crise possible – RichesFlores Research

Véronique Riches-Flores, économiste fondatrice du cabinet de conseil en gestion de portefeuille RichesFlores Research, a publié hier un papier très intéressant sur les pistes de sortie de crise pour la zone euro. L’idée centrale est qu’imposer le modèle allemand à l’ensemble de ses partenaires économiques serait une erreur grave et conduirait à l’échec. La France, par exemple, doit certes abaisser le coût du travail, mais elle doit le faire sans passer par un transfert de charges (cela risquerait d’affaiblir le principal moteur de sa croissance – la demande des ménages). La seule piste restante pour une sortie de crise – à défaut d’un choc de productivité – est une dévaluation de l’euro, à l’instar des accords du Plaza de 1985, qui avaient acté la dépréciation du dollar pour relancer l’économie américaine. La papier est à lire sur son blog.

QE3, OMT: le dollar reste sous pression – JPMorgan

L’action des banques centrales (Fed, BCE) pour réduire le stress sur les marchés souverains et reflater le prix des actifs (physiques et financiers) a un impact négatif sur le dollar et crée un environnement compliqué pour les opérations de carry-trade, selon les analystes de JPMorgan. Lire la suite

Spirale infernale

Est-on arrivé à la limite des mécanisme d’aide aux banques mis en place par les différents gouvernements de la zone euro? C’est une des remarques intéressantes soulevées par les économistes de la banque privée Lombard Odier Darier Hentsch dans une brève note diffusée ce matin. Avec cette conclusion: la BCE va devoir agir massivement car elle est la seule à disposer des ressources suffisantes pour sortir la zone euro des difficultés actuelles (ce que l’on sait depuis belle lurette).  Lire la suite

Revue des marchés

Performance hebdomadaire au 6 janvier 2012

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Revue des marchés

Performance hebdomadaire (18 Nov 2011)

Revue des marchés

Weekly Performance (14 Oct 2011)

Principaux événements
Les marchés ont connu une semaine de rebond, alimenté par un regain de spéculation sur la résolution de la crise de la dette en zone euro et la publication de statistiques américaines encourageantes sur les ventes au détail au mois de septembre (+1,1%). Le S&P 500 s’est rapproché du plus haut atteint avant la dégradation de la note de crédit des Etats-Unis, le 5 août dernier.
Malgré un rebond plus significatif sur la semaine, les actions européennes perdent toujours 18% par rapport au plus haut du 17 février, plombées par les incertitudes liées à un probable défaut de la Grèce. Les séances en Europe ont été mouvementées entre le démantèlement de la banque franco-belge Dexia; la nouvelle la plus importante a été l’accord entre Merkel et Sarkozy (ou « Merkozy ») sur une vision « commune » pour résoudre la crise de la dette. Cette perspective a en tout cas profité à l’euro, qui a continué son mouvement de hausse face au dollar.
L’indice MSCI Asie-Pacifique a affiché l’un des rebonds les plus significatifs, aidé par les nouvelles en provenance d’Europe et des Etats-Unis et par l’annonce que l’Etat chinois était en train d’acheter des actions des principales banques du pays. Les derniers chiffres de l’inflation en Chine sont restés à un niveau élevé (+6,1%) tandis que la croissance du crédit a sensiblement ralentit.
Les investisseurs sont donc revenus en mode « risk-on », comme le montre l’évolution des indices de volatilité. ce qui a profité non seulement aux actions, mais également aux matières premières. Le baril de pétrole a retrouvé un plus haut de 3 semaines (86.80$ pour le WTI coté à New-York; 114.68$ pour le Brent coté à Londres). Depuis le début du mois, le pétrole affiche la plus meilleure performance au sein des matières premières, devançant les produits agricoles (« softs » et « grains »), les métaux industriels et les métaux précieux.
La baisse de l’aversion au risque s’est également traduite par une remontée des rendements des obligations: +22 points pour le 30 ans US, +17 points pour le 10 ans. Derrière cette hausse, l’espoir d’une résolution plus rapide de la crise de la dette et des statistiques américaines supérieures aux attentes (ventes de détail, emploi). La publication des minutes de la Fed, le 12 octobre, a par ailleurs montré d’intenses débats au sein du comité de politique monétaire pour soutenir l’économie américaine.
Principales questions
Une question domine: cette hausse est-elle durable ? Le marché est-t-il vraiment engagé dans un rally haussier depuis le point bas du 4 octobre comme le soulignent certains observateurs ? Le rebond prend des proportions impressionnantes, sans qu’aucune véritable nouvelle fondamentale ne soit apparue (en dehors de quelques statistiques un peu plus encourageantes et des premières publications de résultats trimestriels aux Etats-Unis). Ceci devrait inciter à une certaine prudence. Si les packages d’aide à la Grèce, les moyens et modalités d’intervention du FESF sont jugés incomplets, ou si telle ou telle statistique montre de nouveau un affaiblissement de la croissance économique et relance le débat sur le risque de retour en récession dans les pays développés, les marchés pourraient corriger de plus belle.
La saison des publications des résultats du 3è trimestre vient tout juste de commencer. Aux Etats-Unis, sur les 37 sociétés du S&P 500 ayant publié leurs résultats, 70% ont dépassé les attentes du marché, selon ThomsonReuters. Au cours de la prochaine semaine, 96 sociétés publieront leurs comptes du 3è trimestre, parmi lesquelles Southwest AirlinesTextronHalliburtonCitigroupBank of AmericaAppleYahoo!Coca-Cola,MicrosoftGeneral ElectricMcDonaldsAT&TAutonationHarley-DavidsonMorgan StanleyGoldman Sachs ou Noble Corp. En l’état, le consensus du marché prévoit une hausse de 12,4% des bénéfices au 3è trimestre (les analystes tablaient sur une hausse de 17% sur ce trimestre au 1er juillet-le principal facteur de la baisse ayant joué dans le secteur bancaire). Au cours actuel, l’indice S&P 500 se traite sur la base d’un multiple de bénéfice de 11,3x (12 months forward), ce qui ne traduit pas de surévaluation ni de sous-évaluation du marché actions américain.

Un monde sans croissance, aux mains des politiques…

La situation de l’économie mondiale n’est pas vraiment réjouissante lorsqu’on écoute l’analyse qu’en fait Andreas Hoefert, économiste en chef d’UBS Wealth Management. Mais elle a au moins le mérite de bien cerner les problèmes et défis que les dirigeants politiques vont devoir affronter dans les prochaines années.

En gros, le monde est coupé en deux. La moitié « développée » de l’économie mondiale est en quasi-récession. Elle doit gérer un long processus de désendettement qui a démarré avec la crise de 2007 et devrait durer au moins jusqu’en 2015.

L’économie américaine est enfermée dans une trappe à liquidités et devrait connaître une croissance molle pendant de nombreuses années – un scénario du « new normal » confirmé dans le dernier commentaire macro de PIMCO. Les efforts désespérés de la Fed pour réamorcer la pompe sont inefficaces. Les plans de relance se succèdent mais ne permettent pas à l’économie de retrouver une trajectoire de croissance plus rapide (1% au premier semestre). Dans ce contexte, la probabilité de récession est aujourd’hui remontée vers 30-40%. Cette situation perdurera tant que les ménages américains n’auront pas assaini leur bilan et que les banques n’auront pas retrouvé des marges de manoeuvre financières. De ce point de vue, ce qui se passe en Europe est autant préoccupant pour les banques européennes qu’américaines, ce qui explique que la situation européenne est suivie de très près outre-Atlantique.

En Europe, la perspective d’un défaut grec se confirme jour après jour (Hoefert l’appréhende d’ici mars 2012). Une dépréciation de l’ordre de 65%-75% des titres de dette grecque est à envisager. La question est de savoir si l’onde de choc de ce défaut sera maîtrisé (pas de contagion aux dettes espagnole, italienne, voire française ou belge). La seule solution crédible pour l’heure est que la BCE continue d’acheter des titres d’emprunt d’Etat pour maintenir les taux bas et éviter un effet boule de neige sur la dette.

Le problème est que la répartition de la dette grecque est une source de problème: une grande partie réside dans les bilans des banques grecques, qui devront être recapitalisées en cas de défaut; l’autre partie est détenue par des intervenants de court terme qui pourraient être pris de panique. Enfin, l’exposition des CDS à la Grèce et autres pays souverains à risque est peu connue et pourrait être un mécanisme de propagation d’une crise systémique plus large si la crise est mal gérée par les politiques. Car c’est bien eux qui tiennent la clef du problème et il n’est pas sûr qu’ils agissent en ayant bien conscience de leur rôle.

Pour A. Hoefert, le plan allemand et l’annonce d’une nécessaire recapitalisation de 200 milliards d’euros (selon le FMI) des banques européennes pourraient redonner un peu d’espoir. Encore faut-il que Mme Merkel dispose de soutiens politiques dans son pays.

Une dislocation de la zone euro ne semble pas envisageable. En revanche, une plus grande coordination des politiques fiscales est plus que nécessaire.

Reste l’autre moitié de l’économie mondiale. Les pays dits « émergents » ont une situation financière saine et sont en train de régler leurs problèmes d’inflation. L’inconnue porte sur la capacité à gérer la transition d’un modèle de développement à un autre (cas de la Chine, que cette dernière est en train de gérer en annonçant une convertibilité plus flexible du yuan d’ici 2015).

Bref, si le temps des marchés n’est pas celui de la politique, les gouvernants ont aujourd’hui une sérieuse responsabilité dans la gestion de la crise actuelle.

En termes d’allocation, UBS WM est sous-exposé aux dettes souveraines (US, Europe), aux devises telles que le dollar US, l’euro, le franc suisse (encore surévalué à 1,20 quand son prix d’équilibre est plutôt à 1,40).

L’allocation est prudente donc exposée au crédit d’entreprise, au crédit à haut rendement, aux actions non cycliques, à l’or et aux devises comme le dollar canadien, les devises scandinaves, et de certaines devises du sud-est asiatique.

Ironie de l’histoire

L’accord des Européens pour modifier le traité de Lisbonne et « graver dans le marbre » un mécanisme de défense de l’euro, annoncé ce jeudi va constituer un test pour l’Europe, avec la séance boursière de vendredi. Mais c’est aussi un triste signe pour l’Europe. La finance était sensée être au service du politique. La crise de la dette et les atermoiements des dirigeants européens montrent que c’est l’inverse qui se produit aujourd’hui. Lire la suite

1.000 milliards pour sauver la zone euro

Willem Buiter, chef économiste de Citi, publie ce matin un point de vue dans le Wall Street Journal intitulé « Three Steps to Survival for Euro Zone« . L’article tente de montrer que les sources de financement actuellement mises en place pour traiter le problème de la dette publique dans la zone euro sont limitées. Lire la suite

L’Europe attend toujours une « réponse institutionnelle forte » (Amundi)

Malgré leurs déclarations rassurantes sur la taille suffisante du fonds de stabilité européen, destiné à pallier le manque de financement des Etats européens, les investisseurs continuent de douter de la volonté politique d’agir collectivement au sein de la zone euro pour traiter une fois pour toute le problème de dette. Une note intéressante d’Amundi sur la crise la dette en zone euro fait la synthèse des débats actuels. A lire en page 2. Lire la suite

Quand Helmut Schmidt tacle ses compatriotes

Le Monde a publié un entretien d’Helmut Schmidt, chancelier allemand entre 1974 et 1982, réalisé par David Marsh de l’organisation OMFIF.org (Official Monetary and Financial Institutions Forum), dans lequel Schmidt tacle allègrement ses compatriotes Angela Merkel, Wolfgang Schäuble et Hans Tietmeyer (ancien patron de la Bundesbank ou « Buba »). Extraits… Lire la suite

Un message pour Angie

La crise de la dette de la zone euro est loin d’être réglée. Ce qui manque aux Européens, c’est un mécanisme qui permette de faire disparaître la spéculation et les attaques qui font grimper les taux d’emprunts demandés par les marchés à certains Etats de la zone euro (ceux qui dépendent fortement de la demande internationale). Lire la suite

Deuxième crise majeure pour l’Union européenne

La crise des monnaies au début des années 1990 avait donné naissance à l’euro. La crise actuelle permettra-t-elle la mise en place d’une union budgétaire et d’une politique budgétaire unique ? Derrière les crises successives de la dette grecque, puis irlandaise, c’est l’absence de solidarité au sein de l’Union européenne que les marchés attaquent (comme évoqué dernièrement par l’un des stratèges de JPMorgan). Lire la suite

L’euro moins shorté, l’or recherché

Les hedge funds continuent de renforcer leur position longue sur l’or (nous en avons parlé récemment), selon le suivi régulier des positions des sociétés de gestion alternative réalisé par la Société Générale. Les principaux mouvements repérés sont les suivants:

  • sur les actions, neutralisation des positions sur le Nasdaq, maintien de positions légèrement short sur le S&P 500; positions longues sur l’indice Nikkei;
  • prises de bénéfices sur les positions longues en dollars;
  • réduction des positions short sur les obligations à 10 et 30 ans;
  • positions longues sur le pétrole et l’or. « L’or a confirmé son statut de valeur refuge de dernier recours », écrivent les spécialistes de la SG (graphique).

Risque, taux sans risque et dette publique

Les dogmes tombent. La crise de la dette publique remet aujourd’hui en question l’un des fondements de la théorie financière – le taux sans risque – et menace les modèles de valorisation des actifs risqués dans certains pays.

De quoi s’agit-il ? Qu’entend-on par risque et taux sans risque ? Aswath Damodaran, professeur de finance à la New York Stern School of Business, propose la définition suivante dans son ouvrage, Investment Valuation (2nd edition):

« Le risque renvoie à la probabilité de recevoir un retour sur un investissement qui est différent de ce lui que nous espérons réaliser. »

Ce « retour sur investissement », différent du rendement attendu, peut être positif ou négatif. Il est appréhendé par l’usage de probabilités. En fait, toute la finance moderne s’appuie sur une mesure du risque calculée à partir de la variance et de l’écart-type (« standard deviation » en anglais) d’une distribution de résultats autour d’un rendement anticipé. En achetant un actif, on ne sait pas avec certitude quel rendement il offrira.

Dans ces conditions, un investissement sans risque aura deux caractéristiques: tout d’abord, l’actif considéré n’a aucun risque de défaut; ensuite, pour qu’il n’y ait pas d’écart entre le taux de rendement anticipé et le taux de rendement effectif, il faut qu’il n’y ait pas de « risque de réinvestissement ». Or cette dernière condition est difficile à satisfaire, car le taux de rendement d’un bon du Trésor arrivé à maturité et réinvesti évolue dans le temps.

Damodaran trouve le compromis suivant, qui est utilisé par tous les financiers de la planète: « Lorsque l’on réalise l’analyse d’un projet d’investissement de long-terme, le taux sans risque devrait être le taux d’intérêt servi par un titre d’emprunt d’Etat de long terme. »

Mais avec la crise de la dette et la dérive des finances publiques dans de nombreux pays, les investisseurs remettent en question cette notion, notamment pour les pays qui dépendent en grande partie des marchés financiers pour financer leur déficit (nota: le Japon, malgré un taux d’endettement de 200%, est peu menancé car le déficit est financé par l’épargne locale).

Le taux sans risque est-il assimilable au taux des emprunts d’Etats ? « Oui, mais pas n’importe quels Etats », ont souligné lundi les experts d’AXA Investment Managers. La crise de la zone euro a révélé que le risque de défaut de certains Etats n’est pas nul.

Cette assertion, si elle se confirme durablement sur les marches financiers, risque de mettre à mal les modèles de valorisation de certains actifs risques (actions en tête) dans les pays dont les finances publiques sont jugées trop fragiles. L’ajustement de la prime de risque des actions (autre variable clef dans le calcul d’un taux d’actualisation des flux de trésorerie futurs, pilier de la valorisation d’une entreprise par la Bourse) ne suffirait donc plus. Les investisseurs se retrouveraient donc sans boussole.

Derrière cette problématique d’obsolescence de leur boîte à outils, les responsables d’AXA IM, mais également ceux d’autres grands gestionnaires d’actifs (notamment PIMCO), estiment que les investisseurs vivent une période d’incertitude dans laquelle vont peut-être émerger de nouvelles règles ainsi qu’un nouveau régime de croissance. Les dirigeants de PIMCO parlent depuis plus d’un an maintenant d’une « nouvelle norme » (« New Normal« ), caractérisée par une croissance potentielle plus faible. Le monde est passé du G7 au G20, les mécanismes de coordination des politiques doivent s’adapter et après la coordination des politiques monétaires, c’est celle des politiques budgétaires qui semble aujourd’hui la priorité… Pour l’heure, elle tarde à émerger comme un enjeu de compromis et de consensus à l’échelle européenne.

Nouveau stress sur le marché interbancaire

La faillite de Lehman Brothers avait porté à des niveaux rarement vus le stress sur les marchés financiers. La gestion de la crise de la dette publique en Europe est en train de faire de même. Au-delà des atermoiements de l’Europe sur la gestion de la dette publique, sont réapparus des thèmes guère réjouissants aux yeux des investisseurs, notamment celui de la déflation, qui avait pourtant disparu des écrans radars il y a quelques mois à peine. Une « disparition » qui n’en est pas une. Avec des taux d’inflation durablement faible, voire négatifs dans certains pays, l’idée d’un scénario de déflation à la japonaise pour l’Europe reste présente à l’esprit de plusieurs investisseurs.

Benjamin Melman, directeur de l’allocation d’actifs et de la gestion quantitative de Edmond de Rothschild Investment Managers faisait un point ce matin sur le sujet.

« Il y a deux sujets d’incertitude à l’heure actuelle: 1) la gouvernance européenne (il y a une volonté politique pour que l’euro n’implose pas, mais des questions demeurent: quel euro ? Est-ce que l’euro est intangible ? Quel niveau de solidarité entre pays membres de l’Union et quelles contreparties à la solidarité entre pays ? Ce sont des sujets structurels qui n’auront de réponse immédiate); 2) la situation macro-économique: la reprise économique est-elle solidement assise ou y a-t-il des fragilités ? La menace de déflation est-elle écartée ? L’Europe aurait besoin d’afficher une coordination des plans de rigueur, tous les pays n’étant pas logés à la même enseigne dans ce domaine. »

Cette idée de coordination est intéressante, car elle permettrait de combler une lacune de l’Europe économique: l’absence de politique budgétaire commune. Les pays ayant une situation économique solide, l’Allemagne et certains pays nordiques, pourraient en effet se permettre de financer un plan de relance, tandis que les pays les plus endettés se focaliserait sur l’assainissement des finances publiques. Cela aurait deux avantages: montrer la cohérence de l’approche européenne et crédibiliser l’union au moment où sa monnaie est attaquée.

Si cela n’est pas fait rapidement, le stress sur les marchés risque de s’amplifier. La situation du marché interbancaire est particulièrement préoccupante comme le montrent l’évolution du swap spreads 2 ans-10 ans en Europe ou le spread OIS-BOR 3 mois aux Etats-Unis. Ce dernier a plus que doublé en l’espace d’un mois, passant de 30 à 70 points de base.

Ce stress a une traduction: un mouvement de fuite vers la qualité caractéristique des périodes où les investisseurs cherchent à tout prix à se mettre à l’abri (illustration tirée d’une note de la Société Générale).

Dans un tel environnement, même si les actions ont fortement chuté, la volatilité et les primes de risque sont remontées à des niveaux tels que cette classe d’actifs semble toujours risquée.

L’euro et les « hedge »

La chute de l’euro par rapport au dollar a des raisons fondamentales: décalage de croissance entre les Etats-Unis, qui sortent de récession plus vite que l’Europe, politique budgétaire unique (encore en débat de ce côté de l’Atlantique) et bien sûr la crise de la dette publique (qui n’est qu’une illustration du déficit de compétitivité de nombreux pays européens, hors Allemagne).

Les experts de la Société Générale apportent des éléments factuels sur un autre sujet, souvent évoqués par les médias, mais qui est rarement illustrés: la position short des hedge funds (page 5/12 et 9/12 pour avoir un regard sur plus longue période). Un regard différent sur l’évolution des devises, mais qui apporte un éclairage bien utile. Bonne lecture.

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Un stress test pour les Etats européens

La Grèce est dans la panade, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie pourraient suivre, et pourtant c’est toute la planète finance qui tremble (avec, quelle surprise, une vague de panique à Wall Street…). A voir la chute des Bourses (un peu plus de 9% en 4 séances à Paris…), l’effet de contagion est bien réel et le mot d’ordre est partout le même: sauf qui peut les actifs risqués. Bizarrement, plus les pays veulent rassurer sur leur situation économique, plus les banques expliquent le montant de leur exposition, moins leurs discours ne rassurent.

Comme le souligne Dylan Grice, stratégiste à la Société Générale, la crise asiatique de 1997 vient nous rappeler qu’un pays a beau présenter un « bilan solide », il peut bien ne pas résister aux assauts du marché. Ce fut le cas à l’époque lorsque la crise, qui débuta en Thaïlande, affecta par effet de contagion les Philippines, l’Indonésie… puis la Corée du Sud, pourtant considérée comme à l’abri d’une chute de sa devise. La crise des subprime avait eu le même effet pour le secteur financier (en dehors de quelques banques au Canada ou en Asie).

Dans la zone euro, compte tenu d’une monnaie unique, les ajustements se font sur les CDS et les taux d’intérêt attribués par le marché à tel ou tel pays. Problème: un pays qui peut être considéré comme « solide » avec un taux d’intérêt de 4%, peut ne plus l’être avec un taux de 6% ou 8%. Ce qui arrive à la Grèce n’épargne de facto aucun autre pays de la zone euro, y compris la France.

Le niveau de déficit public n’a plus grande signification dans le débat actuel. C’est l’écart de déficit courant et le retard de compétitivité accumulé par le passé qui doit faire aujourd’hui l’objet d’un ajustement. Certains experts préconisent donc un traitement de choc (déflation pendant plusieurs années et contraction du PIB), voire une reconfiguration de la zone euro, pour procéder aux ajustements nécessaires.

Dans un tel contexte, les gouvernements seraient peut être inspirés de pratiquer un « test de résistance », à l’instar de ce qui a été appliqué à certaines banques en pleine tourmente financière aux Etats-Unis l’an dernier, et de préparer des trains de mesures adéquats pour ajuster le tir et retrouver à long terme leur compétitivité et une balance courante plus solide (la France fait partie de ces pays). S’ils ne le font pas rapidement, à coup sûr, ce seront les marchés financiers qui se chargeront de les forcer à agir.

Le DAX pour se protéger d’une baisse de l’euro

Face aux risques de contagion sur les marchés liés aux problématiques de dette souveraine (après la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie…), les stratégistes de la Société Générale recommandent de se protéger d’une baisse de l’euro contre le dollar en investissant sur le DAX, indice phare de la Bourse allemande. Pourquoi le DAX ? Parce que l’Allemagne est une économie solide, peu endettée et bien exposée à la reprise économique mondiale; parce que certains groupes allemands ont une forte exposition au marché américain et ont un profil plus cyclique, donc plus sensible à la reprise.

« Comme l’Allemagne représente 32,7% des exportations européennes vers les Etats-Unis et un tiers des entreprises composant le DAX réalisent plus de 15% de leurs ventes outre-Atlantique, les actions allemandes semblent offrir la meilleure visibilité dans une situation d’incertitude liée à l’évolution de la dette publique dans la zone euro. »

Parmi les valeurs favorites de la banque figurent des titres comme Fresenius Medical Care, SAP, Daimler ou BASF. Le tableau liste les valeurs ayant réalisé plus de 15% de leurs ventes aux US en 2008 (source: SG, Factset).

L’étude de SG conseille par ailleurs de rester neutre sur le secteur bancaire, qui reste en première ligne du risque souverain. Ce dernier pousse à la hausse les spreads de crédit et et pèse sur la performance du secteur.

Cher Paris

Paris serait devenu la ville la plus chère du monde, selon The Economist. Plus chère que Tokyo (mais beaucoup moins propre), Oslo, Londres, Sydney ou Francfort.Pour mémoire, l’Economist est également célèbre pour son Big-Mac Index, illustration imagée de la valeur relative des différentes devises sur la base de la parité de pouvoir d’achat. Selon cet indice, le yuan chinois est la devise la plus sous-évaluée par rapport au dollar. La couronne norvégienne est la plus surévaluée, devant le Franc suisse et… l’euro.