Eurozone: Chypre et l’Italie nous rappellent que la crise est loin d’être terminée – HSBC

HSBC a publié hier son étude trimestrielle sur la zone euro, sous la houlette de Janet Henry. La thèse de l’étude est d’expliquer que les problèmes de fond au plan macro-économique de la zone euro sont toujours bien présentés, comme l’ont rappelé les événements de Chypre et les élections italiennes (qui n’a toujours pas de gouvernement). Lire la suite

Le cycle infernal de la crise de la dette en zone euro

Source: Morgan Stanley

Source: Morgan Stanley

Les économistes et stratégistes de Morgan Stanley ont publié un document intéressant résumant leurs vues sur les perspectives pour les différentes classes d’actifs et l’économie européenne après les élections italiennes de la semaine dernière. La situation d’incertitude politique en Italie n’est pas un phénomène nouveau et s’inscrit dans le cycle décrit graphiquement ci-dessus (baptisé « CRIC »). La meilleure stratégie à adopter dans ce contexte porte sur la recherche d’asymmétries dans le marché.

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Les flux de fonds profitent toujours aux actions

Source: HSBC

Source: HSBC

Depuis fin novembre, les investisseurs continuent d’orienter leur épargne vers les actions. Un mouvement jamais vu depuis 2001 selon HSBC. Le graphique de droite montre que l’appétit pour le risque (notion traduite par « appétit pour les titres à fort béta ») n’est pas à des niveaux exagérés sur une base historique (il faut peut-être moduler ici cette appréciation à l’état de l’économie et aux incertitudes d’ordre politique). Lire la suite

Elections italiennes: des résultats compliqués

Les économistes de Bank of America Merrill Lynch usent de la litote pour évoquer les résultats des élections italiennes: « compliquée », à moins qu’en parlant de « messy results », ils veulent nous dire ô combien la situation est en fait, « bordélique »… Lire la suite

Plongeon des Bourses européennes: c’est la faute aux électeurs!

Certains observateurs n’y vont pas par quatre chemins (ou n’ont pas peur du ridicule) en mettant en cause les électeurs dans la correction observée sur les marchés financiers depuis quelques heures. Illustration avec le stratégiste devise de Citi, Steven Englander (passages en gras surlignés par moi – h/t Zerohedge): Lire la suite

Les banques affectées par les incertitudes en Italie

« Risk off! ». L’absence de majorité claire au Sénat plonge l’Italie dans l’impasse et pèse sur les Bourses européennes, notamment sur le secteur bancaire. A l’ouverture de la Bourse de Paris, les principales banques cotées cèdent pas mal de terrain: -6% pour Crédit Agricole et Société Générale; -4% pour BNP Paribas et Natixis. Lire la suite

Europe: quand la croissance économique reviendra-t-elle ?

En voilà une question qu’elle est bonne. Les « prévisions d’hiver » (sic) de la Commission européenne, parues aujourd’hui, anticipent une contraction de 0,3% du PIB de la zone euro cette année, avant un rebond vers 1,4% l’an prochain. Avec une croissance aussi faible, difficile d’imaginer comment l’emploi va se redresser, comment les administrations publiques vont réduire leurs déficits et comment les entreprises vont retrouver une situation financière plus saine… Lire la suite

Rebond des actions périphériques: ce n’est que le début

Au-delà de la poursuite du rebond tant attendu des actions en 2013, nombreux ont été les gérants à pointer l’intérêt d’une réallocation, au sein de la poche actions, des titres de la « périphérie » de la zone euro. Si l’histoire est un guide, il y a de bonnes chances que l’expérience asiatique de la fin des années 1990 puisse confirmer ce sentiment… Lire la suite

Quelques idées d’investissement pour démarrer l’année – Barclays

Pour les stratégistes de Barclays, 3 thèmes d’investissement offriront de belles perspectives de rendement en 2013: les marchés actions italien et espagnol, les actions offrant des rendements en croissance et les titres value. Lire la suite

Les dossiers macro qui seront les plus suivis par les investisseurs en 2013

L’année 2012 a bénéficié d’un recul des primes de risque et de la volatilité. Pourtant, les sujets macro-économiques sont toujours bien présents dans l’esprit des investisseurs – il suffit de voir la réaction des marchés lundi à l’annonce d’un accord de dernière minute sur le « fiscal cliff ». Le mot clé qui revient est celui des réformes. Lire la suite

STMicroelectronics: le syndrome Alcatel-Lucent

En annonçant un « nouveau ST », Carlo Bozotti fait le constat de son échec à la tête de STMicroelectronics. Il place le fabricant de semi-conducteurs sur la même trajectoire qu’Alcatel-Lucent (restructurations, cessions d’activités, baisse tendancielle des marges et destruction de valeur). Lui-même et les membres du conseil d’administration devraient prendre leurs responsabilités en démissionnant de leurs mandats. Les Etats français et italiens devraient également se regarder dans le miroir et s’interroger sur le fait d’être restés les bras croisés quand il fallait tout faire pour développer une industrie des semi-conducteurs compétitivite en Europe. Lire la suite

Pourquoi la France n’est-elle pas sanctionnée par les marchés?

Depuis l’élection de François Hollande, le gouvernement français et plusieurs médias se gargarisent de la capacité du pays à emprunter à taux très bas sur les marchés financiers, malgré une situation économique déplorable. Cette « anomalie » n’en est pas une. Lire la suite

15 minutes pour faire la différence entre l’Italie et l’Espagne

Les analystes d’Amundi ont publié une étude comparative de la situation économique et de l’Espagne. Ils montrent comment ce pays pourra difficilement éviter de faire appel à l’aide de l’Europe (solution qui auraient un impact temporaire favorable sur la valeur de ses obligations souveraines). A l’inverse, l’Italie présente une situation intéressante pour les porteurs d’obligations sur le long terme. Lire la suite

BCE 2.0: moins allemande, plus italienne – UBS

L’approche de la BCE en matière de politique monétaire s’éloigne du modèle allemand (dit de la Bundesbank) pour se rapprocher du modèle italien, ce qui s’est traduit par un rôle plus « proactif » pour aider à sortir de la crise. Pour les économistes d’UBS, ce changement aurait commencé dès 2010 avec la mise en oeuvre du programme de rachat d’obligations souveraines sur le marché secondaire (Securities Markets Program). Lire la suite

Rééquilibrage en cours dans la zone euro ?

Baisse du coût unitaire du travail dans la périphérie de la zone euro, inflation au centre (Allemagne). Les forces en mouvement provoquées par la crise financière et les politiques économiques mises en oeuvre (débat austérité/croissance) pourraient provoquer un rééquilibre des balances courantes de différents pays de la zone euro. Une bonne nouvelle, si l’on en croit Julian Callow, chez Barclays. Lire la suite

Spirale infernale

Est-on arrivé à la limite des mécanisme d’aide aux banques mis en place par les différents gouvernements de la zone euro? C’est une des remarques intéressantes soulevées par les économistes de la banque privée Lombard Odier Darier Hentsch dans une brève note diffusée ce matin. Avec cette conclusion: la BCE va devoir agir massivement car elle est la seule à disposer des ressources suffisantes pour sortir la zone euro des difficultés actuelles (ce que l’on sait depuis belle lurette).  Lire la suite

Un économiste français prend la défense d’Angela Merkel

Bruno Cavalier, économiste chez Oddo Securities, a publié ce matin une note « en défense de Mme Merkel » visant à « remettre les pendules à l’heure ». A l’attention de ceux qui auraient tendance à blâmer l’Allemagne pour la situation actuelle de la zone euro… A lire. Lire la suite

Revue des marchés

Performance hebdomadaire au 13 janvier 2012

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Dégradation de la note de la France etc…: S&P s’explique

C’est la réponse du berger à la bergère. Critiquée depuis le début de la crise financière par les politiques pour jeter de l’huile sur le feu, Standard & Poor’s fait aujourd’hui une réponse claire: s’il y a dégradation des notes de crédit, c’est parce que les politiques ont tardé à prendre la mesure des difficultés de la zone euro et à agir de manière efficace et coordonnée.

L’agence a annoncé hier soir par voie de communiqué de presse avoir dégradé la note de crédit souveraine de la France à AA+ (une décision largement anticipée par le marché). Les analyste de l’agence de notation ont organisé ce samedi une conférence téléphonique pour expliquer leur décision ainsi que les décisions concernant plusieurs autres pays dont l’Espagne et l’Italie (dégradés de 2 crans). Lire la suite

Affaires à suivre…

L’Europe est-elle arrivée à un tournant (un de plus)? Les discussions sur une plus grande coordination fiscale, la création des Euro-obligations (« Eurobonds »), une intervention plus active de la BCE et du FMI (en faveur de l’Italie) sont actuellement sur la table des dirigeants européens, avant la réunion de l’Eurogroup (29 novembre) puis un sommet européen le 9 décembre. La responsable de la recherche économique de SG, Michala Marcussen, dresse une liste des questions qui préoccupent le plus les investisseurs. Lire la suite

Crise de la dette: l’Italie fait les gros titres, mais la France va bientôt suivre

Illustration des spreads entre le 10 ans italien et français et le Bund allemand (source: Bank of America Merrill Lynch)…

Bien sûr, l’ampleur des écarts de taux (spreads) n’est pas la même, mais le problème, c’est la tendance. Lire la suite

Revue des marchés

Weekly performance (4 Nov 2011)

Marche arrière toute: moins d’une semaine après un accord sur le sauvetage de la Grèce (qui avait laissé de nombreux observateurs indécis), les marchés financiers ont retrouvé leur lot de stress provoqué par la situation toujours incertaine de la zone euro. Cette-fois, l’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro a été clairement évoquée après la décision surprise, lundi soir, du premier ministre grec d’appeler à un référendum en janvier 2012 sur une question alors inconnue. La tragédie grecque, après avoir occupé une partie d’un G20 qui devait traiter des questions de croissance économique mondiale et de l’évolution du système financier international, a tourné court. Mais c’est l’Italie, deuxième économie la plus endettée de la zone, qui a pris le relais, acceptant finalement de passer sous les fourches caudines des « experts » du FMI. Au final, le G20 de Cannes, dont on attendait beaucoup, n’a servi à rien. La porte ouverte à une nouvelle phase de volatilité sur les marchés a sans aucun doute été ouverte.

Cette situation s’est traduite mécaniquement par une chute des Bourses mondiales (les marchés émergents ayant toutefois mieux) et des rendements obligataires, une pression sur les matières premières et une légère remontée de l’or. L’euro a cédé 2.5% face au dollar.

Au sein des actions américaines, en dehors de l’envolée de Groupon pour son premier jour de cotation vendredi (+37%), l’indice S&P 500 a terminé la semaine sur un repli de 2.5%, entraîné par les valeurs financières – Jefferies a plongé de 18% sur des craintes de difficultés financières après la faillite du courtier MF Global. Les grandes banques américaines comme Bank of America, JPMorgan ont perdu respectivement 12% et 7%. Le secteur de la consommation a été pénalisé par le plongeon de 24% d’Abercrombie & Fitch, dont les ventes européennes sont mal orientées. La réunion de la Fed (2 novembre) a ouvert la porte à de nouvelles interventions pour soutenir l’économie, où les créations d’emplois sont toujours peu dynamiques.

En Europe, les valeurs bancaires ont été lourdement affectées: Lloyds Banking Group -19%, Société Générale -23% BNP Paribas -15%, pesant sur l’indice Stoxx 600 (-3.7%). L’annonce « surprise » d’une baisse de 25 points de base du taux directeur de la BCE, jeudi 3, a provoqué un bref sursaut des marchés, sans suites. Il faut dire qu’une des motivations de la banque centrale européenne et de son nouveau patron, Mario Draghi, est l’anticipation d’une récession « modérée » d’ici la fin de l’année. Certains gérants estiment même que la récession sera au programme de 2012 en Europe.

En Asie, l’indice MSCI Asia Pacific a lui aussi cédé 3.6%, entraîné par les valeurs minières – BHP Billiton a cédé près de 2%, tandis que certaines valeurs bancaires australiennes ont cédé du terrain après l’annonce d’une baisse des taux et d’une révision en baisse des perspectives de croissance du pays.

A noter le mouvement à contresens des actions émergentes (MSCI Emerging Markets +1.6%). Ces marchés ont attiré d’importants flux de capitaux récemment (3.5 milliards de dollars selon Citi), ce qui s’explique notamment par la sous-évaluation des Bourses émergentes par rapport aux Bourses développées et par une situation économique moins dramatique qu’en Europe et aux Etats-Unis (même si les difficultés de ces derniers pèsent sur la croissance des économies émergentes).

 

G20: réaction au communiqué

« Des promesses: faciles à faire, difficile à tenir ». La seule décision de ce G20 est l’acceptation d’une « surveillance » par le FMI de la mise en place d’un plan de rigueur en Italie (on leur souhaite bien du courage). Ci-après le commentaire de Karen Ward, économiste chez HSBC.

 

« An all too familiar G20 meeting has just concluded with many promises made, many of which have been made, and broken, in the past. The one concrete action point to arise is that Italy will accept IMF surveillance of its fiscal and structural reforms although this has done little to calm the Italian sovereign market where the 2-year yield is up around 50bps on the day. Lire la suite

G20: pas d’accord au final

La Grèce et l’Italie ont dominé ce G20, qui devait poser les bases d’une coordination plus large des pays développés et émergents pour relancer la croissance économique mondiale et lutter contre le chômage et les dettes. C’est un échec si l’on en croit le Wall Street Journal (on peut également relire son live-blogging sur place). Même constat de l’agence Bloomberg ou d’Associated Press.
G20 heads of government - Caricatures (September 2011)

Ce que les investisseurs achètent lorsqu’ils sont moins averses au risque

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on vit une période de grande fébrilité des investisseurs, qui se traduit par une alternance de phase de forte hausse puis de forte baisse de l’aversion au risque – que les anglosaxons qualifient de « RORO » (« Risk On Risk Off »). Avec la dernière phase de hausse des marchés, les investisseurs ont privilégié 3 classes d’actifs : le haut rendement (« high yield »), les actions émergents et la dette émergente. La part de cash dans les portefeuilles des gérants reste élevée. La prudence règne donc malgré tout, comme l’a montré la dernière enquête de Bank of America Merrill Lynch auprès des investisseurs.

Concernant le sommet européen, les stratégistes de Merrill Lynch résument bien les attentes du marché, ce qui sera bien perçu et ce qui pourrait provoquer une rechute des indices boursiers:

« Bull & Bear European Headlines
Bullish headlines would be: >1 trillion Euros for EFSF; >100 billion Euros for bank recapitalization; >50% haircut for private holders of Greek debt; buy-in from Sovereign Wealth Funds. Bearish headlines: <1 trillion Euros for the EFSF; <100 billion Euros for bank recapitalization; <50% haircut for private holders of Greek debt; no global buy-in from SWFs. Lower Italian bond yields (-100bps on 5y) & higher European bank credit prices (EB00 Index > 220) needed to cause sustained “risk-on”.
US Driver = Macro
“If next GDP revision is up, go long stocks, if next GDP revision is down, go short stocks”; US GDP revisions and US bond yields have been correlated this year and both edging higher. »

L’exposition aux PIIGS

La crise de la dette publique dans les pays de la périphérie de la zone euro a remis au goût du jour la notion de « risque pays ». Ce risque pays est aujourd’hui au coeur de la volatilité des marchés financiers, en particulier en Europe, en grande partie par le canal de l’exposition des banques de chaque pays aux obligations souveraines de la périphérie (les si tristement appelés « PIIGS » pour Portugal, Italy, Ireland, Greece et Spain). Le dernier rapport de la Banque des Règlements Internationaux permet de faire un pointage de la situation du secteur bancaire au regard du risque pays lié aux « PIIGS ». Lire la suite

Ce qui effraie le marché…

Un commentaire sur le secteur bancaire de Natixis Securities en dit long sur l’état de nervosité des investisseurs, autour de la dette grecque et des effets de « contagion » aux autres pays de la zone euro (les fameux « PIGS »). Après la dégradation de l’Etat grec par S&P au rang de « junk » (une première), et l’abaissement de la note du Portugal, le risque est désormais que les 2 autres agences de notation (Fitch et Moody’s) abaissent à leur tour la note de la Grèce, ce qui entraînerait une crise de liquidité des banques grecques et un risque de faillite. De quoi expliquer le plongeon des banques françaises, qui sont les plus exposés à la dette grecque et au secteur bancaire du pays.

David Gilmore, associé de Foreign Exchange Analytics, cité par le Wall Street Journal fait un parallèle entre la note de la Grèce et celle des titres subprime, qui malgré une mauvaise qualité de crédit, pouvaient être notés triple-A par les agences de notation. Un « leurre » qui ne dure qu’un instant.

« Des tonnes de dettes émises par la Grèce, l’Espagne, le Portugal (pas très différents des titres adossés à de l’immobilier subprime noté triple-A) et l’Italie supportent le système bancaire de la zone euro comme contreparties des prêts de la banque centrale européenne et d’autres banques, ainsi qu’un moyen de capturer du rendement. Lorsque les marchés s’aperçoivent que la dette souveraine ‘sans risque’ n’est pas vraiment ‘sans risque’, les investisseurs fuient les titres de mauvaise qualité. »

Le rôle des agences de notation risque à nouveau d’être posé. Valérie Plagnol, chez CM-CIC Securities, s’interroge ce matin sur la méthode de travail des agences, dont les décisions a posteriori « contribuent à l’aggravation de la situation financières des pays concernés ».

« Le constat ex-post dressé par les agences de notation renforce le caractère auto-réalisateur des marchés dans une telle situation: abaissement de la note, forte progression du coût de refinancement – ou impossibilité d’accéder au marché – rendant le poids de la dette insupportable. »

Le rôle des banques comme vecteur de transmission de la crise est également posé. Selon Credit Suisse, qui a tenté une estimation à partir des données de la Banque des Règlements Internationaux, les banques françaises sont les plus exposées à la Grèce (56 milliards d’euros).

Les marchés paniquent à l’idée d’une contagion de défaillances étatiques au sein de la zone euro, ce qui assèche l’accès de ces pays aux marchés financiers… Et les agences, toujours pas capables d’anticiper, en rajoutent une couche, créant les conditions de nouvelles frayeurs à venir.

« La Grèce, elle, peut être sauvée »

La dernière publication de Dylan Grice (« Popular Delusion »), de la Société Générale, porte sur la Grèce. En résumé, elle explique:

« La Grèce a masqué l’état réel de ses finances publiques. Elle devrait connaître un déficit public à deux chiffres en pourentage du PIB cette année. Elle va devoir faire massivement appel au marché.  D’une certaine manière, il était inévitable qu’elle soit confrontée à une crise majeure, n’est-ce pas ? Mais quelle est la différence entre la Grèce et le reste de l’OCDE ? Une seule différence. La Grèce, elle, peut être sauvée… »

Pour comprendre pourquoi le Royaume-Uni avait dû faire appel au FMI en 1976, alors que son taux d’endettement était de 45%, et pourquoi le Japon, avec un taux d’endettement de 200%, n’y a pas (encore) recours, Dylan Grice avance une seule explication: la confiance des investisseurs. Lorsque celle-ci est perdue, le coût de la dette que doit payer un pays s’envole. Il doit alors tout faire que le niveau des taux d’intérêt qu’il paie soit inférieur au rythme de croissance nominale de l’économie, d’où des mesures drastiques pour réduire le stock de dette.

La Grèce, comme de nombreux autres pays, a profité pendant de longues années d’une période où les taux d’intérêt étaient bas, donc, où vivre à crédit était facile. Cette période est terminée pour la Grèce. Mais c’est également vrai pour la plupart des pays de l’OCDE.

L’avantage de la Grèce est que c’est une économie suffisamment petite pour être aidée. « Si l’on ajoute le Portugal, l’Irelande, l’Italie, l’Espagne, le risque pourait bien devenir systémique », explique le stratégiste de SG. Tous les pays sont confrontés au problème de la soutenabilité de leur dette publique. Pour Grice, le pays le plus à risque de ce point de vue est bien le Japon. Mais les Etats-Unis sont également concernés…

Le DAX pour se protéger d’une baisse de l’euro

Face aux risques de contagion sur les marchés liés aux problématiques de dette souveraine (après la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie…), les stratégistes de la Société Générale recommandent de se protéger d’une baisse de l’euro contre le dollar en investissant sur le DAX, indice phare de la Bourse allemande. Pourquoi le DAX ? Parce que l’Allemagne est une économie solide, peu endettée et bien exposée à la reprise économique mondiale; parce que certains groupes allemands ont une forte exposition au marché américain et ont un profil plus cyclique, donc plus sensible à la reprise.

« Comme l’Allemagne représente 32,7% des exportations européennes vers les Etats-Unis et un tiers des entreprises composant le DAX réalisent plus de 15% de leurs ventes outre-Atlantique, les actions allemandes semblent offrir la meilleure visibilité dans une situation d’incertitude liée à l’évolution de la dette publique dans la zone euro. »

Parmi les valeurs favorites de la banque figurent des titres comme Fresenius Medical Care, SAP, Daimler ou BASF. Le tableau liste les valeurs ayant réalisé plus de 15% de leurs ventes aux US en 2008 (source: SG, Factset).

L’étude de SG conseille par ailleurs de rester neutre sur le secteur bancaire, qui reste en première ligne du risque souverain. Ce dernier pousse à la hausse les spreads de crédit et et pèse sur la performance du secteur.

Record d’emprunt pour les gouvernements européens

S&P vient de publier une étude estimant que le montant des emprunts à moyen et long terme des gouvernements européens atteindra 1.446 milliards d’euros en 2010, battant le précédent record de 2009 (1.394 milliards d’euros).

« Les recettes fiscales sont toujours déprimées, alors que les dépenses publiques restent élevées, à cause d’un taux de chômage élevé et la poursuite des efforts de relance », explique S&P.

S&P estime que la « vulnérabilité financière » sur le plan de la dette, en particulier de la zone euro, s’est accrue. L’arrêt des mesures de « quantitative easing » (expliquées ici) risque en outre de faire exploser le coût de la dette pour des pays déjà fragiles, comme la Grèce, le Portugal, l’Italie et le Royaume-Uni. De quoi relancer la spéculation…

La dette souveraine de l’Europe atteindrait 8.100 milliards d’euros fin 2010, contre 7.400 milliards en 2009. Depuis 2003, elle a bondi de 54%. Le PIB de l’Europe était d’environ 14.000 milliards d’euros en 2009 (avec un taux de change moyen de 1,37).

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