Tim Geithner on the Daily Show – ext’d interview

 

 

 

 

Sortie de crise: tout reste à faire selon la Banque des Règlements Internationaux

Source: Banque des Règlements Internationaux, rapport annuel 2012

La BRI a publié hier son rapport annuel 2012. Le thème central en est la sortie du « cercle vicieux » dans lequel le processus de désendettement pèse sur la reprise économique (processus qualifié par Richard Koo de « balance sheet recession » ou « récession par le bilan »). Et cette sortie sera longue. Les politiques de relance menées actuellement risquent en effet de n’avoir que des effets limités (un message pour François Hollande et l’actuel gouvernement), entraînant un regain de volatilité sur les marchés financiers. Tout reste à faire. Lire la suite

La réforme de Wall Street avance

Après 6 mois de négociations, le Sénat américain a voté jeudi (59 pour-39 contre) le projet de loi instituant un contrôle plus étendu de Wall Street, la gestion du risque systémique par la Réserve fédérale (avec la possibilité de fermer des banques devenues toxiques) et la mise en place d’une commission en charge de protéger le consommateur américain, rapporte le Wall Street Journal.

Sénat et Chambre des Représentants doivent maintenant se mettre d’accord sur un texte commun. Le Journal souligne qu’un douzaine de points de divergence vont maintenant faire l’objet de discussions entre les deux chambres, qui espèrent trouver un accord d’ici la fin du mois de juin.

Les points de divergence portent notamment sur l’obligation faite aux banques de se séparer de leurs activités pour compte propre et de leurs activités de produits dérivés. Ces derniers devront faire l’objet d’une plus grande transparence en étant traités sur des places de marché organisées.

Un autre point de divergence porte sur la création d’un fonds de 150 milliards de dollars, financé par une taxe sur les banques, pour encadrer la mise en liquidation d’une banque devenue dangereuse pour le système financier.

De son côté, le New York Times souligne le risque que cette loi, trop focalisée sur les causes de la crise financière de 2008, laisse le système financier vulnérable à de nouvelles catastrophes. Sur le sujet, on pourra également lire un papier du Washington Post qui relate le déroulement du vote et revient sur les grands lignes de discorde entre les deux chambres.

Le vote du texte a fait l’objet d’un intense lobbying des banques, mais également de la Maison Blanche. Baseline Scenario rapporte que la Présidence américaine, forte de 1,75 million de « followers » sur Twitter, a appelé à mobiliser les sénateurs républicains pour supporter le texte promu par les Démocrates.

« It’s time for Wall St. reform that gives greater security to folks on Main Street. Call your Republican Senators today: http://j.mp/cwhtg7« 

Au final, 4 Républicains ont rejoint le camp démocrate, ainsi que deux sénateurs indépendants. Dans le même temps, 2 Démocrates ont voté contre le texte.

La contre-attaque des empires (JPMorgan, Goldman Sachs)

Goldman Sachs, la banque d’affaires américaine accusée d’avoir fait pression en septembre 2008 sur le gouvernement américain pour sauver AIG (qui lui devait des milliards de dollars) et d’avoir fait des paris contre ses clients avant et pendant la crise financière, devrait dévoiler sa défense le 7 avril, lors de la publication de sa lettre aux actionnaires dans son rapport annuel 2009, selon Business Week:

« La défense de Goldman manque de détails importants, en raison, selon la banque, du devoir de confidentialité à l’égard de ses clients. Mais le message d’ensemble est catégorique: Goldman n’a rien fait qui justifie une excuse – et la banque n’a spolié personne. (…) Les dirigeants de Golman ont été intelligents, sans plus. La banque insiste par dessus tout qu’elle a joué avec les mêmes règles que tout le monde. »

Goldman Sachs n’est pas la seule banque à contre-attaquer. Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase, l’un des acteurs sortis renforcés de la crise, est également engagé dans une campagne de communication visant à retourner l’opinion américaine, comme le racontent les blogs Zerohedge ou Goldmansachs666.com.

Sa lettre aux actionnaires explique notamment comment le fait d’avoir grossi (JPM est né de la fusion de JPMorgan, Chase et Bank One) a été une protection pour ces derniers.

Dimon fait un long laïus pour justifier le niveau des rémunérations dans sa banque (120.000 dollars par employé en moyenne en 2009, dont 50% en variable). Il explique aussi comme sa firme s’est protégée de la montée des risques en faisant régulièrement des tests de résistance (« stress test ») avant les difficultés  – au passage le dirigeant critique l’utilité de la « VAR », l’un des principaux outils utilisés dans la finance pour mesurer le niveau de risque d’une activité donnée.

La partie intéressante de sa lettre porte sur la suggestion d’un régulateur capable de contrôler le niveau de « risque systémique » dans le système financier. Dimon le définit comme un « super-régulateur du risque » (« super risk regulator »). Il avance également l’idée d’un fond de sauvegarde de l’industrie financière, financé par les banques elles-mêmes, capable de prendre le contrôle d’une banque si celle-ci n’est en mesure de se financer.

Sur ces derniers points, on se rend compte combien l’exercice est difficile. Mesurer le risque systémique dans une finance globalisée, avec des niveaux de transparence différents selon les intervenants (hedge funds, banques, fonds d’investissement, paradis fiscaux…), nécessite une coopération globale des régulateurs et des Etats. Celle-ci n’est pas en place.

Ensuite, combien de banques en difficulté accepteraient-elles de passer sous la coupe d’un super-régulateur des risques ? La faillite de Lehman Brothers (dans laquelle JPMorgan a eu sa part de responsabilité) montre qu’une fois que des erreurs stratégiques graves ont été commises, les dirigeants peuvent, dans certains cas, refuser de corriger le tir et s’entêter dans la mauvaise direction. A partir de quand le super-régulateur aurait-il la capacité d’intervenir ?

Le message de Dimon consiste au final à dire: NOUS, nous avons fait notre boulot, et en prime, nous avons aidé le gouvernement. Il serait stupide de vouloir réguler tout le monde de la même manière (référence indirecte à la théorie du passager clandestin). Donc régulez mieux s’il vous plaît, mais laissez nous continuer de faire notre boulot, et d’être bien payé pour cela.

Il serait étonnant que Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, chante un air bien différent de celui de Jamie Dimon.

Quand Jon Stewart évoque la réforme de la régulation financière

Quand Jon Stewart s’intéresse aux débats sur la réforme de la régulation financière américaine, et à la « créativité comptable », cela donne ceci… (à prendre avec humour bien sûr):

The Daily Show With Jon Stewart Mon – Thurs 11p / 10c
In Dodd We Trust
www.thedailyshow.com
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