Great Video Interview of Piketty on Greece


Thomas Piketty : ceux qui cherchent le Grexit… par lemondefr

Unfortunatelly or fortunatelly the reporter who asks questions is completely in line with European commission’s dogmatic views. For a newspaper that claims to bring indepth analysis of economy and society, it’s a shame when one of his journalist only has cliches question to throw away.

Regain de stress sur les marchés financiers

Pour l’heure, la performance des actifs risqués n’est pas trop entamée, y compris en Europe. Mais le sentiment du marché se dégrade si l’on en croit le dernier indicateur de Bank of America Merrill Lynch. Lire la suite

Rebond des actions périphériques: ce n’est que le début

Au-delà de la poursuite du rebond tant attendu des actions en 2013, nombreux ont été les gérants à pointer l’intérêt d’une réallocation, au sein de la poche actions, des titres de la « périphérie » de la zone euro. Si l’histoire est un guide, il y a de bonnes chances que l’expérience asiatique de la fin des années 1990 puisse confirmer ce sentiment… Lire la suite

2013: pas l’Espagne, le Portugal, ou la Grèce… mais la France – BofAML

Il n’y a pas que The Economist pour plomber l’humeur de Pierre Moscovici. Le ministre français de l’économie et des finances a peut-être pris connaissance de l’avis peu amène de deux grandes banques anglo-saxonnes sur la situation de l’économie française et sur la qualité de la dette qu’elle doit émettre pour boucler ses fins de mois. Nous avons évoqué l’étude de Citi qui conseille aux investisseurs de privilégier les actions françaises (et encore celles exposées à la demande mondiale plutôt que les titres trop « domestiques ») aux OAT. Sa consoeur, Bank of America Merrill Lynch, a remis le couvert la semaine passée en plaçant le risque obligataire français au même niveau que celui de pays comme l’Espagne, le Portugal ou la Grèce (on notera que l’Italie, qui a engagé de sérieux efforts de redressement de ses comptes publics, n’est pas mentionnée). Voici ce que dit en résumé Merrill Lynch. Lire la suite

Qu’attendre du prochain sommet de l’UE ?

Union bancaire et mutualisation des dettes, situation de la Grèce, appel à l’aide de l’Espagne. Le menu du prochain sommet européen (18-19) est chargé. Et pourtant, nombreux sont les économistes et stratégistes à n’attendre que peu de progrès des dirigeants européens. La raison? La nouvelle salve d’assouplissement quantitatif de la BCE (OMT) devrait annihiler toute vélléité de faire avancer le « schmilblick« … Heureusement que le marché n’a pas d’anticipations trop élevées, car on pourrait s’offrir de belles semaines de volatilité par la suite… Lire la suite

Comment se préparer aux élections en Grèce

Scénarios et stratégie d’investissement proposés par Bank of America Merrill Lynch… Dans le scénario pessimiste, notons la correction brutale à attendre sur les actifs risqués, actions européennes en tête (avec un objectif de cours de 210 points pour l’indice Stoxx, qui cote actuellement 243 pts). Lire la suite

Spirale infernale

Est-on arrivé à la limite des mécanisme d’aide aux banques mis en place par les différents gouvernements de la zone euro? C’est une des remarques intéressantes soulevées par les économistes de la banque privée Lombard Odier Darier Hentsch dans une brève note diffusée ce matin. Avec cette conclusion: la BCE va devoir agir massivement car elle est la seule à disposer des ressources suffisantes pour sortir la zone euro des difficultés actuelles (ce que l’on sait depuis belle lurette).  Lire la suite

Grexit: les scénarios de la Société Générale

A l’instar de Barclays, SocGen estime que le coût d’une sortie de la Grèce de la zone euro – qui n’est pas son hypothèse centrale – resterait raisonnable (360 milliards d’euros!! soit 3,8% du PIB de la zone euro). Mais le risque d’une contagion n’en reste pas moins important et obligerait les autorités européennes à prendre des mesures d’urgence. Les marchés d’actions pourraient encore baisser de 10% et le taux de change euro-dollar reviendrait sans doute vers 1,10 selon SG. Lire la suite

Sortie de la Grèce: un coût supportable, mais un risque de contagion

Barclays a produit une analyse assez exhaustive d’une sortie de la Grèce de la zone euro. Si son coût est supportable (l’exposition gouvernementale à la Grèce est évaluée à 290 milliards d’euros tout de même), le principal risque reste une sortie désordonnée et un effet de contagion aux autres pays de la zone euro… Lire la suite

Crise de la zone euro: ce qu’en pense Credit Suisse

Le principal problème de la zone euro, c’est le manque de croissance, affirment les experts de Credit Suisse. Des solutions existent, notamment un assouplissement quantitatif d’ampleur massive. Le but étant de rétablir la confiance et d’éviter une nouvelle crise de liquidité et un « bank run » (fuite des dépôts). Lire la suite

L’Europe vue des Etats-Unis 1/2

Credit Suisse a publié le compte-rendu d’une manifestation organisée à New-York avec des investisseurs américains. Résultats des débats: le politique restera le principal moteur d’évolution des marchés dans les mois à venir. 29% des intervenants pensent que la Grèce va sortir de la zone euro et 42% (de ces 29%) pensent que cela entraînera un éclatement de la zone euro… Malgré cela, 88% des personnes ayant accepté d’être sondées durant cette conférence considèrent que les actions constituent le meilleur placement à un horizon de 10 ans. Vu le niveau encore élevé des primes de risque, on peut les comprendre. Lire la suite

Un économiste français prend la défense d’Angela Merkel

Bruno Cavalier, économiste chez Oddo Securities, a publié ce matin une note « en défense de Mme Merkel » visant à « remettre les pendules à l’heure ». A l’attention de ceux qui auraient tendance à blâmer l’Allemagne pour la situation actuelle de la zone euro… A lire. Lire la suite

Quelques questions de fond

Les stratégistes de JPMorgan ont profité d’une semaine sans événements notables pour passer en revue une série de questions de fond sur différentes classes d’actifs. Intéressant…

« Why has neither Greece nor Germany left EMU, yet? Or even, why did they ever get in? The crisis has revealed the cost of giving up one’s currency. Resolution requires massive deflation in the periphery and massive funding from the core. The reason countries joined into EMU and have not (yet) left is that monetary union was planned as the first step towards a political union –– a US of E. The cost of abandoning EMU is not merely related to capital flight and creation of a new currency, but is paramount to ditching European integration, and moving back to the bad old days of a divided and quarrelsome Europe. EMU members will likely do everything they can to keep the union together, even as they will need more crises to push them that way.

Why has the euro not collapsed, yet, given a recession and EMU break-up risk? The EMU periphery cannot devalue against the core, but would greatly benefit from a drop in the euro. The answer is likely that currencies are relative prices, and the fiscal situation in the US, UK, and Japan is as bad as in the Euro area, even as the latter has problems with internal funding. Each of these four currencies has fallen dramatically against the smaller G10 countries that are in better shape (CAD, CHF, AUD, NOK). The Euro area also has no external deficit, and funding problems may have led to capital repatriation, supporting the euro.

Why are US HG credit spreads still near recession levels? US HG remains about 200bp above USTs, a spread level that before Lehman was only seen risk elevated.

Who do some many investors pile into safe assets that offer no real return after taxes and inflation? The average yield on all global bonds now stands at 2.4%. Managers tell us that the end investors care most about capital preservation. If so, they are forgetting about taxes and inflation –– global headline CPI was +3.8% oya in 2011. Two explanations come to mind. Institutional investors are steered away from equities, as regulators are forcing them to judge the risk on equities, which are long-term investments, on the basis of short-term volatility (1-year), despite equities being long term assets. G4 insurers and pension funds have been buying $6 of bonds for every $1 of equity over the past 6 years. The puzzle is greater for unregulated end investors, in particular retail. YTD, funds and ETFs have seen the same 6-for-1 bonds to equity inflows. Widespread fear and persistent uncertainty are likely behind this puzzle.

Why no deflation, given global slack, nor rise in inflation expectations given debt demonetization? Simple output gap models would indeed have suggested a dramatic drop in global inflation, if not outright deflation. We did not get this, showing there is clear downward rigidity to nominal wages, and also less useable slack than we thought. These give this puzzle a name but are not an explanation. A better explanation could be ultra easy monetary policy that killed deflation fears. But why have these not turned into inflation fears? Part of the explanation is that central bankers have done a tremendously good job in convincing us they are only combating deflation and will react decisively when inflation emerges. And the world wants them to be right.

Why are commodities up 65% since the recession, while the world economy is growing below capacity? The answer is likely an application of the hog cycle. During the recession, commodity prices cratered and project financing evaporated. Commodity producers cancelled investment projects, greatly restraining future supply growth. Demand growth since the recession has outstripped weak supply growth, pushing up commodity prices. But with much higher commodity prices and easier funding, producers are investing and capacity is increasing. The hog cycle is not dead.

Why do Japanese investors keep buying their own public sector debt, which is racing to 250% of GDP by 2015, twice the level that got Greece in trouble? Part of the explanation is what we call financial repression, where the government puts pressure on domestic institutional investors, frequently through regulations. But much of the explanation is likely deflation, which creates acceptable real return to bonds, that are not taxed. The eventual JGB crisis must await 2015 or later, when demographics drive the country into an external balance that requires foreign borrowing, something that will not be possible at current yields. »

Revue des marchés

Performance hebdomadaire au 20 janvier 2012

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La Norvège, seul pays à mériter le fameux triple A – CMA

CMA a publié son rapport sur le risque souverain au 4è trimestre 2011, rapport qui comprend une hiérarchie des titres de dette souveraine, ainsi que la note de crédit implicite que le marché attribue aux Etats émetteurs, en fonction du risque perçu par les investisseurs. Surprise: la Grèce reste l’émetteur le plus risqué. Ce qui est plus intéressant, c’est lorsqu’on regarde du côté des signatures les plus sûres… Lire la suite

Quels scénarios pour la Grèce?

La Grèce n’aura pas tardé à revenir sur le devant de la scène, comme on l’a récemment souligné. Les Allemands font pression pour qu’une décote plus importante soit appliquée sur les titres de dette souveraine du pays (en clair que les investisseurs privés constatent une perte plus élevée que prévu jusqu’ici). Ils ont le soutien de l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard. D’autres appellent à l’arrêt pur et simple de cette pratique qui n’a pas montré son efficacité, et a au contraire alimenté la panique sur les marchés. Lire la suite

Revue des marchés

Weekly performance (4 Nov 2011)

Marche arrière toute: moins d’une semaine après un accord sur le sauvetage de la Grèce (qui avait laissé de nombreux observateurs indécis), les marchés financiers ont retrouvé leur lot de stress provoqué par la situation toujours incertaine de la zone euro. Cette-fois, l’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro a été clairement évoquée après la décision surprise, lundi soir, du premier ministre grec d’appeler à un référendum en janvier 2012 sur une question alors inconnue. La tragédie grecque, après avoir occupé une partie d’un G20 qui devait traiter des questions de croissance économique mondiale et de l’évolution du système financier international, a tourné court. Mais c’est l’Italie, deuxième économie la plus endettée de la zone, qui a pris le relais, acceptant finalement de passer sous les fourches caudines des « experts » du FMI. Au final, le G20 de Cannes, dont on attendait beaucoup, n’a servi à rien. La porte ouverte à une nouvelle phase de volatilité sur les marchés a sans aucun doute été ouverte.

Cette situation s’est traduite mécaniquement par une chute des Bourses mondiales (les marchés émergents ayant toutefois mieux) et des rendements obligataires, une pression sur les matières premières et une légère remontée de l’or. L’euro a cédé 2.5% face au dollar.

Au sein des actions américaines, en dehors de l’envolée de Groupon pour son premier jour de cotation vendredi (+37%), l’indice S&P 500 a terminé la semaine sur un repli de 2.5%, entraîné par les valeurs financières – Jefferies a plongé de 18% sur des craintes de difficultés financières après la faillite du courtier MF Global. Les grandes banques américaines comme Bank of America, JPMorgan ont perdu respectivement 12% et 7%. Le secteur de la consommation a été pénalisé par le plongeon de 24% d’Abercrombie & Fitch, dont les ventes européennes sont mal orientées. La réunion de la Fed (2 novembre) a ouvert la porte à de nouvelles interventions pour soutenir l’économie, où les créations d’emplois sont toujours peu dynamiques.

En Europe, les valeurs bancaires ont été lourdement affectées: Lloyds Banking Group -19%, Société Générale -23% BNP Paribas -15%, pesant sur l’indice Stoxx 600 (-3.7%). L’annonce « surprise » d’une baisse de 25 points de base du taux directeur de la BCE, jeudi 3, a provoqué un bref sursaut des marchés, sans suites. Il faut dire qu’une des motivations de la banque centrale européenne et de son nouveau patron, Mario Draghi, est l’anticipation d’une récession « modérée » d’ici la fin de l’année. Certains gérants estiment même que la récession sera au programme de 2012 en Europe.

En Asie, l’indice MSCI Asia Pacific a lui aussi cédé 3.6%, entraîné par les valeurs minières – BHP Billiton a cédé près de 2%, tandis que certaines valeurs bancaires australiennes ont cédé du terrain après l’annonce d’une baisse des taux et d’une révision en baisse des perspectives de croissance du pays.

A noter le mouvement à contresens des actions émergentes (MSCI Emerging Markets +1.6%). Ces marchés ont attiré d’importants flux de capitaux récemment (3.5 milliards de dollars selon Citi), ce qui s’explique notamment par la sous-évaluation des Bourses émergentes par rapport aux Bourses développées et par une situation économique moins dramatique qu’en Europe et aux Etats-Unis (même si les difficultés de ces derniers pèsent sur la croissance des économies émergentes).

 

G20: pas d’accord au final

La Grèce et l’Italie ont dominé ce G20, qui devait poser les bases d’une coordination plus large des pays développés et émergents pour relancer la croissance économique mondiale et lutter contre le chômage et les dettes. C’est un échec si l’on en croit le Wall Street Journal (on peut également relire son live-blogging sur place). Même constat de l’agence Bloomberg ou d’Associated Press.
G20 heads of government - Caricatures (September 2011)

Mois d’octobre record pour les actions

Un mois d’octobre record, du jamais vu depuis de nombreuses années, si l’on en croit de nombreux articles de presse ce matin. Aux Etats-Unis, le Dow Jones Industrial Average affiche un gain de 9.5%, sa plus forte hausse mensuelle depuis octobre 2002, souligne le Wall Street Journal. L’indice S&P 500 a gagné 11%, soit sa meilleure performance depuis 1991. Bloomberg nous explique que les actions ont battu les autres grandes classes d’actifs – obligations, matières premières, dollar. L’indice MSCI All-Country World Index a bondi de 11%, ajoutant 4.500 milliards de dollars de capitalisation boursière.  En Europe, l’indice Stoxx 600 en euro a progressé de 7.8% à 243.86 points. Le CAC 40 a gagné 8.7%. L’indice MSCI Asia Pacific affiche une hausse de 7.6% sur le mois.

Bien sûr, il est difficile de considérer une telle performance au regard de l’ensemble de l’année 2011, où les actions enregistrent encore de lourdes pertes, en particulier en Europe. La difficulté des Européens à résoudre de manière coordonnée les problèmes de dette, à travers un processus lisible et compréhensible (pas comme la décision de la Grèce hier soir) s’est traduite par un regain de volatilité qui profite avant tout aux investisseurs ayant un horizon d’investissement très court. Cette situation, si elle persiste, pourrait sans doute casser la dynamique du rebond débuté en octobre au moment où les investisseurs s’interrogent sur la dynamique de croissance de l’économie mondiale (du mieux aux Etats-Unis, du moins bon en Europe et un point d’interrogation en Asie).

C’est dans ce contexte que s’ouvre un G20 où les Européens vont d’abord devoir expliquer à leurs partenaires pourquoi la Grèce décide d’ouvrir une nouvelle boîte de Pandore, alors que les détails du plan de sauvetage décidé la semaine dernière ne sont pas tous connus… Encore une fois, la macro-économie et la psychologie vont prendre le dessus sur les considérations plus micro-économiques. Regarder la valorisation des actions ne servira à rien, tant que les politiques n’offriront pas une vision de long terme consistante et raisonnable sur laquelle les investisseurs de long terme pourront prendre appui.

Merci la Grèce!

Papandreou a sorti l’arme de destruction massive (ou alors fait une fleur aux spéculateurs en tous genres): le référendum. Je me demande s’il a pris la peine d’avertir ses collègues la semaine dernière à Bruxelles… Je ne critique pas le référendum en tant qu’instrument d’expression démocratique. Je m’interroge juste sur la pertinence d’une telle décision à un moment clef. Les marchés cherchent à savoir quels seront les détails à venir du plan voté la semaine dernière à Bruxelles. Et c’est à un moment critique (recherche d’une solution pour stabiliser les finances d’un pays non vertueux en la matière) que le dirigeant grec choisit pour rajouter une couche d’incertitude. Maintenant, les investisseurs devront aussi se demander quelle question sera posée aux grecs (adhésion à l’euro ? soutien du gouvernement – mais là il suffit d’aller dans les rues d’Athènes pour se faire une idée…)

Pour sûr, les dirigeants des autres pays membres du G20 seront ravis de cette nouvelle qui mettra un peu d’animation dans les débats au sommet de Cannes (3-4 novembre)… Sur les marchés, la volatilité ne peut que remonter, d’autant que la situation italienne n’est guère réjouissante (autre partie du plan d’aide voté la semaine dernière).

Commentaire d’un broker ce matin:

« si le vote est négatif des élections législatives anticipées devront être organisées. Au regard de l’opposition sociale aux récentes reformes il apparait que la Grèce va rentrer (de nouveau) dans une période d’instabilité qui risque de peser de nouveau sur l’ensemble des marchés. »

Autre commentaire (stratégiste devise):

« The announcement of the intention to hold a Greek referendum on the EU bailout is a major negative for the EUR, as there is a clear risk of rejection of the plan which would reignite Greek EUR exit talk. There is little reason to expect the attitude to improve near term, so the EUR seems unlikely to recover significantly ahead of the FOMC and ECB decisions this week. 1.3720 represents initial support, but some calming political noises are necessary to halt the EUR slump. »

Accord européen: on gagne du temps-BAML

Les analyses sont partagées après l’accord de dernière minute trouvé entre dirigeants européens (on peut d’ailleurs relire le déroulé des événements la nuit dernière sur le site du Wall Street Journal). Une impression ressort: les Européens ont gagné du temps (6 mois) et les détails manquent. Lire la suite

Ce que les investisseurs achètent lorsqu’ils sont moins averses au risque

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on vit une période de grande fébrilité des investisseurs, qui se traduit par une alternance de phase de forte hausse puis de forte baisse de l’aversion au risque – que les anglosaxons qualifient de « RORO » (« Risk On Risk Off »). Avec la dernière phase de hausse des marchés, les investisseurs ont privilégié 3 classes d’actifs : le haut rendement (« high yield »), les actions émergents et la dette émergente. La part de cash dans les portefeuilles des gérants reste élevée. La prudence règne donc malgré tout, comme l’a montré la dernière enquête de Bank of America Merrill Lynch auprès des investisseurs.

Concernant le sommet européen, les stratégistes de Merrill Lynch résument bien les attentes du marché, ce qui sera bien perçu et ce qui pourrait provoquer une rechute des indices boursiers:

« Bull & Bear European Headlines
Bullish headlines would be: >1 trillion Euros for EFSF; >100 billion Euros for bank recapitalization; >50% haircut for private holders of Greek debt; buy-in from Sovereign Wealth Funds. Bearish headlines: <1 trillion Euros for the EFSF; <100 billion Euros for bank recapitalization; <50% haircut for private holders of Greek debt; no global buy-in from SWFs. Lower Italian bond yields (-100bps on 5y) & higher European bank credit prices (EB00 Index > 220) needed to cause sustained “risk-on”.
US Driver = Macro
“If next GDP revision is up, go long stocks, if next GDP revision is down, go short stocks”; US GDP revisions and US bond yields have been correlated this year and both edging higher. »

Les gérants « fondamentaux » sont toujours bearish selon la dernière enquête Merrill Lynch

La dernière enquête de Bank of America Merrill Lynch est claire: alors que la remontée des indices est liée à une réduction des positions shorts des hedge funds, les gérants « fondamentaux » sont toujours en mode « risk-off » et privilégient le cash. Plus de 9 gérants sur 10 anticipent un défaut de la Grèce et les 2/3 anticipent une récession en Europe. Conséquence: les expositions sont fortement sous-pondérées sur l’Europe. En termes d’allocation sectorielle, les gérants privilégient l’assurance, réduisent la sous-pondération sur les banques (!). Le secteur du gaz et du pétrole reste le premier choix de nombreux gérants.  Lire la suite

Défaut grec: le point de vue d’Exane

Difficile d’envisager l’avenir d’une classe d’actifs quand tout repose dans les mains des politiques. Ce n’est pas une nouveauté. Depuis 18 mois, l’Europe a une chance unique de gagner en crédibilité. Mais elle fait tout l’inverse… Le point de vue d’un des stratégistes d’Exane sur le sujet.

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Sauvetage grec: un « haircut » de 50% rendrait la Grèce plus crédible

Dans son « daily round-up », Paul Donovan, senior economist chez UBS à Londres évoque le plan de sauvetage de la Grèce de manière prudente: un défaut global a été évité (pour le moment), mais pas un défaut partiel. La Grèce devra accepter un « haircut » de 50% pour regagner un minimum de crédibilité (contre 20% estimé par les analystes dans le cadre du plan présenté jeudi soir).

L’ensemble du commentaire est disponible en audio et en ligne à cette adresse.

Sauvetage grec: on évite un nouveau Lehman-Exane

Après l’annonce d’un nouveau plan de sauvetage de la Grèce, qualifié de « massif » par le Wall Street Journal, les stratégistes d’Exane BNP Paribas estiment dans une note publiée ce matin que « les mesures devraient être suffisantes pour éviter un nouveau Lehman et éviter que la crise de la dette ne se répande au-delà de la périphérie de la zone euro ». Lire la suite

L’exposition aux PIIGS

La crise de la dette publique dans les pays de la périphérie de la zone euro a remis au goût du jour la notion de « risque pays ». Ce risque pays est aujourd’hui au coeur de la volatilité des marchés financiers, en particulier en Europe, en grande partie par le canal de l’exposition des banques de chaque pays aux obligations souveraines de la périphérie (les si tristement appelés « PIIGS » pour Portugal, Italy, Ireland, Greece et Spain). Le dernier rapport de la Banque des Règlements Internationaux permet de faire un pointage de la situation du secteur bancaire au regard du risque pays lié aux « PIIGS ». Lire la suite

Haircuts

En jargon boursier, il s’agit des décotes à prendre sur les dettes portées par les banques, donc potentiellement les pertes en capital que ces dernières pourraient subir dans le cadre d’une simulation destinée à estimer la solidité du système bancaire européen.

Un papier intéressant de Robert Peston, journaliste de la BBC, fait état des hypothèses suivantes, suite à des échanges avec plusieurs banquiers: les obligations de l’Etat grec subiraient une décote de 17%, celles de l’Espagne de 10-11%. Un niveau de décote équivalent serait appliqué au Royaume-Uni. La France subirait une décote de 6% et l’Allemagne de 4-5%.

Le journaliste s’étonne du niveau de décote équivalent entre l’Espagne et le Royaume-Uni, dont les maturités de dette sont différentes. En revanche, le niveau de décote sur la dette grecque semble particulièrement optimiste (l’effet du plan de sauvetage européen?).

L’opération pourrait néanmoins s’avérer un exercice risqué selon la crédibilité qui sera accordée à l’exercice et la réponse qui sera donnée par les gouvernements et les banques. Pour certains investisseurs, les résultats des tests de résistance, attendus le 23 juillet, ne serviront pas à grand chose. Plusieurs courtiers ont même estimé que la plupart des banques devraient passer ces tests sans difficulté. Une simulation réalisée par Moody’s évoquerait le besoin de recapitaliser le système à hauteur de 30 milliards d’euros, ce qui semble gérable.

Dette publique = subprime

A première vue, la comparaison entre dette publique et subprime peut sembler osée. Et pourtant… Rappelez-vous: les subprimes, ces prêts immobiliers accordés à des foyers ayant un risque de crédit élevé et une faible capacité de remboursement. Des produits réemballés par les banques d’affaires et revendus à des investisseurs du monde entier sous forme de produits structurés (CDO) notés triple-A.

Quelle différence avec des titres d’emprunts étatiques, notés eux aussi triple-A ? Du point de vue des marchés financiers, aucune, lorsque la capacité de remboursement de ces Etats est faible ou ne repose pas sur une économie suffisamment solide ou compétitive.

Cette comparaison audacieuse a été présentée la semaine dernière par David Einhorn, fondateur du fonds spéculatif Greenlight Capital, lors de l’édition 2010 de la conférence Ira Sohn à New York. [Pour ceux qui ne le connaissent pas, Einhorn s’est notamment illustré pour avoir vendu à découvert l’action Lehman Brothers au printemps 2008, peu de temps avant la faillite de la firme, mais ce n’est pas son seul « fait d’arme ».]

Faisant cette comparaison devant l’un des conseillers économiques du Président Obama, Einhorn s’est vu rétorquer que la différence entre un crédit subprime ou une institution financière et un Etat est que ce dernier peut imprimer la monnaie. Une réponse qui « n’inspire pas confiance », souligne le gérant de fonds.

Selon Einhorn, le problème est que les dirigeants politiques sont tellement focalisés sur le court terme qu’ils ne se préoccupent pas du long terme, d’où l’idée répandue que les problèmes de déficits et de dettes publics aujourd’hui pèseront surtout sur les épaules des générations futures… Il n’y croit pas trop. Après avoir exposé la dérive de l’emploi public aux Etats-Unis, Einhorn écrit:

« La question que l’on peut se poser est la suivante : combien de temps peut-on continuer à vivre ainsi sans changer de direction et provoquer une crise? La réponse est de deux ordres : primo, combien de temps les marchés financiers vont-ils continuer à financer des emprunts gouvernementaux qui peuvent être refinancés mais jamais remboursés dans des conditions raisonnables et secundo, combien de temps des obligations qui ne sont pas financées par des moyens fiscaux traditionnels le sont-elles par la monétisation des dettes publiques par les banques centrales – c’est-à-dire en imprimant de la monnaie. »

Dit autrement : « il apparaît que la réponse à la faillite de Lehman est d’utiliser tous les moyens nécessaires pour éviter un autre événement de type Lehman. » Une politique qui « transfère le risque du faible au fort – ou au moins au moins faible – créant les conditions d’une contagion des Etats « trop petits pour faire faillite » comme la Grèce aux « trop gros pour être sauvés » comme les pays membres du G7″.

Imprimer de la monnaie crée le risque d’une inflation galopante. Problème: aux Etats-Unis, la mesure de l’inflation a changé plusieurs fois en 35 ans et il n’est pas sûr que l’on mesure correctement aujourd’hui l’évolution réelle des prix. Ainsi, l’inflation serait aujourd’hui de 9% si l’on utilisait la méthode de calcul antérieure à 1980.

Une inflation faible justifie des taux d’intérêt faibles, et pousse les épargnants à investir dans des actifs risqués, alimentant des bulles d’actifs tout en créant l’illusion d’un effet de richesse. Les actions et l’immobilier en ont été l’illustration au court des 10 dernières années. Cette politique de faibles taux d’intérêt a un effet pervers : elle incite les banques à gagner facilement leur vie en jouant sur la pente de la courbe des taux, au détriment du financement de l’économie réelle. Elle donne également aux Etats l’illusion de pouvoir s’endetter à faible taux, avec le risque d’un mauvaise allocation de l’argent public dans des projets peu rentables.

Cette politique provoque un cycle vicieux : création de bulle, éclatement de la bulle, sauvetage du système financier par recours aux prêteurs en dernier ressort (Etats, banques centrales). La situation ne semble pas prête de changer. La crise de la dette grecque n’est peut-être que le signe de « l’éclatement de la bulle de dette publique », estime Einhorn. Face à ce risque l’investisseur maintient ses investissements dans l’or physique et dans quelques entreprises aurifères, comme African Barrick Gold.

Le discours de David Einhorn baptisé « Bonne nouvelle pour nos petits enfants » est disponible ici. Einhorn a également publié une tribune dans le New York Times, une tribune critiquée par certains, car allant dans le sens de ses positions prises en tant qu’investisseur.

Les comptes-rendus et autres présentations faites lors de la conférence Ira Sohn sont disponibles sur les blogs Market Folly et The Investment Linebacker. Merci à The Manual of Ideas pour avoir attiré notre attention sur ces sujets.

Ce qui effraie le marché…

Un commentaire sur le secteur bancaire de Natixis Securities en dit long sur l’état de nervosité des investisseurs, autour de la dette grecque et des effets de « contagion » aux autres pays de la zone euro (les fameux « PIGS »). Après la dégradation de l’Etat grec par S&P au rang de « junk » (une première), et l’abaissement de la note du Portugal, le risque est désormais que les 2 autres agences de notation (Fitch et Moody’s) abaissent à leur tour la note de la Grèce, ce qui entraînerait une crise de liquidité des banques grecques et un risque de faillite. De quoi expliquer le plongeon des banques françaises, qui sont les plus exposés à la dette grecque et au secteur bancaire du pays.

David Gilmore, associé de Foreign Exchange Analytics, cité par le Wall Street Journal fait un parallèle entre la note de la Grèce et celle des titres subprime, qui malgré une mauvaise qualité de crédit, pouvaient être notés triple-A par les agences de notation. Un « leurre » qui ne dure qu’un instant.

« Des tonnes de dettes émises par la Grèce, l’Espagne, le Portugal (pas très différents des titres adossés à de l’immobilier subprime noté triple-A) et l’Italie supportent le système bancaire de la zone euro comme contreparties des prêts de la banque centrale européenne et d’autres banques, ainsi qu’un moyen de capturer du rendement. Lorsque les marchés s’aperçoivent que la dette souveraine ‘sans risque’ n’est pas vraiment ‘sans risque’, les investisseurs fuient les titres de mauvaise qualité. »

Le rôle des agences de notation risque à nouveau d’être posé. Valérie Plagnol, chez CM-CIC Securities, s’interroge ce matin sur la méthode de travail des agences, dont les décisions a posteriori « contribuent à l’aggravation de la situation financières des pays concernés ».

« Le constat ex-post dressé par les agences de notation renforce le caractère auto-réalisateur des marchés dans une telle situation: abaissement de la note, forte progression du coût de refinancement – ou impossibilité d’accéder au marché – rendant le poids de la dette insupportable. »

Le rôle des banques comme vecteur de transmission de la crise est également posé. Selon Credit Suisse, qui a tenté une estimation à partir des données de la Banque des Règlements Internationaux, les banques françaises sont les plus exposées à la Grèce (56 milliards d’euros).

Les marchés paniquent à l’idée d’une contagion de défaillances étatiques au sein de la zone euro, ce qui assèche l’accès de ces pays aux marchés financiers… Et les agences, toujours pas capables d’anticiper, en rajoutent une couche, créant les conditions de nouvelles frayeurs à venir.

« La Grèce, elle, peut être sauvée »

La dernière publication de Dylan Grice (« Popular Delusion »), de la Société Générale, porte sur la Grèce. En résumé, elle explique:

« La Grèce a masqué l’état réel de ses finances publiques. Elle devrait connaître un déficit public à deux chiffres en pourentage du PIB cette année. Elle va devoir faire massivement appel au marché.  D’une certaine manière, il était inévitable qu’elle soit confrontée à une crise majeure, n’est-ce pas ? Mais quelle est la différence entre la Grèce et le reste de l’OCDE ? Une seule différence. La Grèce, elle, peut être sauvée… »

Pour comprendre pourquoi le Royaume-Uni avait dû faire appel au FMI en 1976, alors que son taux d’endettement était de 45%, et pourquoi le Japon, avec un taux d’endettement de 200%, n’y a pas (encore) recours, Dylan Grice avance une seule explication: la confiance des investisseurs. Lorsque celle-ci est perdue, le coût de la dette que doit payer un pays s’envole. Il doit alors tout faire que le niveau des taux d’intérêt qu’il paie soit inférieur au rythme de croissance nominale de l’économie, d’où des mesures drastiques pour réduire le stock de dette.

La Grèce, comme de nombreux autres pays, a profité pendant de longues années d’une période où les taux d’intérêt étaient bas, donc, où vivre à crédit était facile. Cette période est terminée pour la Grèce. Mais c’est également vrai pour la plupart des pays de l’OCDE.

L’avantage de la Grèce est que c’est une économie suffisamment petite pour être aidée. « Si l’on ajoute le Portugal, l’Irelande, l’Italie, l’Espagne, le risque pourait bien devenir systémique », explique le stratégiste de SG. Tous les pays sont confrontés au problème de la soutenabilité de leur dette publique. Pour Grice, le pays le plus à risque de ce point de vue est bien le Japon. Mais les Etats-Unis sont également concernés…

Le DAX pour se protéger d’une baisse de l’euro

Face aux risques de contagion sur les marchés liés aux problématiques de dette souveraine (après la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie…), les stratégistes de la Société Générale recommandent de se protéger d’une baisse de l’euro contre le dollar en investissant sur le DAX, indice phare de la Bourse allemande. Pourquoi le DAX ? Parce que l’Allemagne est une économie solide, peu endettée et bien exposée à la reprise économique mondiale; parce que certains groupes allemands ont une forte exposition au marché américain et ont un profil plus cyclique, donc plus sensible à la reprise.

« Comme l’Allemagne représente 32,7% des exportations européennes vers les Etats-Unis et un tiers des entreprises composant le DAX réalisent plus de 15% de leurs ventes outre-Atlantique, les actions allemandes semblent offrir la meilleure visibilité dans une situation d’incertitude liée à l’évolution de la dette publique dans la zone euro. »

Parmi les valeurs favorites de la banque figurent des titres comme Fresenius Medical Care, SAP, Daimler ou BASF. Le tableau liste les valeurs ayant réalisé plus de 15% de leurs ventes aux US en 2008 (source: SG, Factset).

L’étude de SG conseille par ailleurs de rester neutre sur le secteur bancaire, qui reste en première ligne du risque souverain. Ce dernier pousse à la hausse les spreads de crédit et et pèse sur la performance du secteur.

Record d’emprunt pour les gouvernements européens

S&P vient de publier une étude estimant que le montant des emprunts à moyen et long terme des gouvernements européens atteindra 1.446 milliards d’euros en 2010, battant le précédent record de 2009 (1.394 milliards d’euros).

« Les recettes fiscales sont toujours déprimées, alors que les dépenses publiques restent élevées, à cause d’un taux de chômage élevé et la poursuite des efforts de relance », explique S&P.

S&P estime que la « vulnérabilité financière » sur le plan de la dette, en particulier de la zone euro, s’est accrue. L’arrêt des mesures de « quantitative easing » (expliquées ici) risque en outre de faire exploser le coût de la dette pour des pays déjà fragiles, comme la Grèce, le Portugal, l’Italie et le Royaume-Uni. De quoi relancer la spéculation…

La dette souveraine de l’Europe atteindrait 8.100 milliards d’euros fin 2010, contre 7.400 milliards en 2009. Depuis 2003, elle a bondi de 54%. Le PIB de l’Europe était d’environ 14.000 milliards d’euros en 2009 (avec un taux de change moyen de 1,37).

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