Chez STMicroelectronics, les nouveaux venus apprennent vite la langue de bois

Portrait de George Penalver, nouveau patron de la stratégie de STMicroelectronics (1 milliard de dollars de pertes en 2012 et un encéphalogramme boursier plus que plat depuis plus de 10 ans). Cet ancien de chez Sagem ou France Télécom partage avec enthousiasme sa passion pour la technologie, mais fait également étalage de sa grande maîtrise de la langue de bois. Florilège: Lire la suite

Peugeot : un échec familial

Depuis 10 ans, les difficultés récurrentes de l’entreprise PSA-Peugeot-Citroën ont coûté leur emploi à un nombre significatif de dirigeants et encore plus important de salariés (sans parler des effets indirects sur les sous-traitants). Pendant tout ce temps, on s’est rarement posé la question du rôle joué par la famille Peugeot dans la débâcle du deuxième constructeur automobile en Europe. Lire la suite

Microsoft attend sa mise à jour

Le yo-yo boursier de Microsoft dure depuis plus de 10 ans. En l’absence de changement de son modèle d’affaire, qui reste à trouver, Microsoft est condamné à gérer une forme de statu quo avec les autres acteurs de l’industrie informatique.

Depuis 2003, le titre Microsoft fluctue entre 20 et 30 dollars (hors périodes d’excès comme fin 2007 ou début 2009). Il a manqué une bonne partie du marché haussier de 2003-2007. Ce parcours erratique a traduit tantôt les angoisses des investisseurs sur le sort de l’éditeur de logiciels (poursuivi et condamné pour ses pratiques anticoncurrentielles et ses positions dominantes dans les systèmes d’exploitation et les navigateurs Internet), tantôt les espoirs fondés sur la sortie d’une nouvelle version de ses logiciels vedettes (Windows pour les systèmes d’exploitation ; Office pour les suites bureautiques) ou sur l’incursion du groupe dans de nouvelles activités (musique, jeux vidéo, téléphonie, moteurs de recherche). La plupart de ces espoirs ont été déçus.

A ce jour, aucune annonce (stratégique ou autre) ne permet d’anticiper un changement de modèle de Microsoft. Les autorités de la concurrence ont réussi à faire baisser les marges, mais n’ont pas encore permis l’émergence d’une alternative (Linux reste marginal). Cette compression des marges s’est traduite par une baisse des multiples de valorisation. En 1998-1999, Microsoft se traitait à plus de 40 fois le résultat par action. Aujourd’hui, le titre affiche un P/E de 12-13, alors que le taux de marge opérationnelle affiché par le groupe n’a perdu que 10 points, pour se situer aujourd’hui à 35%. Au cours actuel (24-25 dollars), le titre semble intéressant, surtout parce que le marché informatique est à la veille d’une importante vague de renouvellement des parcs logiciels dans les entreprises. Windows 7 semble en mesure de répondre aux attentes des clients, après les déboires de Windows Vista.

Aujourd’hui, le pré carré de Microsoft n’est que marginalement touché et le groupe parvient bon an mal an à dégager 17 milliards de dollars de free cash-flow. A défaut d’une opération de croissance majeure (Yahoo! a failli tomber dans son escarcelle), Microsoft rend une grosse partie de cet argent sous forme de rachats d’actions (10 milliards) et de dividendes (entre 4 et 5 milliards).

Mais Microsoft a perdu une grande dynamique de sa croissance passée et voit émerger ou ré-émerger des concurrents (Google, Apple) qui cherchent à lui tailler des croupières dans ses métiers les plus rentables. La firme de Redmond a réagi en lançant son propre moteur de recherche (Bing), mais n’a pas trouvé un nouveau modèle et dépend toujours majoritairement des ventes de PC dans le monde. Les autres produits utilisant ses solutions (jeux vidéo, téléphonie…) restent minoritaires en termes de contribution aux ventes et aux résultats du groupe.

A quand le rebond ? Difficile à dire. Internet est en train de transformer la façon d’utiliser et produire des contenus sans qu’un modèle ou qu’une entreprise ait trouvé la solution miracle. Microsoft, Google, Apple ont chacun une vache à lait à partir de laquelle ils espèrent attaquer les positions des voisins. Pour Microsoft, c’est le système d’exploitation et les solutions bureautiques. Pour Google, il s’agit de la recherche et de la publicité sur Internet. Pour Apple, il s’agit, pour l’heure, du mobile et des plateformes de contenus (AppStore, iTunes).

Aucun de ces modèles ne domine le reste de l’industrie. Mais chacun assure aux actionnaires des entreprises concernées de jolies marges et de confortables retours de cash. Pour l’heure, tous semblent condamnés à cohabiter.

A propos

Voici quelques papiers intéressants/présentations lus sur Microsoft.

Un entretien avec un ancien haut responsable de la firme de Redmond sur la fabrication du système d’exploitation Windows, réalisé par Mary-Jo Foley.

Une présentation de Michael Cusumano, professeur au MIT, intitulée: « Comment Microsoft fabrique ses logiciels« . Cusumano a co-écrit un livre intitulé « Microsoft Secrets« .

Enfin, une comparaison sur la méthode Microsoft et l’open source.