Une explication intéressante de la 1ère séance boursière de Facebook

Ou comment le trading à haute fréquence a perturbé la première séance boursière de l’action Facebook. Cette analyse est produite par le site Premarketinfo. Elle montre comment, sachant que les banques introductrices seraient obligées de soutenir l’action Facebook pour ses débuts boursiers (éviter que le titre tombe sous les 38$), les spécialistes du trading à haute fréquence ont joué sur des volumes massifs d’échanges avec un spread très faible pour gagner de l’argent. Mais leur intervention a également pesé sur l’action (une sorte de « rayon tracteur« ) expliquant pourquoi le titre a eu tendance à vite perdre du terrain après avoir atteint un plus haut de séance à 45 dollars.

Krach: la faute aux blogs…

Je caricature un peu l’intention de cette note de SG, mais l’idée est la suivante: les régulateurs devraient contrôler les blogs, notamment ce que SG appelle les « hedge fund blogs » (sans citer de nom), anonymes, mais qui pourraient abriter dans certains cas des traders pour compte propre de grandes banques d’investissement… Lire la suite

Des maths, du bon sens et un peu de chance: James Simons, Renaissance Technologies

James Simons a fondé et préside aujourd’hui l’un des hedge funds quantitatifs les plus réputés et les plus secrets au monde. Il est récemment intervenu devant les étudiants du MIT, où il est entré à l’âge de 17 ans pour étudier les mathématiques. Au cours de la séance de questions-réponses (vers la 45è minute), Simons donne son avis sur le trading à haute fréquence (48è minute) et son opinion sur la situation des Etats-Unis aujourd’hui. Lire la suite

Encore une panique informatisée

Au début, on a mis la panique boursière de jeudi sur le compte d’un « fat finger » (un « gros doigt » en jargon boursier) ou ordre erroné d’un intervenant. La lumière semble se faire doucement. Un article du Wall Street Journal met en évidence l’influence du traitement automatisé des ordres de Bourse.

Selon l’article, une technique particulière – dénommée « Intermarket Sweep Order » (ISO) – expliquerait pourquoi en quelques minutes, des sociétés comme Procter & Gamble ou Accenture ont vu leur cours de Bourse plonger de plusieurs dizaines de pourcent. Le quotidien évoque dans le détail le cas d’Accenture, dont le titre est passé en quelques minutes de 41 à 5,34 dollars… puis à 1,84 dollar.

Les universitaires Chakravarty, Jain, Upson et Wood ont étudié l’impact de cette technique sur le traitement des ordres de Bourse. L’ISO a été introduit courant 2007 (avec l’assentiment de la SEC) pour permettre aux investisseurs institutionnels de trouver une liquidité à des niveaux de prix multiples pour traiter de grandes quantités de titres. Sa justification ? Cette technique réduit les coûts de transaction.

Chakravarty, Jain, Upson et Wood ont estimé que sur le NYSE, 21% des ordres et 23,7% des volumes traités sont labellisés « ISO ». Sur le NASDAQ, la proportion atteindrait respectivement 62,7% et 63,5% des volumes. Ceci qui peut expliquer pourquoi le système s’est emballé.

Derrière le rôle des ISO se profile le débat sur la bonne organisation des marchés de titres, évoquée dans un autre papier de Chakravarty, Jain, Upson et Wood, mais aussi sur la multiplication de nouvelles techniques de trading (trading haute fréquence, ordres flash, algorithmes, négoce de paniers de titres…).

Le débat devrait donc aller plus loin comme le suggère Zero Hedge. Selon ce blog, les promoteurs du trading à haute fréquence avançaient l’argument de la liquidité pour justifier leur utilité. Le mini-krach de jeudi a démontré, au contraire, que leur présence n’aurait fait qu’accentuer l’assèchement de la liquidité sur les marchés.

Cet incident montre également que les autorités boursières (SEC en tête, mais l’AMF est également concernée) sont impuissantes face aux banques et autres intervenants qui promeuvent ces nouvelles techniques de trading. Mais ces autorités sont-elles suffisamment équipées en personnels compétents et correctement rémunérés pour mener à bien leur mission – la protection de l’épargnant ? L’incident de jeudi montre qu’on est toujours très loin du compte.