Un brin d’optimisme et quelques conseils utiles pour l’investisseur prudent

L’une des qualités des grands investisseurs est, outre leur historique de performance (ce fameux « track record »), leur capacité à étayer à partir de simples remarques pleines de bon sens de véritables leçons pour le reste des investisseurs, professionnels ou non. Lire la suite

Pessimisme ou réalisme?


Source: Jeremy Grantham, GMO Quarterly Letter, December 2011

« Scary! » non? Voici l’illustration des dernières réflexions de Jeremy Grantham, l’un des grands gérants d’actifs aux Etats-Unis, souvent cité sur ce blog (pour mémoire, il écrivait le 10 mars 2009 qu’il repassait massivement à l’achat sur les actions – un jour après le dernier « creux » des Bourses mondiales). Le papier date d’hier (h/t InvestmentNews). Pour ceux qui veulent lire tout le texte, il est ici. ET IL VAUT LE DETOUR. Lire la suite

7 règles de base de l’investisseur prudent

James Montier, ancien stratégiste chez Dresdner et Société Générale, aujourd’hui membre de l’équipe d’allocation d’actifs de GMO, vient de publier un nouvel article intitulé « The Seven Immutable Laws of Investing« . Une très bonne synthèse des règles de base de l’investisseur prudent, qui bien sûr reprend les grandes leçons de Benjamin Graham. Une lecture que je conseille à toute personne s’intéressant à la Bourse et souhaitant débuter dans la constitution et la gestion d’un portefeuille. Lire la suite

« New normal » et retour à la moyenne

James Montier, ancien stratège chez Dresdner et SG, fait aujourd’hui partie de l’équipe d’allocation d’actifs de GMO. Dans une note publiée le 22 décembre, Montier s’interroge sur la pertinence du « new normal » développé par le gérant obligataire PIMCO et estime que cette approche ne peut être appliquée en matière d’investissement. Lire la suite

GMO actualise ses prévisions à 7 ans

Le gestionnaire d’actifs GMO, l’un des rares à avoir annoncé publiquement au creux du marché de 2009 qu’il était temps d’acheter des actions, est aujourd’hui beaucoup plus prudent dans ses prévisions à 7 ans sur les perspectives de rentabilité des différentes classes d’actifs. Les meilleures opportunités de placement seraient aujourd’hui dans les actions internationales, les actions émergentes et… le bois (« timber »). En revanche, les obligations présentent au mieux un rendement quasi nul (0,3% pour les obligations émergentes), mais le plus souvent négatif. Dans sa présentation, GMO rappelle que le rendement historique des actions américaines est de 6,5%. Les fonds de pension et fonds mutuels vont devoir apprendre à vivre une période de rendements plus faibles.

Le document est disponible ici.

A lire: pour les amateurs d’investissement « value »

Pour les personnes qui s’intéressent à l’investissement « value », voici un entretien que je trouve intéressant avec James Montier, ancien stratégiste chez Dresdner puis à la Société Générale, aujourd’hui membre de l’équipe d’allocation d’actifs de GMO, dont j’ai parlé il y a peu.

L’entretien avec Montier a été réalisé et posté sur le blog Simoleonsense. Merci à Greenbackd (que j’ai découvert il y a quelques jours) pour la référence.

Je retiens ces 2 citations que je trouve plutôt justes (en VO non sous-titrée, désolé). La première porte sur les comptes pro-forma, qui, selon Montier, sont une façon de mentir des entreprises que gobent allègrement les investisseurs:

The best example of narrow framing that I can think of is the use of pro forma earnings. Think about what pro forma earnings mean….Essentially this is a company turning up and saying, hello I’m lying to you, these are the earnings I didn’t make, but I’d be jolly grateful if we could all just pretend I did. So what do our legions of analysts do, they don’t question the use of these made up numbers, they go and right up the press release, like some overpaid PR machine. Investors regularly fail to look through the way information is presented to them in this fashion.

La seconde concerne l’évaluation d’un titre par la méthode du DCF ou actualisation des flux de trésorerie en français. C’est une méthode fort utile, que j’utilise systématiquement (quand c’est possible) dans l’évaluation d’un titre. Mais il s’agit d’une « usine à gaz » au regard du nombre de paramètres et d’hypothèses utilisés. Donc à manier avec précaution. Montier propose un emploi intéressant du DCF:

In theory DCF is a great way of valuing a company (in fact, the only way). However, it’s implementation is riddled with pitfalls. With enough creativity a DCF can turn out any answer you like. So rather than try and combat this, I prefer to use reverse dcf. This effectively takes the market price, and backs out the growth that would be required to justify the current price. I can then compare that implied growth against a historical distribution of all company growth rates over time and see whether there is any chance of that growth actually being achieved.

Le choix d’un DCF renversé est également évoqué par Vitaly Katsenelson, gérant de portefeuille et auteur d’un excellent ouvrage, Active Value Inveting. Katsenelson explique ainsi page 133 de son livre:

The DCF model is a useful tool for measuring market expectations that are built into a stock’s valuation. By plugging different assumptions into the model and trying to equate the end result to the price of the stock, you should be able to gauge the assumptions that are priced into the stock by the market, and then evaluate the stock’s attractiveness based on achievability of the assumptions.

Comme tout bon outil, le DCF est utile, à condition de savoir s’en servir.

Les actions, plutôt que les obligations (GMO)

Quelles sont les classes d’actifs qui rapporteront le plus au cours des 7 prochaines années ? C’est cette question que se posent régulièrement les gérants de GMO. Cette société de gestion américaine (107 milliards de dollars d’actifs sous gestion au 31/12/2009) est dirigée entre autres par Jeremy Grantham, cofondateur de la société et célèbre gérant de fond, qui, au plus bas des marchés (10 mars 2009), expliquait qu’il valait mieux investir au regard de valorisations historiquement basses, plutôt que de conserver du cash et risquer de louper le rebond.

Un gérant également cité et suivi par de nombreux blogueurs, et référencé par Louis Lowenstein, dans The Investor’s Dilemma (John Wiley, 2008). Un ouvrage dont je recommande la lecture à toute personne qui envisage de confier son argent à des gérants de portefeuille.

GMO vient donc de publier ses dernières prévisions et selon cette société de gestion, il vaut mieux investir dans les actions que dans les obligations. Où précisément ?

GMO fait la part belle à 3 catégories d’actions : les actions américaines « de qualité » (« US High Quality »), les grandes capitalisations internationales, et les actions émergentes (quelle surprise ?!). Ces trois classes d’actifs seraient en mesure de rapporter plus que les 6,5% de rendement annuel des actions américaines sur longue période.

Chez GMO, la notion de qualité renvoie notamment à des perspectives solides de croissance de la rentabilité des fonds propres. A Wall Street, les gérants de GMO ont sélectionné des noms bien connus des investisseurs : Oracle, Microsoft, Johnson & Johnson, Wal-Mart Stores, Procter & Gamble, Pfizer, Coca-Cola, ExxonMobil, Cisco Systems, PepsiCo, Chevron, Merck, Google, IBM et Abbott Laboratories.

A l’international, le fonds « International Intrinsic Value » détient des actions de Glaxosmithkline, Royal Dutch Shell, Sanofi-Aventis, Novartis, AstraZeneca, ENI, Banco Santander, BNP Paribas, Nissan Motor, Total, Unicredit, Roche, Vodafone, ING ou Enel. Un fond très défensif et européen.

Dans la poche émergents, GMO est actionnaire de Petrobras, Samsung Electronics, Gazprom, Vale, Lukoil, Hon Hai Precision Industry, Posco, Sberbank, Mobile TeleSystems, Banco Bradesco, Rosneft, Turkiye Garanti Bankasi, Surgutneftegaz, China Mobile.

A noter que le fond US est beaucoup plus concentré que les fonds internationaux et émergents. Les rendements sont à aller chercher hors des Etats-Unis, mais la gestion du risque dans les portefeuilles est toujours présente…