Rexel: 2013 à peine commencé, Provoost déjà augmenté

Rexel est particulièrement généreux avec ses dirigeants. Ainsi, l’année 2013 a-t-elle à peine commencé que son conseil de surveillance a décidé d’augmenter de 6% le salaire fixe du président du directoire, Rudy Provoost (de 800k€ à 850k€), auquel s’ajoute quelques menus services (un budget logement de 60k€/an, la prise en charge des honoraires d’un conseiller fiscal et pour la retraite, la mutuelle…). Lire la suite

Les actifs risqués toujours prisés… en attendant la fin de QE2 ?

Si l’on fait abstraction du mini flash krach de la semaine dernière, qui a vu un plongeon de 11% de l’indice S&P GSCI qui regroupe 24 matières premières, la tendance haussière des actifs risqués ne semble pas démentie, alimentée par la confirmation d’une reprise économique mondiale (attendue à 4,2% cette année) et par l’afflux de liquidités (merci la Fed). Lire la suite

Le Private Equity reprend vie

NBTY, un fabricant américain de compléments nutritionnels, coté à Wall Street, a annoncé hier un projet de rachat et de retrait de la cote par le fonds d’investissement Carlyle Group d’un montant de 3,9 milliards de dollars (55 dollars par action). C’est l’une des plus grosses transactions depuis l’éclatement de la crise financière, qui avait soudainement gelé l’accès des fonds de private equity au crédit bancaire.

Cette opération montre aussi un regain d’activité significatif depuis l’an dernier, nous dit aujourd’hui Thomson Reuters. Ce fournisseur de données financières dénombre à ce jour 485 transactions de fonds de private equity sur des cibles américaines pour un montant de 46,8 milliards de dollars, soit trois fois plus que l’an dernier au cours de la même période.

Carlyle est en tête des fonds les plus actifs avec 6,9 milliards de dollars de transactions, devant Texas Pacific Group (6 milliards de dollars). Le secteur de la santé-pharmacie est très prisé des fonds de private equity avec 7,8 milliards de transactions, soit 17% du total des opérations réalisées à ce jour, selon Thomson Reuters.

On apprend par ailleurs que TPG et l’activité Private Equity de Goldman Sachs ont racheté pour 1,2 milliards d’euros le producteur de couches Ontex, détenu jusqu’ici par leur concurrent Candover. C’est la plus grosse transaction de l’industrie en Europe, devant l’acquisition de Pets at Home par KKR.

Ontex a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros (stable) et a dégagé un excédent brut d’exploitation (EBITDA) de 150,3 millions d’euros (contre 94,8 millions en 2008). Les détails de la transaction ne sont pas connus, mais sur la base du prix annoncé, Ontex est valorisé 8 fois l’excédent brut d’exploitation. En Bourse, les sociétés du secteur de l’alimentation et des produits d’hygiène se traitent actuellement 9,2 fois l’EBITDA 2009 et 1,58 fois le chiffre d’affaires (source : Exane BNP Paribas).

Sperian: offre inamicale

Le projet d’offre publique d’achat à 70 euros par action faite par le fonds d’investissement Cinven aux actionnaires de Sperian Protection n’est pas « amical » pour tout le monde. Pour les actionnaires historiques (la famille Dalloz, Essilor), il permet de reclasser à bon compte leur participation (15% et 13,2% du capital respectivement) dans une société holding et d’attendre patiemment que les résultats se redressent, hors de la Bourse (si retrait de la cote il y a).

Pour Cinven, c’est l’occasion de s’offrir à moins d’une fois la valeur des fonds propres le leader mondial des équipements de protection individuelle, en déboursant au maximum 540 millions d’euros, et de tirer parti du redressement des résultats, qui ne manquera pas d’intervenir dès 2010, comme promis par le groupe.

Pour les minoritaires, l’offre est bien moins amicale. La « prime » de valorisation – telle qu’affichée dans la présentation du projet de rachat – doit être relativisée car elle se fonde sur les résultats passés du groupe, qui ont été déprimés par la crise. Elle est donc artificiellement inflatée. Une approche plus juste à l’égard des minoritaires eut consisté à prendre en considération le potentiel de redressement des résultats. Il suffisait pour cela de regarder le consensus (tableau) et de voir que sur la seule base des fonds propres, Cinven aurait pu facilement monter son offre vers 80 euros.

Cinven vient donc jouer les trouble-fête, mais qui, en dehors des minoritaires, l’en blâmerait? Le loyer de l’argent est extrêmement bas. Même si dans un premier temps, l’opération est financée uniquement avec du capital (ce qui relève le niveau de rentabilité attendu), rien n’empêchera la holding de contrôle de s’endetter pour retrouver l’effet de levier de la dette et démultiplier le retour sur investissement. Enfin le contexte de reprise économique, lente en Europe, mais plus rapide aux Etats-Unis ou dans les pays émergents, offre à terme un puissant levier de redressement des résultats de Sperian.

Cette offre de rachat rappelle étrangement l’année 2004. Plusieurs sociétés de taille moyenne – citons GrandVision par exemple – avaient fait l’objet d’offres de rachat à bon compte par des fonds d’investissement. A chaque fois, ces investisseurs mettaient la main sur des actifs de qualité, tirant parti de la lassitude de dirigeants face à une Bourse pas toujours à même de les écouter, et avaient la possibilité de réaliser de jolies culbutes financières. L’histoire semble se répéter.