Accor, bateau ivre ?

Avec l’éviction de son PDG (à deux jours de son AG), Accor plonge dans une nouvelle période d’incertitude. C’est à se demander si la présence d’Eurazeo et de Colony Capital, aux commandes du groupe hôtelier sans en avoir payé le prix, apporte quoi que ce soit de positif aux autres actionnaires minoritaires. Lire la suite

Accor: une éviction mal venue – Oddo

Selon la presse, Dennis Hennequin pourrait être évincé de la direction d’Accor, suite à des désaccords stratégiques avec les actionnaires de référence du groupe hôtelier – Eurazeo et Colony Capital. Oddo estime pourtant que la stratégie du PDG est la bonne et que cette nouvelle, si elle se confirmait, pourrait remettre en cause les décisions prises jusqu’ici. Un sentiment partagé par d’autres brokers. Lire la suite

Lagardère: la société s’appauvrit, son dirigeant s’enrichit (toujours)

Lagardère vient de publier son document de référence 2012: ses actionnaires seront « heureux » d’apprendre que leur groupe de médias, par ailleurs actionnaires de référence d’EADS, s’est appauvri l’an dernier. Mais son dirigeant, Arnaud Lagardère, a vu sa rémunération augmenter, pour atteindre un montant comparable à celle de George Plassat, patron de Carrefour. Lire la suite

Carrefour généreux avec son nouveau PDG et avec son board

On a du mal à comprendre, mais Carrefour a versé 2,7 millions d’euros – dont 1,54 de variable (!!?) – à George Plassat au titre de 2012 (il n’est aux commandes du distributeur que depuis avril). Son board s’est augmenté de 16% environ (dont +78% pour Sébastien Bazin, représentant de Colony Capital)… Et prime sur le gâteau, Lars Olofsson, dirigeant déchu touche une prime de 1,5 million d’euros pour non-concurrence (comme si après ses brillants résultats chez Carrefour un autre distributeur était tenté de le recruter…). Allez comprendre. On espère que les actionnaires minoritaires poseront des questions sur ces sujets lors de l’assemblée générale, prévue le 23 avril… Au fait, il y a biens des administrateurs indépendants chez Carrouf ?. A lire pages 108 à 111 du document de référence 2012. Lire la suite

Crédit Agricole: le board s’augmente de 13%

La crise n’a pas trop affecté les rémuérations des mandataires sociaux et des membres du conseil d’administration de Crédit Agricole: hausse de 13% des jetons de présence à 1,17M€ (on n’a pas calculé l’impact des entrées/sorties); baisse des salaires des dirigeants mandataires sociaux, mais maintien d’une rémunération variable pour Jean-Paul Chifflet (sans parler de copieux jetons de présence), Jean-Yves Hocher, Bruno de Laage, Michel Mathieu, sans parler de Xavier Musca (qui touche 40.800 euros de part variable sur un total de 377.261 euros – le pantouflage a du bon quand même!). Rappelons que Crédit Agricole a perdu 6,5 milliards d’euros l’an dernier. Ces dirigeants auraient pu aligner leur bonus sur celui de Jean-Marie Sander (soit 0 euro)… Tout cela est à lire dans le document de référence 2012 qui a été mis en ligne sur le site de l’AMF.

Air Liquide: le board s’augmente de 10%

Le conseil d’administration d’Air Liquide a augmenté d’un peu plus de 10% le montant des jetons de présence (dont un peu plus de 62% de hausse pour Thierry Peugeot par exemple), alors que les dirigeants du groupe n’ont vu leur salaire augmenter que d’un peu plus de 1% (ce qui est plutôt raisonnable). Lire la suite

Gemalto: hausse de 23% des jetons de présence pour le board

Les administrateurs de Gemalto ont vu leur rémunération en jetons de présence progresser de 23% à 949.113€ au titre de 2012 avec quelques hausses spectaculaires: Lire la suite

Rexel: 2013 à peine commencé, Provoost déjà augmenté

Rexel est particulièrement généreux avec ses dirigeants. Ainsi, l’année 2013 a-t-elle à peine commencé que son conseil de surveillance a décidé d’augmenter de 6% le salaire fixe du président du directoire, Rudy Provoost (de 800k€ à 850k€), auquel s’ajoute quelques menus services (un budget logement de 60k€/an, la prise en charge des honoraires d’un conseiller fiscal et pour la retraite, la mutuelle…). Lire la suite

Renault: 28% d’augmentation pour le Comité de Direction

En 2012, la rémunération du Comité de Direction de Renault (CDR) s’est établie à 15,67 millions d’euros contre 12,20 millions au titre de 2011 (soit +28%). Le CDR est composé de 27 membres. La part fixe atteint 9,36 millions d’euros, selon le document de référence disponible sur Internet. Lire la suite

8,5 M€ pour les dirigeants mandataires sociaux de BNP Paribas

Alors que chez Société Générale, on ne sait toujours pas quelle est la part variable de la rémunération des dirigeants mandataires sociaux, BNP Paribas annonce la coquette somme de 8,5 millions d’euros, dont une hausse de 42% pour Jean-Laurent Bonnafé (à 2,87 M€) et une baisse de 21% pour Baudoin Prot (à 1,7M€ – pour les fins de mois difficiles). Lire la suite

STMicroelectronics: encore un bonus pour Bozotti

Carlo Bozotti a vu sa rémunération baisser au titre de l’exercice 2012 (de 3,9 M$ à 2,51M$). Mais le PDG de STMicroelectronics a, malgré des résultats désastreux, empoché un bonus de 823.035$ au titre de sa gestion de l’entreprise… Etonnant non? Toutes nos félicications au board de l’entreprise qui, une fois de plus, vit sur une autre planète que le reste du monde. Lire la suite

La Société Générale prudente sur le salaire d’Oudéa et des dirigeants mandataires sociaux ?

Société Générale a mis en ligne son document de référence 2012. La partie concernant la rémunération des dirigeants du groupe (partie 5) comporte une inconnue: la part variable de la rémunération des dirigeants mandataires sociaux (Oudéa, Cabannes, Sammarcelli, Sanchez Incera). L’inconnue ne le sera pas longtemps:

« Les rémunérations variables des Directeurs Généraux délégués dues au titre de l’exercice 2012 seront arrêtées par le Conseil d’administration de mars 2013. Elles seront immédiatement publiées sur le site internet de Société Générale. » (page 119)

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Le board de Vinci généreux avec son PDG

Source: Vinci, document de référence 2012

Source: Vinci, document de référence 2012; salaires, ROPA et free cash flow en millions d’euros; Résultat par action et dividende en euros.

Vinci est beaucoup plus généreux avec son PDG qu’avec ses actionnaires ou ses salariés, si l’on en croit les données du document de référence 2012 (publié aujourd’hui). Xavier Huillard a vu sa rémunération totale augmenter de près de 4% (dont +8% pour la part variable). Les résultats financiers qui déterminent la part variable n’ont a priori pas de quoi éblouir (cf bas du tableau)…

Certes la masse salariale a augmenté de manière conséquente, mais les effectifs aussi, si bien que rapporté à chaque salarié, on n’est même pas à un rythme de progression comparable à l’inflation. On notera au passage la baisse de l’intéressement et de la participation….

Le dividende est lui stable à 1,77€/action, soit un rendement de 5% (plus que raisonnable).

Merci donc aux membres du comité des rémunérations: Robert Castaigne (ex-Total), François David (Coface), et Jean-Bernard Lévy – président du comité (Thales), qui ont fait preuve d’une belle générosité.

Alcatel-Lucent: la nomination de Combes plutôt bien vue

Chez Alcatel-Lucent, les changements de dirigeants sont souvent salués par la Bourse. C’est aujourd’hui le cas de Michel Combes dont la nomination est saluée par certains analystes : ce dirigeant apporte un « savoir-faire » en matière de restructurations et de cessions d’actifs, et une bonne connaissance des opérateurs de télécommunications… Reste à savoir s’il saura aussi remettre Alcatel-Lucent sur une stratégie de croissance rentable. Lire la suite

ArcelorMittal: le CEO et le board voient leur rémunération progresser en 2012

Si le groupe ArcelorMittal n’est pas au mieux au plan de sa santé financière, ses dirigeants et administrateurs se portent plutôt bien. Lire la suite

Natixis: la fin d’un modèle

Pour tenter de faire oublier un instant la gabegie boursière qu’a été Natixis depuis fin 2006, François Pérol et Laurent Mignon, patrons respectifs de BPCE et de Natixis (depuis 2009) ont choisi de rétrocéder quelques miettes aux actionnaires minoritaires. En opérant un changement radical de modèle, ils espérent une amélioration pérenne de la rentabilité de la banque – recentrée sur 3 métiers – ainsi qu’une revalorisation boursière. Mais celle-ci reste bien incertaine. Lire la suite

Thales: and the winners are…

Source: Thales

Source: Thales

Ils sont souriants, sérieux… Ils ont gagné leur ticket au comex de Thales, le groupe d’aéronautique et de défense, placé sous la direction de Jean-Bernard Lévy, un nouveau venu dans le secteur. Des changements « en douceur », comme ceux concernant l’organisation du groupe. Avec néanmoins un gagnant, Patrice Caine, si l’on en croit les commentaires de certains observateurs du secteur et le nombre de responsabilités qui lui sont attribuées. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent lire le décryptage de Michel Cabirol de La Tribune, publié en fin de semaine dernière.

ArcelorMittal n’est pas tendre avec ses minoritaires

Dépréciation d’actifs, augmentation de capital et émission d’obligation convertible… Les actionnaires minoritaires d’ArcelorMittal ont été particulièrement malmenés ces derniers temps par la famille Mittal. Ces annonces pourraient néanmoins être le prélude à une revalorisation du cours de Bourse du sidérurgiste. Lire la suite

Départ de Vigneron de Thales: un problème de forme plus que de fond

Un éclairage intéressant du départ de Luc Vigneron de la direction de Thales, remplacé par un novice du secteur de la défense – Jean-Bernard Lévy (ex-Vivendi), publié ce matin par Harald Liberge-Dondoux, chez CM-CIC Securities. Pour cet analyste, le départ de Luc Vigneron serait plus un problème de forme que de fond. Lire la suite

Peugeot : un échec familial

Depuis 10 ans, les difficultés récurrentes de l’entreprise PSA-Peugeot-Citroën ont coûté leur emploi à un nombre significatif de dirigeants et encore plus important de salariés (sans parler des effets indirects sur les sous-traitants). Pendant tout ce temps, on s’est rarement posé la question du rôle joué par la famille Peugeot dans la débâcle du deuxième constructeur automobile en Europe. Lire la suite

Apple va annoncer le versement d’un gros dividende ?

Difficile pour Apple de faire l’impasse sur les 98 milliards de dollars qui dorment en banque. Surtout lorsqu’on est la 1ère capitalisation boursière au monde. Le constructeur informatique a décidé d’en parler et a annoncé hier une conférence téléphonique avec son patron, Tim Cook, pour « divulguer les résultats de ses discussions au sujet de sa trésorerie ». Lire la suite

Départ houleux chez Goldman Sachs

Goldman Sachs fait encore la une des journaux, après la publication hier par l’un de ses anciens employés (Greg Smith, patron des produits dérivés sur actions en Europe et au Moyen-Orient) d’une tribune dans le New York Times. Ce dernier critique vertement le développement au sein de la banque d’affaires américaine d’une « culture (…) toxique et destructive » où l’intérêt des clients n’est plus la priorité (celle-ci serait de faire de l’argent sur le dos de ces derniers). Une tribune à laquelle les dirigeants de la banque ont immédiatement réagi. Lire la suite

Facebook: des dirigeants multi-millionnaires

Les dirigeants de Facebook sont assurés de faire fortune, à tel point que la directrice générale de l’entreprise, Sheryl Sandberg a demandé à ne recevoir qu’1 dollar en salaire à partir de 2013 (bien sûr il y a en face les stock-options – tableau ci-dessus – et les bonus en fonction des performances de la firme).

Carrefour: nouvelle tête, vieux problèmes

Rien ne change chez Carrefour, si ce n’est ses dirigeants. Le groupe de distribution a officialisé le prochain départ de Lars Olofsson, et son remplacement par Georges Plassat.  Le troisième changement de PDG en 4 ans. Dans la foulée, Pierre Bouchut quitte le groupe. Lire la suite

Publications de chiffre d’affaires/résultats – 30 janvier 2012

Carrefour: Changement de dirigeant

April: Chiffre d’affaires 2011

Eurotunnel: Chiffre d’affaires 2011

Alten: Chiffre d’affaires 2011

Norbert Dentressangle: Chiffre d’affaires 2011

Séchilienne-Sidec: Point sur la stratégie

Séché Environnement: Chiffre d’affaires 2011

Carrefour: un éclairage intéressant apporté par CM-CIC

Après les rumeurs de changement à la tête de Carrefour, démenties vendredi dernier par le conseil d’administration (que préside Lars Olofsson…), l’analyste distribution de CM-CIC Securities, Christian Devismes, apporte un éclairage intéressant sur le dossier.  Lire la suite

Carrefour: Plassat serait un candidat crédible-Cheuvreux

Pas encore nommé, déjà adopté. Georges Plassat, dont Le Figaro révèle ce matin la probable nomination à la tête de Carrefour en remplacement de Lars Olofsson, serait un candidat « crédible » selon Cheuvreux.  Lire la suite

Quand la crise a bon dos

PSA, BNP Paribas, Société Générale… Depuis quelques jours, les plans sociaux pleuvent. La « justification économique » de ces plans est la crise de la dette ou les craintes de récession économique. La réalité est parfois différente et de nombreux plans sociaux dans des groupes de cette taille sont liés à des processus de modification des périmètres, de réallocation des ressources. Le problème n’est pas que ces ajustements aient lieu. C’est leur timing qui donne le sentiment de l’impréparation et provoque la colère justifiée des premières victimes, les salariés. Lire la suite

Une turbulence de plus pour Air France-KLM

Les conditions rocambolesques du retour de Jean-Cyril Spinetta à la tête d’Air France-KLM ne sont pas de nature à faire revenir les investisseurs. Seules l’amélioration de la communication financière et une valorisation au plancher pourraient les inciter à regarder de nouveau le dossier.  Lire la suite

Zinzins activistes

Aux Etats-Unis, deux investisseurs institutionnels de premier plan ont engagé un bras de fer avec le groupe pétrolier Occidental Petroleum au sujet de la rémunération de son PDG et des conditions de sa succession, écrit le Wall Street Journal. Détenant environ 1% du capital, Relational Investors LLC et California State Teacher’s Retirement System (« Calsters ») ont écrit une lettre annonçant leur intention de remplacer 4 des 13 administrateurs de l’entreprise, et de demander à être nommés au conseil d’administration.

Ray Irani, PDG d’Occidental Petroleum, fait partie des dirigeants les mieux rémunérés aux cours des dix dernières années (il a touché 52,2 millions de dollars de rémunération l’an dernier). Occidental Petroleum affiche une capitalisation boursière de 65,1 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires annuel de 15,5 milliards de dollars et un bénéfice net de 2,9 milliards.

Dans leur lettre aux administrateurs, Relational et Calsters soulignent des « insuffisances majeures en matière de gouvernement d’entreprise », à commencer par la fin de non recevoir à leur demande d’audition par le board d’Occidental Petroleum. Parmi les griefs faits à la compagnie pétrolière, les deux zinzins mettent en avant l’incapacité du board à encadrer proprement la rémunération du directeur général, à lui imposer un âge de départ à la retraite (Irani est âgé de 75 ans et a fait passer une dérogation lui permettant de continuer à exercer au-delà de cette limite), et à voter un plan de succession.

La lettre va plus loin puisqu’elle remet en cause la compétence générale du conseil d’administration de l’entreprise à défendre convenablement les intérêts de l’ensemble des actionnaires, ce qui est sa mission principale.

« Tout semble indiquer que le conseil d’administration est dominé par le PDG et quelques administrateurs présents de longue date », explique l’un des responsables de Relational au Journal. Sur les 13 membres du conseil, 8 ont plus de 10 ans d’ancienneté en tant qu’administrateur. L’ancienneté moyenne est de 14 ans, y compris pour le comité des rémunérations, où siègent Spencer Abraham (nommé en 2005, Président du comité), John Chalsty (1996), Edward Djerejian (1996), Avedick Poladian (2008), Rosemary Tomich (1980).

Le cas d’Occidental n’est pas unique. Il existe des centaines d’entreprises, aux Etats-Unis comme en France, où le PDG donne l’impression d’être intouchable et où le reste des administrateurs n’est là que par sa seule volonté. Difficile d’imaginer que ces administrateurs puissent dans ces conditions exercer sereinement et en toute indépendance leur rôle de représentation de l’ensemble des actionnaires. Ce type de défaillance en matière de gouvernement d’entreprise est trop rarement remis en question par les investisseurs institutionnels. Dommage.

1,8 milliard pour bons et loyaux services

La rémunération des dirigeants reste un sujet sensible, sur lequel les entreprises font preuve de réelle transparence depuis peu. Au moment où l’on souligne l’importance de lier la rémunération des dirigeants à la performance sur le long terme d’une entreprise et sur la nécessite d’aligner les intérêts des dirigeants et des actionnaires, le Wall Street Journal a analysé les 25 plus fortes rémunérations au cours des dix dernières années aux Etats-Unis.

Le « vainqueur » de ce palmarès est Larry Ellison, fondateur et PDG de l’éditeur de logiciels Oracle, qui a perçu en 10 ans (1999-2009) 1,84 milliard de dollars. Il précède Barry Diller, patron d’IAC/Interactive et de la société Expedia.com, Ray Irani (Occidental Petroleum), Steve Jobs (Apple), Richard Fairbank (Capital One Financial).

Sur les 25 dirigeants, 4 viennent de l’industrie financière, dont 2 sont d’anciens patrons déchus de Wall Street: Richard Fuld (Lehman Brothers) et Sandy Weill (Citigroup). La liste inclut, outre M. Fairbank, Angelo Mozillo, ancien dirigeant de Countrywide Financial, un intermédiaire dans la réalisation de prêts hypothécaire qui a fait faillite avec l’effondrement du marché immobilier.

L’une des conclusions de l’étude est que seulement quelques-uns des dirigeants les mieux payés ont également enrichi leurs actionnaires. Dans d’autres cas, les actionnaires ont souvent perdu beaucoup. Le quotidien fait référence à Dell, Cendant, Capital One, IAC/Interactive ou Countrywide.

Le quotidien observe par ailleurs que les dirigeants les plus riches ne sont pas les mieux payés. C’est le cas de Warren Buffett (Berkshire Hathaway) et Bill Gates (Microsoft).

La réforme de la régulation financière votée sous la présidence de Barack Obama impose une revue périodique par les actionnaires d’une entreprise de la rémunération des dirigeants. Elle impose en outre aux entreprises de divulguer la disparité des rémunérations entre le PDG et les autres salariés de l’entreprise.

En France, le cabinet Proxinvest analyse chaque année la rémunération des dirigeants des entreprises du SBF120, qui atteignent souvent des niveaux astronomiques. Il notait récemment que plusieurs entreprises, parmi lesquelles Total, Sanofi-Aventis, Capgemini, refusent toujours de faire voter la rémunération du président non-exécutif par les actionnaires réunis en assemblée générale. Un sujet d’autant plus préoccupants que les présidents de conseil d’administration français sont généralement bien mieux lotis que leurs confrères en Europe.

Dans son dernier rapport, Proxinvest soulignait avec justesse qu’en « pleine année de crise, la question des rémunérations abusives creuse encore l’écart entre l’entreprise et l’opinion. Les recommandations de modération et d’auto-régulation du patronat n’ont pas mis fin aux affaires… ». Le cabinet faisait référence aux conditions de rémunérations de certains dirigeants de banques (Daniel Bouton à la Société Générale), du patron d’EDF (Henri Proglio qui cumule les postes de président du conseil chez EDF et Veolia) ou du scandale créé par l’indemnité de départ de l’ancien patron de Valeo, Thierry Morin.

En 2008, la rémunération moyenne des patrons du CAC 40 était de 3,6 millions d’euros, en baisse de 20%. L’indice CAC 40 a chuté cette année-là de 42%.

Gouvernance de la Fed

Les questions de gouvernement d’entreprise (notamment des banques) sont revenues sur le devant de la scène avec la crise financière. Cette question intéresse aussi les instances dirigeantes de la Fed. 3 membres doivent être auditionnés au Sénat avant d’être nommés gouverneurs de la Réserve Fédérale. Sur ces 3 personnes, qui sont toutes des économistes reconnus, 1 (Janet Yellen) a toujours opiné dans le sens de la majorité sur les décisions de la banque centrale. Les 2 autres n’ont aucune compétence sur les questions monétaires, comme le souligne James Grant dans un entretien accordé hier à Bloomberg TV. Grant se demande, comme d’autres observateurs, si la Fed ne sera pas contrainte de mener une nouvelle opération massive de rachat de dette publique (« quantitative easing ») pour sortir l’économie américaine des difficultés et relancer l’inflation.

Grant Discusses Potential New Federal Reserve Governors

Lagardère: les actionnaires se tirent une balle dans le pied

Pas de surprise ni de coup de théâtre. Les actionnaires de Lagardère ont rejeté les deux résolutions proposées par l’investisseur activiste Guy Wyser-Pratte. Ce dernier a indiqué qu’il continuera de défendre son projet.

Le marché ne semble pas apprécier ce rejet de la majorité des actionnaires, qui semblent se tirer une balle dans le pied. L’action perd plus de 3%.

Carrefour ou du mauvais usage des rachats d’actions

Les rachats d’actions, c’est une façon pour une entreprise cotée de rémunérer ses actionnaires (par un mécanisme de relution des résultats). Encore faut-il que cela soit fait à un moment opportun, par exemple quand l’action est sous-évaluée.

Carrefour ne se munit pas d’autant de précautions. Le groupe de distribution a annoncé son intention de racheter 6% de son capital, alors que le cours de son action a gagné 16% depuis le début de l’année et 30% sur un an. Les analystes d’Oddo Securities pensent savoir ce qui motive le groupe de distribution:

« Même si Carrefour a réitéré son objectif de conserver une notation de qualité (A-) notre recherche [actions] estime que ce programme de rachat d’actions répond principalement à l’intérêt financier à court terme des actionnaires de référence de Carrefour (Colony Capital et Groupe Arnault), qui consiste notamment à retrouver au plus vite leur cours moyen d’entrée (estimation Oddo : environ 43 euros, hors coût de financement de leur investissement). On peut en effet s’interroger sur l’opportunité pour Carrefour de lancer un programme de rachat d’actions, alors que le titre se traite à son plus haut niveau depuis août 2008 et que Carrefour est actuellement valorisé avec une prime d’environ 10% par rapport à la moyenne du secteur européen de la distribution alimentaire sur la base d’un PE 2010 (15.3x) ou 2011 (13.4x). Par ailleurs, la politique d’investissements du groupe est particulièrement prudente depuis environ 2 ans, notamment par rapport à ses concurrents dans certains pays (cf. Wal Mart et Pao de Acucar au Brésil), au risque de susciter des interrogations sur ses perspectives de croissance à terme. Enfin, Carrefour fait actuellement face à un conflit social en Belgique et est engagé dans un vaste plan de réduction de coûts qui concerne directement ses salariés. »

Carrefour a d’autres chats à fouetter, notamment s’assurer qu’il est capable de reprendre durablement des parts de marché à des concurrents agressifs (Leclerc…) ou plus innovants (Tesco). L’histoire récente montre que les baisses de prix ne suffisent pas. Et les innovations récents (caisses express, nouveautés en matière de promotion…) sont encore loin d’avoir fait leurs preuves. Malheureusement, ces défis à relever ne semblent pas actuellement la priorité des deux actionnaires de référence du groupe de distribution.

Chez EDF, la transparence a des limites

Le document de référence 2009 d’EDF vient d’être publié sur le site de l’AMF. Quelques premiers détails étonnants, en matière de gouvernement d’entreprise.

La rémunération variable de Pierre Gadonneix, PDG du groupe jusqu’au 23 novembre 2009, n’est pas disponible… On se contentera juste du salaire fixe et des avantages en nature, soit 728.994 euros. Concernant la part variable, EDF indique: « Les rémunérations dues au titre de l’exercice 2009 ne prennent pas en compte la partie variable de la rémunération due au titre de 2009 qui n’a pas encore été déterminée à la date du dépôt du Document de référence [8 avril 2010] ». C’était également le cas pour la part variable à verser au titre de 2008 (mais pas pour celle versée au titre de l’année 2007).

Le conseil d’EDF a passé beaucoup de temps à « négocier » le salaire du nouveau PDG pour pouvoir s’occuper de l’indemnité de départ de Pierre Gadonneix ?

La rémunération de son successeur, Henri Proglio, a été fixée le 10 février à 1 million d’euros pour la partie fixe, à laquelle s’ajoute une part variable pouvant atteindre 600.000 euros. Cette part variable est composée de 2 tranches: 70% (soit 420.000 euros) lié à des critères quantitatifs (non explicités) et 30% liés à des critères qualitatifs (en gros à la tête du client).

Au titre de 2009, soit pour un peu plus d’un mois de travail, Henri Proglio a touché 153.677 euros (hors jetons de présence). La part variable était de 52.307 euros, soit 52% du fixe. On n’en saura pas plus.

Bizarrement, en tant que PDG du groupe, M. Proglio fait partie des administrateurs ayant le moins d’actions détenues en propre: 51 actions contre une moyenne de 175 actions pour les mandataires sociaux de l’entreprise. Les actionnaires d’EDF pourront lui demander s’il compte faire un effort et se mettre au niveau de ses collègues.

Lagardère, forteresse bien protégée

Un papier intéressant de Reuters sur la prise d’assaut de Lagardère par Guy Wyser-Pratte. Interrogeant des investisseurs activistes, un avocat d’affaires, des représentants de minoritaires (ADAM), les journalistes de l’agence soulignent combien l’entreprise de l’investisseur franco-américain est risquée et délicate, mais aussi que les choses ne seront plus comme avant pour le groupe de médias. Le papier met également en exergue la différence culturelle fondamentale entre l’activisme à l’anglo-saxonne et les manières (soit disant) plus policées du capitalisme à la française.

L’Assemblée générale de Lagardère aura lieu le 27 avril prochain. Selon l’agence Bloomberg, Wyser-Pratte aurait obtenu gain de cause devant la justice pour faire voter ses deux résolutions (une pour être nommée au conseil de surveillance; l’autre pour modifier les statuts du groupe) lors de cette AG.

Ce matin, UBS a publié une note sur Lagardère. La banque note que le titre est peu cher (7X EBITDA 2010, PE de 10X hors Canal+ et EADS), mais conserve une opinion neutre et un objectif de cours de 31 euros, estimant que l’évolution des résultats manque de souffle.

Pour ceux que le dossier intéresse, j’ai publié récemment un papier sur la stratégie du groupe, qui comprend également les commentaires les plus récents disponibles de courtiers sur la valeur.

L’activiste Guy Wyser-Pratte s’intéresse au cas Lagardère

L’investisseur activiste Guy Wyser-Pratte s’attaque aux statuts de Lagardère et demande que le groupe se transforme en société anonyme, selon le quotidien Les Echos. Il souhaite également faire modifier les statuts du groupe pour une meilleure représentation des minoritaires, dont il fait partie.

Comme le rappelle le quotidien, ce statut de SCA permet à Arnaud Lagardère de contrôler le groupe avec seulement 9,6% du capital. Selon le journal, Wyser-Pratte, qui détient 0,53% du capital de Lagardère à travers sa société, estime entre 40 et 50 euros la valeur intrinsèque du groupe de médias.

L’assemblée générale ordinaire de Lagardère est prévue pour le 27 avril à 10 heures. L’avis de convocation a été déposée au Bulletin des annonces légales obligatoires.

Deux résolutions ont été déposées par Wyser-Pratte :

La première résolution déposée par Guy Wyser-Pratte vise à le nommer au conseil de surveillance, ce qui nécessite l’obtention d’une majorité simple. La seconde, plus technique, vise à modifier certains articles des statuts du groupe, pour éviter que soit nécessaire l’accord préalable des commandités, en l’occurrence Arnaud Lagardère, pour certaines résolutions soumises à l’assemblée générale (Les Echos).

Le quotidien estime toutefois que cette tentative a de bonnes chances d’échouer, car l’acceptation des résolutions dépend du bon vouloir d’Arnaud Lagardère et des commandités… Reste à savoir quelle sera la réponse du groupe, qui préfère se taire pour l’instant.

Arnaud Lagardère récompensé malgré la chute des résultats de Lagardère SCA

Le groupe Lagardère a beau avoir enregistré un plongeon de ses résultats, cela n’affecte pas Arnaud Lagardère, son PDG. En 2009, le résultat opérationnel courant du groupe a chuté de 29%, à 461 millions d’euros. Pour la même année, la rémunération due à Arnaud Lagardère a bondi de 45% à 2,2 millions d’euros, grâce à un quasi-doublement de la part variable (page 291 du document de référence 2009).

Arnaud Lagardère n’a pas de souci à se faire pour ses vieux jours… Les actionnaires, qui ont vu le cours de Bourse du groupe reculer de 2% en 2009, quand le marché opérait un rebond spectaculaire, ne peuvent même pas se consoler avec le dividende – ce dernier est resté inchangé à 1,3 euro par action.

Lagardère Média a vu son effectif moyen diminuer de 1% à 29.028 personnes (contre 29.393 en 2008). Sur les effectifs en CDI, la glissade est encore plus forte: 26.893 collaborateurs fin 2009 contre 28.813 fin 2008 (décrit page 89 du document de référence). Les principales réductions d’effectifs ont touché Lagardère Active et Lagardère Services.

Le salaire annuel moyen, toutes catégories confondues, était de 36.066 euros l’an dernier, contre 35.568 euros en 2008 (+1,4%).

Le document de référence stipule: « en matière de rémunération, Lagardère s’attache à proposer des pratiques de rémunération justes, équitables et cohérentes. » Cette cohérence se limite visiblement aux seuls salariés du groupe, et ne concerne pas son principal dirigeant.